Sommet Russie–Afrique : 146 textes et un nouveau plan d’action

Le troisième sommet Russie–Afrique s’est achevé le 29 octobre à Moscou avec l’adoption d’un plan d’action pour 2027-2029. Les documents publics montrent des avancées concrètes depuis 2019, mais aussi un objectif commercial resté hors d’atteinte.

Le troisième sommet Russie–Afrique s’est tenu les 28 et 29 octobre à Moscou, avec la participation de délégations représentant 48 pays africains. La rencontre a débouché sur 146 documents signés pendant le sommet et les activités organisées autour de celui-ci. Le bilan publié par les organisateurs comprend 92 accords et 54 mémorandums d’entente.
Trois textes politiques encadrent la suite du partenariat. Il s’agit de la déclaration finale du sommet, d’une déclaration consacrée à la coopération dans le domaine de l’intelligence artificielle et du plan d’action du Forum de partenariat Russie–Afrique pour la période 2027-2029.
La Commission de l’Union africaine et la Russie ont également arrêté un programme commun couvrant dix-neuf domaines. Ce document organise les priorités de coopération, sans constituer à lui seul un engagement financier ou juridique applicable à tous les projets cités.
Trois sommets, trois étapes
Le premier sommet, organisé à Sotchi en octobre 2019, avait créé le Forum de partenariat Russie–Afrique et posé le principe d’une rencontre au plus haut niveau tous les trois ans. Les organisateurs avaient annoncé 92 accords, contrats et mémorandums représentant 1 004 milliards de roubles. Les montants confidentiels étaient exclus de cette estimation.
Le deuxième sommet s’est déroulé à Saint-Pétersbourg les 27 et 28 juillet 2023. Quarante-huit pays africains y avaient participé. La rencontre avait produit cinq documents politiques majeurs, dont un plan d’action pour 2023-2026. Le forum économique et humanitaire organisé en parallèle avait recensé 161 accords. Leur valeur totale n’avait pas été publiée.
Le rendez-vous de Moscou prolonge cette architecture. Sa particularité tient à la place accordée aux mécanismes de mise en œuvre pour 2027-2029, à l’entrée de l’intelligence artificielle dans les textes politiques et aux accords conclus avec des institutions africaines régionales.
Le nombre de documents signés fournit une indication sur l’activité diplomatique et économique. Il représente toutefois des engagements de nature très différente. Un contrat commercial, un accord gouvernemental et un mémorandum exploratoire figurent dans le même bilan alors que leurs effets financiers et leurs calendriers varient.
L’objectif commercial de 2019 reste à atteindre
Lors du sommet de Sotchi, la Russie avait annoncé l’objectif de doubler ses échanges avec l’Afrique pour dépasser 40 milliards de dollars dans un délai de quatre à cinq ans. Les données rendues publiques situent le commerce russo-africain à plus de 27 milliards de dollars en 2025, contre environ 18 milliards en 2022.
La progression enregistrée depuis 2022 n’a pas permis d’atteindre le montant annoncé pour 2023 ou 2024. À Moscou, une nouvelle cible supérieure à 50 milliards de dollars a été avancée.
La réalisation de cet objectif suppose une augmentation importante des échanges. Les chiffres disponibles montrent également que les exportations russes représentent une part dominante du commerce avec le continent, ce qui pose la question de l’accès des productions africaines au marché russe.
Des engagements exécutés, d’autres encore en préparation
Parmi les promesses vérifiables du sommet de 2023 figure la livraison gratuite de 200 000 tonnes de blé à six pays africains. L’opération a été achevée en février 2024. Le Mali, le Burkina Faso, le Zimbabwe et l’Érythrée ont reçu chacun 25 000 tonnes. La Somalie et la République centrafricaine en ont reçu 50 000 tonnes chacune.
Cette livraison constitue un engagement exécuté. Elle relevait toutefois d’une aide ponctuelle et non d’un programme permanent de sécurité alimentaire.
Pour le Mali, les résultats présentés à Moscou comprennent aussi des projets de cartographie géologique. Les informations publiées portent sur la coopération envisagée dans la connaissance du sous-sol. Le calendrier des travaux, leur coût et les zones retenues devront être précisés par les parties concernées.
Plusieurs milliards de dollars évoqués pour l’AES
Le sommet a aussi produit un rapprochement entre la Banque confédérale pour l’investissement et le développement de l’AES et VEB.RF, la corporation publique russe de développement. Un mémorandum signé le 28 octobre établit un cadre de coopération destiné au financement du commerce et des investissements.
Le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak a indiqué que les projets envisagés au Mali, au Burkina Faso et au Niger pourraient représenter plusieurs milliards de dollars dans une première phase. Cette déclaration concerne un portefeuille potentiel de projets. Elle ne correspond pas à une enveloppe déjà versée ou définitivement affectée.
Les mécanismes de financement, la liste des investissements, les entreprises bénéficiaires et les échéanciers doivent encore être arrêtés. VEB.RF devient le premier partenaire international annoncé par la banque de l’AES, ce qui donne au mémorandum une portée institutionnelle immédiate, distincte des futurs décaissements.
Une exécution partielle
Les documents publics permettent d’établir un bilan nuancé des deux premiers sommets. Le mécanisme diplomatique lancé en 2019 fonctionne, un second plan d’action a été adopté en 2023 et certaines promesses, dont la livraison de blé, ont été exécutées. Les échanges commerciaux ont progressé depuis 2022.
L’objectif de 40 milliards de dollars annoncé en 2019 reste cependant hors d’atteinte. Les bilans disponibles ne présentent pas non plus l’état d’exécution, accord par accord, des 92 textes de Sotchi et des 161 documents de Saint-Pétersbourg.
Les 146 textes signés à Moscou constituent donc un programme de travail. Leur traduction concrète apparaîtra dans les contrats financés, les investissements réalisés, les infrastructures livrées et l’évolution effective des échanges avant le prochain sommet.

