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Abdoulaye Tamboura: « Cette décision relève avant tout d’un pragmatisme diplomatique ».
Le Mali a retiré sa reconnaissance de la République arabe saharaouie démocratique (RASD), soutenant ainsi le plan marocain d’autonomie. Abdoulaye Tamboura, analyste géopolitique, nous éclaire sur les retombées de ce virage diplomatique. Propos recueillis par Massiré Diop.
Comment interprétez-vous le changement de position du Mali sur le Sahara Occidental ?
Cette décision relève avant tout d’un pragmatisme diplomatique. Les États ajustent leurs positions en fonction de leurs intérêts stratégiques, des rapports de force régionaux et de leurs priorités du moment. Le Mali a choisi ici une ligne qu’il estime plus conforme à ses intérêts diplomatiques et sécuritaires. Cette évolution traduit aussi une lecture plus réaliste des intérêts diplomatiques du Mali dans un environnement régional en mutation. La diplomatie n’étant pas figée, les États peuvent revenir sur des positions anciennes lorsque le contexte stratégique évolue.
Cette décision peut-elle affecter les relations Mali – Algérie ?
Oui, il est possible qu’elle laisse des traces. L’Algérie est le principal soutien politique et financier du Front Polisario et cette décision pourrait être perçue comme un éloignement de sa position sur la question saharaouie. Dans le contexte actuel, elle sera forcément observée de près.
Ce choix a-t-il aussi une portée interne pour le Mali ?
Absolument. Le Mali réaffirme également le principe de son intégrité territoriale et son refus de toute remise en cause des frontières. Elle renvoie aussi à la volonté de l’État malien de réaffirmer son attachement à l’intangibilité de ces frontières. Cette dimension est importante au regard de ses propres défis sécuritaires et territoriaux.
Sahara Occidental : ce que le Mali gagne
En retirant sa reconnaissance de la République arabe saharaouie démocratique (RASD) et en soutenant désormais le plan marocain d’autonomie, Bamako opère un tournant diplomatique majeur. Au-delà du geste politique, la vraie question porte sur les gains concrets, immédiats et stratégiques que le Mali entend tirer de ce repositionnement, dans un cadre bilatéral avec Rabat mais aussi géopolitique plus large.
Le revirement annoncé par Bamako à l’issue d’une conférence de presse conjointe avec les autorités marocaines marque une inflexion importante de la diplomatie malienne. En rompant avec une position adoptée au début des années 1980, le Mali se rapproche nettement de Rabat sur l’un des dossiers les plus sensibles du continent africain. Mais derrière ce choix, l’enjeu dépasse la seule symbolique diplomatique : il s’agit désormais de comprendre ce que le Mali a obtenu ou espère obtenir en retour.
Pour saisir la portée de cette décision, il faut revenir à la genèse du dossier. Le Sahara Occidental est une ancienne colonie espagnole. En 1975, l’Espagne s’en retire, ouvrant une période de fortes tensions diplomatiques et militaires autour de l’avenir du territoire. Le 27 février 1976, le Front Polisario proclame la République arabe saharaouie démocratique, connue sous l’acronyme RASD. Le conflit oppose alors le Maroc, qui revendique sa souveraineté sur le territoire, au Polisario, soutenu notamment par l’Algérie, qui défend le principe d’autodétermination.
Repères historiques
Le dossier prend très vite une dimension continentale. Au début des années 1980, plusieurs États africains reconnaissent la RASD, dont le Mali. Cette position s’inscrit dans la lecture dominante de l’époque au sein de l’Afrique postcoloniale, où la question du Sahara Occidental est traitée comme un dossier de décolonisation. En 1982, la RASD est admise à l’Organisation de l’unité africaine. Deux ans plus tard, le Maroc quitte l’organisation pour protester contre cette admission. Rabat restera absent de l’institution africaine pendant 33 ans, avant de retrouver sa place au sein de l’Union africaine le 31 janvier 2017.
Sur le plan onusien, la question reste juridiquement distincte. Le Sahara Occidental est classé par les Nations unies comme territoire non autonome. Cela signifie qu’aux yeux de l’ONU le processus de décolonisation n’est pas achevé. En 1991, la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental, la MINURSO, est mise en place pour surveiller le cessez-le-feu et préparer un référendum. Ce scrutin n’a jamais pu se tenir, en raison de désaccords persistants sur ses modalités. Le mandat actuel de la mission court jusqu’au 31 octobre 2026.
