La 89ème session publique de la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples se tient à Dakar du 12 au 21 octobre. Les préoccupations du Sahel, sans constituer un thème officiel, y sont portées par des organisations citoyennes et des défenseurs des droits humains.
Les onze commissaires examinent la situation des droits humains sur le continent, les rapports des États, les communications reçues et les activités des mécanismes spéciaux. La rencontre coïncide avec le 40ème anniversaire de l’entrée en vigueur de la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples, le 21 octobre 1986.
Le Forum des ONG, organisé du 8 au 10 octobre, a précédé la session. Ses travaux ont abordé l’espace civique, la liberté d’expression, l’accès à l’information, la protection des défenseurs, les conflits, les déplacements ainsi que l’eau et l’assainissement, thème de l’Union africaine pour 2026.
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AfricTivistes a recueilli des contributions de citoyens, d’activistes et de défenseurs à travers ses réseaux Sahel Activistes, Sahel Résilience et CitizenLabs. Leur synthèse doit porter sur les libertés publiques, les droits numériques, la protection des populations et l’accès aux mécanismes africains.
Libertés
Le rétrécissement de l’espace civique figure parmi les préoccupations relevées à l’échelle du continent par le Forum des ONG. Dans plusieurs pays sahéliens, des organisations de défense des droits et des associations de presse documentent aussi des suspensions de médias, des poursuites ou interpellations de journalistes et d’activistes ainsi que des difficultés d’accès à l’information. Les autorités concernées invoquent la sécurité nationale, l’ordre public et la lutte contre la désinformation.
La Commission doit entendre, les 12, 13, 14, 18 et 19 octobre, des déclarations d’États, d’institutions nationales et d’ONG. Ses rapporteurs présenteront leurs travaux sur la liberté d’expression, les défenseurs des droits humains, les prisons, la torture, les réfugiés, les déplacés et les migrants.
Les examens périodiques portent sur le Cameroun, la Guinée-Bissau, Maurice et la Zambie et non sur le Sahel central. Les préoccupations sahéliennes passeront par les déclarations, les échanges avec les commissaires et les documents transmis par la société civile.
« L’objectif n’est pas seulement de documenter les problèmes, mais également d’identifier les réponses existantes », explique AfricTivistes. La CADHP peut adopter des résolutions et adresser des recommandations aux États, sans prononcer des jugements comparables à ceux de la Cour africaine. Les conclusions de Dakar préciseront la place accordée aux alertes venues du Sahel même.