Sommet Russie–Afrique : Assimi Goïta est arrivé à Moscou

Le président de la Transition a quitté Bamako dimanche 25 octobre pour participer au troisième sommet Russie–Afrique. La rencontre est prévue les 28 et 29 octobre dans la capitale russe.
Assimi Goïta a quitté Bamako dimanche 25 octobre à destination de Moscou. Le gouvernement malien confirme qu’il participera au troisième sommet Russie–Afrique, organisé les 28 et 29 octobre à l’invitation du président russe Vladimir Poutine.
Cette annonce établit le départ effectif du chef de l’État et l’objet principal de son voyage. Le programme rendu public dimanche porte uniquement sur le sommet. La composition de la délégation, les audiences bilatérales et les documents susceptibles d’être signés devraient être précisés au fil du séjour. Pour autant, des sources indiquent que plusieurs personnalités prennent part à ce déplacement dont le ministre de l’Économie et des Finances, le ministre délégué en charge de la Défense et des anciens Combattants et le chef de la diplomatie malienne.
Le président Assimi Goïta avait déjà participé au deuxième sommet Russie–Afrique en juillet 2023 à Saint-Pétersbourg. Son nouveau déplacement intervient seize mois après sa première visite bilatérale officielle en Russie, effectuée du 23 au 26 juin 2025.
Trois accords signés en 2025
La visite de juin 2025 avait donné lieu à une rencontre avec Vladimir Poutine au Kremlin et à la signature de trois accords.
Le premier a créé une commission intergouvernementale chargée de la coopération commerciale, économique, scientifique et technique. Le deuxième porte sur l’utilisation pacifique de l’énergie atomique, en partenariat avec l’entreprise publique russe Rosatom. Le troisième fixe un cadre général aux relations bilatérales, notamment dans les domaines politique, diplomatique et sécuritaire.
Les échanges de 2025 avaient également concerné les investissements, les transports, la formation, les infrastructures, les ressources minières et l’énergie. Le chef de l’État avait ensuite poursuivi son séjour à Kazan, dans la République du Tatarstan, où il avait rencontré des responsables publics et des entreprises russes.
Ces engagements fournissent le principal cadre de lecture du voyage actuel. Le sommet permettra aux délégations de reprendre les discussions engagées lors de la visite bilatérale, tout en les inscrivant dans une rencontre réunissant la Russie et plusieurs pays africains.
Sécurité, énergie et échanges économiques
La défense demeure l’un des principaux domaines de coopération entre Bamako et Moscou. Le Mali reçoit du matériel militaire russe et accueille des personnels russes engagés dans la formation et l’appui aux forces nationales.
La coopération énergétique couvre plusieurs projets à des niveaux d’avancement différents. L’accord conclu avec Rosatom établit un cadre juridique pour l’usage civil de l’énergie nucléaire. Sa mise en œuvre peut concerner la formation de spécialistes, les applications médicales et agricoles, la recherche ainsi que d’éventuelles infrastructures énergétiques.
La commission intergouvernementale constitue, pour sa part, le mécanisme chargé d’organiser les discussions économiques et techniques. Elle couvre le commerce, les investissements, les mines, l’énergie, les sciences et les projets associant les administrations ou les entreprises des deux pays.
Le sommet des 28 et 29 octobre doit maintenant préciser les thèmes effectivement inscrits à l’agenda malien. Les communiqués publiés à Moscou permettront d’identifier les rencontres réalisées, les accords conclus et les projets assortis d’un calendrier.

Algérie–Sahel : le retour en force d’un voisin incontournable

La 13e Grande Commission mixte Mali–Algérie, attendue à Bamako après dix ans d’interruption, doit consacrer la détente après quinze mois de crise. Elle marque surtout le retour d’Alger dans un Sahel transformé par l’AES, le partenariat russe et la poussée marocaine.