La décision prise par Bamako s’inscrit aussi dans l’évolution récente du cadre diplomatique international. La résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre 2025, a prolongé le mandat de la MINURSO, tout en replaçant le plan d’autonomie proposé par le Maroc au centre des discussions. Le choix de Bamako s’inscrit aussi dans une dynamique internationale plus large, le plan marocain d’autonomie bénéficiant désormais du soutien explicite de plus de 120 États, dont les États-Unis et une majorité de pays européens, ce qui renforce la portée diplomatique du repositionnement malien.
Pour Abdoulaye Tamboura, cette décision relève d’un pragmatisme diplomatique guidé par les intérêts nationaux et l’évolution des rapports de force.
Axe Bamako – Rabat
Le changement de cap ne peut toutefois être lu uniquement à travers l’histoire du Sahara occidental. Il faut également regarder la relation entre le Mali et le Maroc telle qu’elle s’est développée ces dernières années et surtout les bénéfices potentiels qu’en attend Bamako.
La visite du ministre marocain des Affaires étrangères à Bamako a donné lieu à plusieurs annonces structurantes. Parmi les axes réaffirmés figure l’accès des États sahéliens à l’océan Atlantique via les infrastructures portuaires marocaines.
Pour un pays enclavé comme le Mali, la perspective d’un accès facilité aux ports marocains représente un enjeu économique majeur. Cela touche directement les coûts du transport, les délais logistiques, la circulation des marchandises et les capacités d’exportation.
L’ancien ambassadeur Birahim Soumaré souligne qu’en tant que « pays enclavé, le Mali trouve dans ce partenariat avec le Maroc une perspective d’accès à l’Atlantique susceptible de renforcer ses corridors économiques et ses capacités d’échanges ».
Pour les opérateurs économiques, les corridors d’exportation et d’importation sont un sujet central, tant pour la compétitivité que pour la sécurité des approvisionnements et la diversification des débouchés.
L’ancien diplomate relève également que « cette orientation pourrait faire du Mali un point de jonction entre l’Afrique subsaharienne et le Maghreb, à travers de nouveaux corridors économiques ».
Bamako cherche ainsi un avantage logistique durable.
Coopération bilatérale
Le rapprochement entre Bamako et Rabat s’observe également sur des dossiers très concrets qui peuvent être lus comme des contreparties directes.
Le Maroc a annoncé l’objectif de 300 bourses par an pour les étudiants maliens. Cette mesure vient renforcer une coopération académique déjà ancienne entre les deux pays.
De nombreux étudiants maliens poursuivent déjà leurs études supérieures au Maroc, dans des domaines allant de la médecine à l’ingénierie, en passant par les sciences sociales et le commerce.
Le volet religieux conserve lui aussi une place importante. La formation des imams maliens au Maroc se poursuit dans le cadre d’une coopération reposant sur des références doctrinales partagées, notamment le rite malékite.
Cette coopération, peu visible dans le débat public, participe néanmoins à la profondeur des relations entre les deux pays.
Les annonces ont également porté sur la mobilité. Les autorités ont évoqué un assouplissement des formalités d’entrée et la levée annoncée de l’autorisation électronique de voyage au Maroc pour les citoyens maliens.
Pour les étudiants, les hommes d’affaires et les voyageurs, cette évolution pourrait faciliter les déplacements entre Bamako et Rabat.
La 4e Commission mixte Mali – Maroc, prévue avant la fin de 2026, devra justement permettre d’évaluer si ces annonces se traduisent en engagements effectifs.
Répercussions régionales
La nouvelle position malienne intervient aussi dans un environnement régional sensible.
Les relations entre le Mali et l’Algérie connaissent depuis plusieurs mois une phase de fortes tensions. Or, Alger demeure un acteur majeur du dossier saharaoui et un soutien historique du Front Polisario.
Le choix de Bamako ne manquera donc pas d’être observé avec attention dans les capitales de la région.
Sur le volet sécuritaire, Birahim Soumaré estime que « le partenariat stratégique avec le Maroc pourrait donner un nouvel élan à la coopération en matière de renseignement et de sécurité ».