La précédente Grande Commission mixte s’était achevée à Bamako, en novembre 2016, par treize instruments de coopération : accords, mémorandums et programme exécutif. La session suivante, annoncée pour 2018 à Alger, est de nouveau programmée dix ans plus tard, à Bamako. Entre-temps, le cadre régional a profondément changé.

Pour Birahim Soumaré, ancien ambassadeur du Mali en Türkiye et analyste en stratégie internationale, ce rendez-vous dépasse la normalisation : « Nous sommes dans une phase de redéfinition et de relance ».

Une relation remise à plat

La confiance s’était déjà dégradée lorsque Bamako a annoncé, le 25 janvier 2024, la fin de l’Accord pour la paix issu du processus d’Alger. Elle a cédé en avril 2025 après la destruction d’un drone militaire malien près de Tin Zaouatine. Alger soutenait que l’appareil avait pénétré son territoire. Bamako contestait cette version. Le rappel des ambassadeurs et la fermeture réciproque des espaces aériens ont suivi.

Le 6 avril 2025, le Mali s’est retiré avec effet immédiat du Comité d’état-major opérationnel conjoint (CEMOC). Créé en 2010 à Tamanrasset avec l’Algérie, la Mauritanie et le Niger, ce dispositif coordonnait le renseignement et la lutte antiterroriste. Ce retrait a privé les deux voisins de l’un de leurs principaux cadres de coopération sécuritaire.

Birahim Soumaré rappelle que les relations diplomatiques n’ont jamais été formellement rompues : des chargés d’affaires ont continué d’assurer la représentation. Le 10 juillet 2026, les deux pays ont annoncé le retour de leurs ambassadeurs et la réouverture réciproque de leurs espaces aériens. Le 24 août, Abdoulaye Maïga s’est rendu à Alger et Assimi Goïta a accepté une invitation du président Tebboune, sans date fixée.

Plus de 1 300 kilomètres de frontière, des familles établies de part et d’autre, des transhumances, des marchés liés et des menaces communes rendent une brouille prolongée coûteuse.

Selon une estimation non officielle de Mohamed Abdellahi Elkhalil, sociologue et spécialiste des questions sociales et sécuritaires du Sahel, la crise a fait chuter de 70 % le commerce informel à Tessalit et Tinzaouatène. Il évoque des familles séparées, des transhumances bloquées et des éleveurs contraints de vendre à perte.

Ses priorités sont la circulation, l’accès humanitaire, le réapprovisionnement des marchés et les laissez-passer consulaires. Il propose la réouverture contrôlée d’un poste pour le bétail et une ligne directe entre autorités locales.

Alger revient autrement

Le retour algérien s’inscrit dans un cadre différent de celui du processus de paix malien. Bamako privilégie désormais un règlement national et l’Alliance des États du Sahel a créé son propre cadre. Bréhima Ely Dicko, sociologue, voit donc l’Algérie évoluer de médiateur extérieur vers « un voisin-partenaire stratégique ». Reste à savoir si Alger travaillera avec l’AES comme ensemble régional, et pas seulement avec chacune de ses capitales.

Une défiance persiste. Selon Mohamed Abdellahi Elkhalil, l’Algérie est perçue par une partie des acteurs du Nord comme partie prenante, en raison du soutien prêté aux mouvements armés, plutôt que comme arbitre neutre. Alger a rejeté ces accusations. Pour le sociologue, sa facilitation demeure difficilement remplaçable faute d’alternative régionale.

L’Algérie a déjà repris l’initiative à Niamey et à Ouagadougou par l’énergie, les mines, les infrastructures et la formation. Après la mutinerie qui a visé une base aérienne de Niamey fin août, le ministère algérien de la Défense a annoncé le déploiement, à la demande du Niger, de quatre avions de combat Su-30, d’un avion de transport et d’un ravitailleur. Arrivés après la reprise de la base, les appareils algériens n’ont pas participé aux combats, auxquels l’Africa Corps russe avait directement pris part.

Ce soutien tranche avec la prudence affichée par Alger en 2023, lorsqu’elle s’opposait à une intervention militaire extérieure au Niger. Depuis la révision constitutionnelle de 2020, le président algérien peut décider l’envoi d’unités à l’étranger, après approbation des deux tiers de chaque chambre du Parlement. La Constitution maintient cependant la non-ingérence et encadre la participation au maintien de la paix. La doctrine est devenue plus souple, sans ouvrir un droit d’intervention illimité.

Moscou, partenaire et irritant

L’Algérie entretient avec la Russie une relation stratégique ancienne, surtout militaire. Le Mali et ses partenaires de l’AES ont fait de Moscou un appui majeur, à travers la coopération militaire et la présence de l’Africa Corps.

Cette proximité commune avec la Russie n’efface pas les divergences. Alger a publiquement critiqué le recours aux mercenaires dans son voisinage et refuse les bases militaires étrangères sur son propre territoire. Cette position coexiste avec sa coopération d’État à État avec Moscou et la présence de l’Africa Corps au Sahel.

Le Niger montre qu’une coexistence est possible en ce sens que l’Africa Corps a directement soutenu les forces nigériennes contre la mutinerie, tandis que l’Algérie a déployé ses appareils après les combats. Cette convergence ponctuelle ne règle ni les désaccords sur le Nord malien ni la place future des forces étrangères. Elle révèle surtout une Algérie plus active.

La poussée marocaine

Alger revient dans un Sahel où le Maroc progresse. L’Initiative royale d’accès à l’Atlantique a reçu l’adhésion du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Bamako et Rabat ont relancé leur Grande Commission mixte en juillet 2026. Une concurrence de débouchés se dessine à travers les ports atlantiques proposés par le Maroc et l’ouverture méditerranéenne portée par les corridors algériens.

Bréhima Ely Dicko distingue l’offre sécuritaire russe, l’offre économique et religieuse marocaine, et la relation historique, frontalière et humaine avec l’Algérie. Il recommande une « diplomatie de l’utilité », jugeant chaque partenariat sur la souveraineté, le développement local et le désenclavement.

Birahim Soumaré refuse l’idée d’un choix exclusif : « La nature de notre relation bilatérale avec l’Algérie ou avec le Maroc ne saurait être déterminée par les relations que nous entretenons avec l’autre pays ». Bamako peut ainsi préserver sa liberté et rechercher des solutions concrètes.

Le test des résultats

Les projets ne manquent pas : Route transsaharienne, branche Tamanrasset–Bamako, fibre optique, énergie, formation et commerce frontalier. Le gazoduc Nigeria–Niger–Algérie, bien qu’il ne traverse pas le Mali, complète cette stratégie d’axes nord-sud vers la Méditerranée.

Le potentiel contraste avec la faiblesse du commerce déclaré. Selon les données de l’ITC et d’UN Comtrade déclarées par l’Algérie, les échanges formels de marchandises ont atteint environ 7,6 millions de dollars en 2024, hors flux informels. Les accords de 2016 prévoyaient aussi 280 MW de centrales hybrides, dont 40 MW à Gao et 40 MW à Tombouctou. Leur état d’exécution reste à établir.

Pour le géographe Yacouba Sogoré, spécialiste du développement local et de la décentralisation, une route ne devient un corridor que lorsque douanes, sécurité, logistique, financement et services commerciaux fonctionnent ensemble. Il propose un axe pilote, avec des produits et des transporteurs identifiés, des délais mesurés et des résultats publiés. Il insiste surtout sur les retombées locales : « Un projet qui traverse un territoire doit produire des revenus, des services et des emplois pour la population qui y vit ».

En 2016, le suivi des engagements avait été confié au Comité bilatéral stratégique. Sa relance devrait s’accompagner de financements identifiés, de calendriers et de résultats accessibles. Bréhima Ely Dicko résume le défi par une formule simple : « Une route, une fibre optique, une ligne électrique ont plus d’impact qu’un protocole ».

La Grande Commission constitue ainsi un test pour une relation appelée à passer d’une coopération principalement interétatique à une coopération utile aux populations. La relance offre surtout aux deux pays l’occasion de remettre leur relation à l’épreuve du concret. Pour Bamako comme pour Alger, elle prendra tout son sens si elle se traduit par des échanges plus fluides, des déplacements facilités, des zones frontalières mieux intégrées et des projets enfin menés à terme.

Massiré DIOP

Goïta–Poutine : un échange au cœur de la nouvelle stratégie régionale de Moscou

Assimi Goïta et Vladimir Poutine ont réaffirmé le 19 août leur coordination sécuritaire au Mali et dans le Sahel. Cet échange intervient deux jours après l’annonce d’un futur mémorandum de coopération entre la Russie et la CEDEAO.