Il ajoute que ce choix pourrait être perçu par Alger comme un désalignement par rapport à sa position historique sur la RASD.
Une lecture que partage Abdoulaye Tamboura, pour qui cette décision pourrait « laisser des traces dans les relations entre Bamako et Alger ».
La lecture du revirement malien ne se limite toutefois pas au seul cadre maghrébin. Le soutien affiché au plan marocain d’autonomie peut également être interprété comme un signal adressé à des partenaires plus larges, au premier rang desquels les États-Unis, qui considèrent cette option comme la base la plus sérieuse de règlement du dossier saharien depuis la reconnaissance américaine de la position marocaine en 2020.
Sans qu’aucun accord formel ne soit établi, ce repositionnement peut ainsi être lu comme une tentative d’inscription du Mali dans une architecture diplomatique plus vaste où Rabat apparaît aussi comme une passerelle vers Washington.
Ainsi, le Mali n’obtient pas seulement des avantages du Maroc, il peut aussi chercher à améliorer sa lisibilité diplomatique dans un environnement international plus large.
Lecture stratégique
Le dossier mêle un héritage diplomatique né dans les années 1970 et un choix contemporain guidé par des intérêts concrets comme l’accès à l’Atlantique, la coopération universitaire, la mobilité, la sécurité et la diversification des partenariats. En se rapprochant du Maroc sur un dossier soutenu par Washington, Bamako pourrait aussi chercher à renforcer sa lisibilité auprès de partenaires occidentaux, dans un contexte de recomposition rapide des alliances régionales. Selon Abdoulaye Tamboura, cette décision vise également à réaffirmer le principe de l’intégrité territoriale et le refus de toute remise en cause des frontières. À la croisée du droit international, des équilibres régionaux et des stratégies nationales, le dossier ouvre une nouvelle étape diplomatique dont la portée réelle dépendra de la capacité du Mali à transformer ce repositionnement en gains tangibles.
Mali – Algérie : Jusqu’où ira la discorde ?
La tension diplomatique entre Bamako et Alger ne faiblit pas depuis l’incident survenu dans la nuit du 31 mars au 1ᵉʳ avril 2025, lorsqu’un drone de reconnaissance malien a été abattu par les forces algériennes près de Tinzaouaten, une zone frontalière stratégique. Le différend est désormais bloqué par le refus de l’Algérie d’accepter la compétence de la Cour internationale de Justice (CIJ).
Selon Bamako, le drone Bayraktar Akıncı menait une mission de surveillance contre des groupes armés près de la frontière et n’a jamais quitté l’espace aérien malien. Les autorités affirment que les débris ont été retrouvés à 9,5 kilomètres à l’intérieur du pays et que les données de trajectoire confirment cette version. Alger soutient de son côté que l’appareil a violé son espace aérien et que son interception relevait de la défense de son territoire.
Le différend a pris une dimension juridique le 4 septembre, lorsque Bamako a annoncé son intention de saisir la Cour internationale de Justice pour violation de sa souveraineté. La CIJ a confirmé avoir reçu la requête introductive d’instance le 16 septembre 2025 et rappelé, dans un communiqué publié le 19, qu’elle ne pouvait se prononcer sur le fond qu’avec l’accord des deux États, condition qu’Alger refuse pour l’instant, laissant la procédure suspendue.
Le 26 septembre, à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, le Premier ministre Abdoulaye Maïga a dénoncé ce qu’il qualifie « d’ingérences répétées » de l’Algérie dans les affaires internes du Mali. Dans son intervention, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a pour sa part critiqué la conduite des autorités de transition maliennes, mettant en cause leurs choix politiques et leur attitude vis-à-vis des partenaires régionaux. En réaction à ces propos, la Mission permanente du Mali a réaffirmé que le drone abattu n’avait jamais quitté son espace aérien, soulignant que les données de vol et la localisation de l’épave, retrouvée à 9,5 kilomètres à l’intérieur du pays, contredisent les affirmations algériennes. Le gouvernement indique également avoir réclamé des preuves à Alger, sans obtenir de réponse satisfaisante, estimant que ce silence, combiné au refus d’accepter la compétence de la CIJ, reflète un embarras évident. L’Algérie maintient pour sa part que l’appareil a violé son espace aérien et justifie son interception par la défense de sa souveraineté.