La sécurité du Mali et la lutte contre le terrorisme ont dominé l’entretien téléphonique entre les deux dirigeants. Selon le Kremlin, Assimi Goïta a salué le soutien apporté par la Russie face aux attaques des groupes armés extrémistes. Les deux présidents sont convenus de poursuivre la coordination de leurs efforts pour favoriser la stabilité du Mali et de l’ensemble de la région saharo-sahélienne.
Les échanges ont également porté sur les principales questions de l’agenda bilatéral. Bamako et Moscou souhaitent renforcer leur dialogue politique et développer davantage leur coopération commerciale, économique et humanitaire. Le communiqué ne fait toutefois état ni d’un nouvel accord sécuritaire ni d’un déploiement ou d’une livraison supplémentaire d’équipements.
Outre son contenu, le calendrier de cet entretien retient l’attention. Le 17 août à Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait annoncé la signature prochaine d’un mémorandum de coopération entre la Russie et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. La sécurité devrait faire partie des domaines couverts par ce texte, dont le contenu et la date de signature restent à préciser.
L’annonce avait été faite à l’issue d’une rencontre avec le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa. Lavrov avait également exprimé la disponibilité de la Russie à soutenir les efforts de rapprochement entre la CEDEAO et les pays de la Confédération des États du Sahel.
Élargissement
Ce projet de mémorandum révèle une diplomatie russe qui ne se limite plus à ses partenaires sahéliens. Depuis plusieurs années, Moscou a considérablement renforcé sa présence au Mali, au Burkina Faso et au Niger, notamment dans les domaines militaire, sécuritaire, énergétique et minier.
Cette coopération s’est progressivement structurée à l’échelle de l’AES. Lors des consultations ministérielles du 8 juillet 2026 à Niamey, la Russie a renouvelé son soutien à l’opérationnalisation de la Force unifiée de la Confédération. Les discussions ont porté sur l’acquisition d’équipements militaires, les formations adaptées et l’assistance technique, selon le gouvernement nigérien.
En préparant parallèlement un cadre de coopération avec la CEDEAO, Moscou cherche désormais à disposer de canaux institutionnels auprès des deux ensembles ouest-africains. La démarche intervient après le retrait formel du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO, devenu effectif le 29 janvier 2025, sur fond de profondes divergences politiques.
Ce rapprochement avec la CEDEAO ne marque pas nécessairement une inflexion au détriment de l’AES. Il traduit plutôt une volonté russe d’étendre son influence aux États côtiers, eux aussi confrontés à la progression des groupes armés vers le nord du Bénin et du Togo ainsi qu’aux risques pesant sur leurs frontières.
La relation entre Moscou et l’organisation régionale avait d’ailleurs commencé à se dessiner avant l’annonce du 17 août. En décembre 2025 au Caire, Sergueï Lavrov avait rencontré le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray. Les discussions avaient déjà porté sur la paix, la sécurité régionale et la nécessité d’un dialogue pragmatique avec l’AES.
Équilibre
La Russie se retrouve ainsi dans une position singulière. Elle demeure l’un des principaux partenaires sécuritaires des trois pays sahéliens tout en proposant son accompagnement à une organisation avec laquelle leurs relations restent difficiles.
Cette position pourrait permettre à Moscou de faciliter certains échanges, notamment sur la circulation des personnes et des marchandises, le partage d’informations ou la lutte contre des groupes armés qui opèrent au-delà des frontières. Elle ne suffit cependant pas à faire de la Russie un médiateur reconnu. Une telle fonction supposerait une demande ou, au minimum, l’adhésion publique de la CEDEAO et de l’AES.
Pour autant, l’entretien entre Assimi Goïta et Vladimir Poutine constitue surtout une réaffirmation de la solidité du partenariat russo-malien. La proximité entre l’appel et l’annonce concernant la CEDEAO mérite d’être relevée, mais elle ne permet pas d’établir que les deux événements sont directement liés ou que le projet de mémorandum a été abordé par les deux présidents.
Les prochaines étapes permettront de mesurer la portée réelle de cette stratégie. Le mémorandum Russie–CEDEAO reste à signer et ses mécanismes sécuritaires ne sont pas encore connus. Le troisième Sommet Russie–Afrique, programmé les 28 et 29 octobre à Moscou, pourrait apporter de nouvelles précisions sur la manière dont la Russie entend articuler ses partenariats avec l’AES, la CEDEAO et l’Union africaine.
Massiré Diop

Mali – Russie : Une coopération stratégique

Du 21 au 26 juin 2025, le Président de la Transition, Assimi Goïta, a effectué une visite officielle en Russie. Le chef de l’État était accompagné de plusieurs membres du gouvernement pour cet évènement destiné à donner un nouvel élan à une coopération sécuritaire et économique déjà dynamique.

L’axe Bamako – Moscou amorce un nouveau tournant avec la visite de quatre jours effectuée par le Président Assimi Goïta en compagnie d’une dizaine de ministres. Pour la deuxième fois depuis son arrivée au pouvoir en 2021, le Président de la Transition s’est rendu en Russie. Après plus d’une décennie de crise, les nouvelles autorités maliennes ont fait le choix d’un partenariat stratégique avec le pays de Vladimir Poutine. Cette visite avait donc pour but, deux ans après la première, de « revisiter » ce partenariat, selon les termes du Président Goïta.

La défense et la sécurité, la coopération économique, l’enseignement supérieur, les mines, les transports et l’énergie ont été au centre des discussions entre les deux parties. À l’issue de cette visite, trois accords majeurs ont été signés.

Le premier concerne la création d’une commission intergouvernementale sur la coopération commerciale, économique, scientifique et technique. Ce cadre structurant vise à favoriser des projets à forte valeur ajoutée pour les deux pays. À terme, il pourrait permettre d’ouvrir le Mali à des investissements russes dans des secteurs clés du développement, donner accès aux technologies de pointe et renforcer la diplomatie multipolaire malienne.

Le deuxième accord porte sur le renforcement de la coopération sécuritaire et militaire. Fondé sur les principes de respect mutuel et de non-ingérence, il prévoit la formation, la fourniture d’équipements et un appui opérationnel pour soutenir les capacités nationales de défense et de sécurité. Il s’agit d’un axe central de la stratégie malienne de lutte contre le terrorisme, dans un contexte de retrait des anciennes missions internationales et de pression persistante des groupes armés.

Le troisième accord concerne le nucléaire à but civil, en partenariat avec la société d’État russe Rosatom. Ce projet vise à répondre à la crise énergétique que traverse le Mali depuis 2022, en renforçant l’indépendance énergétique du pays, en réduisant la dépendance aux importations de combustibles et en favorisant l’industrialisation. Il prévoit la construction d’infrastructures, la formation de spécialistes maliens, la radioprotection et l’utilisation de radio-isotopes dans la médecine, l’agriculture et l’industrie.

Partenariat gagnant – gagnant

Jugé « modeste » par le Président russe Vladimir Poutine, le niveau des échanges commerciaux entre le Mali et la Russie est en croissance. En 2023, le Mali a reçu de la Russie 55 000 tonnes de blé, 60 000 tonnes d’hydrocarbures et 22 000 tonnes d’engrais, en plus de 25 000 tonnes de blé en janvier 2024.

Selon les autorités maliennes, les échanges ont représenté en 2023 près de 1,5 milliard de francs CFA, essentiellement consacrés à l’achat de matières premières russes, dont des hydrocarbures. En 2023, les échanges commerciaux entre les deux pays ont même augmenté de 20% en un an, selon les autorités russes.

Une coopération universitaire en plein essor

La rupture avec les alliés traditionnel a offert une opportunité à la Russie pour renforcer sa relation dans d’autres domaines, notamment la coopération universitaire. Ainsi, suite à sa visite de juin 2025 en Russie, le Président de la Transition a confirmé l’augmentation du nombre de boursiers maliens en Russie, passé de 35 en 2023 à 290 en 2025. Cette dynamique contribuera à former une nouvelle génération de cadres et spécialistes capables d’accompagner les ambitions de développement du Mali.

Par ailleurs, le 16 juin 2025, le Président de la Transition a posé la première pierre de la toute première raffinerie d’or nationale à Sénou, codétenue à 62% par l’État malien et à 38% par le groupe russo-suisse Yadran. Cette installation, implantée sur 5 hectares, vise une capacité initiale de 100 tonnes par an, extensible à 200 tonnes, avec pour objectif de rapatrier les revenus annuels estimés à environ 275 milliards de francs CFA via l’exportation brute d’or non raffiné. Le site ambitionne une certification internationale (LBMA) pour s’imposer sur le marché mondial.

« Il est temps que l’or du Mali profite d’abord aux Maliens », a souligné le Président Assimi Goïta lors de la cérémonie de lancement, rappelant que ce projet répond à une exigence populaire de contrôle national sur les ressources naturelles.

Irek Salikhov, Président de Yadran, a précisé : « Cette raffinerie n’est pas seulement un outil industriel, mais aussi le symbole d’une coopération Sud – Sud ambitieuse et d’un véritable partenariat gagnant – gagnant entre la Russie et l’Afrique ».

À ce jour, aucune raffinerie d’or malienne ni russe en activité n’est certifiée LBMA. Les raffineries russes ont perdu leur accréditation en 2022, suite aux sanctions internationales, et la nouvelle raffinerie de Sénou, bien qu’ambitieuse, « vise la certification LBMA dans les prochaines années, mais doit d’abord démontrer sa capacité de production et sa conformité aux standards internationaux », précise un expert des questions minières.

Un expert du marché de l’or souligne : « la certification LBMA est un processus exigeant, qui nécessite au moins trois ans de production stable et des audits rigoureux. Le Mali a encore du chemin à parcourir avant de pouvoir exporter de l’or raffiné reconnu sur le marché international ».

Ce projet s’ajoute à celui de la centrale solaire de Sanankoroba, dont les travaux ont été lancés en mai 2024. Ce champ solaire d’une capacité de 200 MW, pour un coût de plus de 120 milliards de francs CFA, doit contribuer à l’amélioration du mix énergétique malien. Sa mise en service est prévue pour fin 2025.

Un futur prometteur malgré les défis

Saluant une « coopération efficace et une confiance renouvelée », le Président Assimi Goïta s’est dit « satisfait » à l’issue de sa visite en Russie. D’autres projets, notamment dans le domaine énergétique, sont prévus et un cadre de suivi pour leur exécution sera mis en place, même si les détails sur ces futurs investissements restent à préciser.

En plus d’une coopération bilatérale qui a permis au Mali de s’équiper et de « retrouver une liberté d’action », la coopération avec la Russie s’étend désormais à l’Alliance des États du Sahel (AES). Outre les relations bilatérales entretenues par les pays membres avec la Russie, les enjeux du nouvel espace ont été abordés lors de la visite du Président Goïta, Président en exercice de la Confédération.

Après la création de l’Alliance, en septembre 2023, et l’annonce de la naissance de la Confédération, en juillet 2024, plusieurs projets structurants sont en discussion, dont la création d’une Banque de développement et d’une force unifiée de 5 000 hommes. La Banque de développement, bien qu’annoncée officiellement, est en voie d’opérationnalisation. Les États membres travaillent à la définition de ses statuts et à sa mise en place effective. De même, la force conjointe de 5 000 hommes est en cours de préparation. Ses modalités ont été validées et des opérations conjointes ont débuté, mais son déploiement complet reste à finaliser.

Un repositionnement stratégique assumé

Malgré les « difficultés », le partenariat avec la Russie est un « repositionnement stratégique », assumé par les autorités de Bamako depuis 2021. Un choix qui s’est manifesté par le renforcement des liens militaires et économiques entre Bamako et Moscou. Dès leur première rencontre en juillet 2023 lors du sommet Russie – Afrique à Saint-Pétersbourg, le Président russe avait fait du Mali l’un de ses partenaires-clés sur le continent, saluant l’indépendance stratégique de Bamako. Ou plutôt une « dépendance » envers un partenaire jugé plus respectueux par Bamako, rétorquent certains. Pour les autorités maliennes, c’est bien la réaffirmation d’un choix de partenaires multiples, pragmatiques, capables d’aider à répondre aux défis auxquels fait face le Mali.

Coopération Mali – Russie : un nouveau tournant ?

Entre Bamako et Moscou, c’est « collé-serré » depuis le début de la Transition. Le rapprochement entre les deux capitales s’est renforcé avec la « rectification » de la Transition, en mai 2021. Une douzaine de mémorandums d’entente devant aboutir à la réalisation de nombreux projets viennent d’être signée entre les deux pays, à l’issue de la semaine russe de l’Énergie, qui s’est achevée le 16 octobre dernier à Moscou.

Au-delà du domaine militaire, dans lequel le Mali et la Russie ont suffisamment renforcé leurs liens ces deux dernières années, les deux pays s’accordent à diversifier leur coopération sur d’autres plans. La visite de la délégation malienne de haut niveau, conduite par le ministre de l’Économie et des finances Alousséni Sanou à Moscou du 11 au 16 octobre 2023, a posé les jalons de ce nouvel élan. Plusieurs conventions ont été signées dans des domaines tels que l’Énergie, les Mines, l’Agriculture ou encore les Transports, entre autres.

Selon le ministre de l’Économie et des finances, des accords juridiques ont été signés pour la réalisation de deux à quatre centrales nucléaires au Mali, chaque centrale ayant une capacité minimale de 55 mégawatts, l’installation d’une usine d’affinage d’or d’une capacité de 200 tonnes à Bamako, avec à la clé une formation gratuite du personnel malien en Russie, et un transfert permanent de compétences, l’exploitation de certains minerais, la création d’un cadastre minier plus détaillé, la fourniture de 350 000 tonnes d’intrants agricoles, toutes spécialités confondues, d’ici février 2024, ainsi que celle de 200 millions de litres de produits pétroliers à l’État du Mali.

Le gouvernement malien envisage, par ailleurs, en partenariat avec la Russie, la réalisation de deux lignes de tramway à Bamako, ainsi que la création d’une compagnie aérienne pour la desserte nationale et sous-régionale et l’accès du Mali à des satellites de communication. À en croire la ministre des Transports, cette compagnie aérienne devrait être opérationnelle dans un an.

« La relation économique entre le Mali et la Russie est au beau fixe aujourd’hui. Des projets structurants engageant l’État du Mali pour les cinquante années à venir sont signés. Il s’agit pour nous de veiller à la mise en œuvre de tous ces projets pour que le Mali puisse être rapidement un pays émergent », a indiqué Alousséni Sanou.

Nouvelle dimension

Pour le géopolitogue Abdoulaye Tamboura, l’annonce de la signature de ces différentes conventions entre le Mali et la Russie constitue un nouveau cap dans les relations entre les deux pays.

« Cette coopération a pris une nouvelle dimension. Auparavant, elle était axée sur les domaines militaire, minier et de l’éducation. C’est un renforcement des acquis entre le Mali et la Russie et c’est de bon augure pour les deux pays. Cela permet à la Russie de diversifier ses offres et au Mali de diversifier ses partenariats », souligne-t-il.

Toutefois, des observateurs s’interrogent sur la capacité de la Russie à matérialiser tous ces projets et promesses, dans un contexte de guerre avec l’Ukraine, qui mobilise beaucoup de moyens, et de sanctions occidentales sur le pays. En 2019, lors du premier sommet Russie – Afrique, le Président Vladimir Poutine avait promis de doubler les échanges avec le continent, les faisant passer de 20 milliards de dollars à 40 milliards. Cette promesse n’a pas été tenue, d’après l’Institut français des relations internationales (IFRI). La Russie part avec plusieurs trains de retard en Afrique. Selon des chiffres avancées par certaines chancelleries occidentales, le volume des échanges de l’Union européenne avec Afrique a atteint en 2022 163 milliards d’euros alors que pour la Russie, il était chiffré à 20 milliards d’euros. Ce choix assumé des autorités vers la Russie pourrait avoir comme conséquence que les Occidentaux se détournent définitivement du Mali.

En dépit de cela, le 26 juillet dernier, le Colonel Assimi Goïta a pris part au 2ème sommet Russie – Afrique à Saint Petersbourg. Invité personnellement par Vladimir Poutine, avec lequel il communique régulièrement par téléphone, le Président de la Transition accomplissait son premier séjour en dehors du Mali depuis sa prise de pouvoir en mai 2021. « Cela dénote de toute l’importance que le Président de la Transition accorde à la coopération entre la Russie et le Mali et de ses relations privilégiées avec le dirigeant russe », glisse un analyste.

Russie : le Kremlin dément toute implication dans la mort de Prigojine

Soupçonné de culpabilité dans le crash qui a provoqué la mort du patron de Wagner, le Kremlin a affirmé hier vendredi ne rien à voir avec ce crash. Le porte-parole du président russe Dmitri Peskov, a qualifié de mensonge absolu les insinuations de dirigeants occidentaux selon lesquelles le Kremlin aurait orchestré le crash de l’avion qui transportait Evgueni Prigogine.

Dans une déclaration devant la presse, le président du Bélarus Alexandre Loukachenko, a affirmé ne pas pouvoir imaginer Vladimir Poutine donnant l’ordre d’assassiner le patron de Wagner.

Toutefois, le Kremlin n’a pas perdu de temps. Dans un décret présidentiel en date d’hier vendredi, la Russie exige aux milliers de paramilitaires de Wagner de prêter serment comme le font les soldats de l’armée régulière, de jurer fidélité et loyauté à la Russie, de suivre strictement les ordres des commandants et des supérieurs et de respecter de manière sacrée la Constitution russe. Après la mutinerie avortée de juin, Vladimir Poutine avait déjà proposé aux membres de Wagner non impliqués des contrats avec le ministère de la Défense russe.

De l’autre côté, les enquêteurs ont, annoncé avoir récupéré dix corps des victimes sur les lieux du crash ainsi que les enregistreurs de vol. Ils ont également indiqué que des analyses génétiques moléculaires étaient en cours pour établir leur identité.

Des habitants de Saint-Pétersbourg, base du groupe paramilitaire, ont défilé pour déposer des fleurs sur un mémorial en hommage à Evguéni Prigogine.

Russie : Prigojine, le patron de Wagner annoncé mort dans un crash d’avion

Selon l’agence du transport aérien russe Rossaviatsia, le patron du Groupe Wagner, Evgueni Prigojine, 62 ans, se trouvait à bord d’un avion privé qui s’est écrasé, mercredi 23 août, dans la région de Tver, à environ 180 kilomètres au nord-ouest de Moscou. « Selon la compagnie aérienne, les passagers suivants se trouvaient à bord de l’avion Embraer – 135 », a indiqué Rossaviatsia en citant le nom d’Evgueni Prigojine mais aussi celui de son bras droit Dmitri Outkine. Selon elle, le vol se déroulait « en vertu d’un permis d’espace aérien dûment délivré ». Wagner, la milice qu’il dirigeait, a, elle aussi, confirmé le décès du milliardaire, autrefois très proche de Vladimir Poutine. Elle salue, sur Telegram, un « héros de la Russie » et « un véritable patriote ». Selon un responsable des services de secours cité par l’agence Ria Novosti, les corps de huit personnes ont jusqu’à présent été retrouvés sur le site du crash. Une enquête a été ouverte pour « violation des règles de sécurité du transport aérien ». Pour rappel, le groupe Wagner avait tenté une révolte armée contre la Russie à la fin de mois de juin alors qu’il s’était rangé aux côtés des forces russes lors de l’invasion de l’Ukraine. Pour « éviter un bain de sang », un accord avait été trouvé entre les deux parties et le patron de Wagner avait trouvé refuge en Biélorussie.

Lundi soir, le patron de Wagner est apparu dans une vidéo diffusée par des groupes proches de Wagner sur les réseaux sociaux, où il affirmait se trouver en Afrique. Dans un paysage désertique et armé d’un fusil d’assaut, il disait travailler à « rendre la Russie encore plus grande sur tous les continents et l’Afrique encore plus libre ».