Leviers diplomatiques
Face au blocage juridique, Bamako mise désormais sur la diplomatie pour faire avancer son dossier. Il peut mobiliser ses alliés stratégiques, notamment la Russie, dont les relations économiques et sécuritaires étroites avec Alger – ainsi que son statut de membre permanent du Conseil de sécurité – pourraient lui permettre de peser sur les négociations ou de favoriser un dialogue indirect. Le Mali peut aussi s’appuyer sur la Confédération des États du Sahel (AES), qui réunit Bamako, Niamey et Ouagadougou, afin d’exercer une pression collective sur Alger, au-delà de leur coopération sécuritaire.
Parallèlement, Bamako peut saisir des instances régionales telles que l’Union africaine et ses organes, notamment le Conseil de paix et de sécurité ou la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples, afin de favoriser une médiation ou d’examiner la situation sous l’angle de la protection des droits garantis par la Charte africaine.
D’autres exemples
L’histoire récente montre d’ailleurs que des refus initiaux d’accepter la compétence de la CIJ n’ont pas toujours mis fin aux procédures. Dans les années 1980, les États-Unis avaient rejeté la compétence de la Cour dans leur différend avec le Nicaragua, mais celle-ci a tout de même rendu un jugement en leur absence. Dans l’affaire de la bande d’Aouzou, la Libye avait d’abord refusé de comparaître, avant de conclure un compromis avec le Tchad, permettant une décision en 1994. De même, le différend frontalier entre le Qatar et Bahreïn s’est soldé par un accord en 1997, après des discussions bilatérales.
Au-delà du cadre africain, d’autres mécanismes pacifiques restent envisageables, comme la médiation ou la conciliation sous l’égide des Nations unies, pour tenter d’aboutir à un règlement sans recourir à une procédure judiciaire classique.
Pour l’heure, le dossier est bloqué puisque, sans l’accord de l’Algérie, la CIJ ne peut se prononcer sur le fond. Bamako devra désormais miser sur la mobilisation de ses alliés et les canaux multilatéraux pour faire avancer le différend et défendre sa position.
MD
Alger refuse de comparaître devant la CIJ dans l’affaire du drone abattu
La Cour internationale de Justice a mis fin à la procédure engagée contre l’Algérie après que cette dernière a refusé de reconnaître sa compétence dans l’affaire du drone malien détruit par son armée. Une décision qui relance les tensions diplomatiques entre Bamako et Alger.
Le gouvernement de la transition a confirmé, dans un communiqué rendu public le 19 septembre 2025, que la Cour internationale de Justice (CIJ) a notifié la fin de la procédure judiciaire ouverte à la suite de la destruction d’un drone de reconnaissance malien par les forces armées algériennes. L’Algérie a en effet officiellement refusé de reconnaître la compétence de la Cour dans ce différend, bloquant ainsi toute poursuite de la procédure.
L’appareil malien avait été abattu dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025 alors qu’il effectuait une mission de surveillance dans l’espace aérien national, à proximité de la frontière algérienne. Bamako considère cet acte comme une violation de sa souveraineté et avait saisi la CIJ pour obtenir reconnaissance et réparation.
Une décision perçue comme un « aveu de culpabilité »
Dans sa réaction officielle, le gouvernement a vivement critiqué l’attitude d’Alger, la qualifiant de « négation de la justice internationale » et de « fuite en avant ». Selon les autorités, ce refus traduit « le mépris de la junte algérienne pour la légalité internationale » et constitue « un aveu implicite de culpabilité ».
Le communiqué va plus loin, accusant Alger de soutenir certains groupes extrémistes opérant dans le Sahel. « Plutôt que de répondre aux faits documentés, le régime algérien choisit les invectives pour tenter de masquer ses liens avec des chefs terroristes, notamment ceux visés par l’appareil détruit », affirme le texte.
Des relations de plus en plus tendues
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de relations déjà dégradées entre les deux pays. Bamako reproche depuis plusieurs mois à Alger d’intervenir dans ses affaires intérieures, notamment en tentant de relancer un dialogue politique avec les groupes armés signataires de l’accord de 2015 sans concertation.
Ce climat de méfiance grandissant s’ajoute à un contexte régional particulièrement fragile, alors que les groupes armés multiplient leurs attaques dans les zones frontalières. Avec plus de 1 300 kilomètres de frontière commune, la coopération sécuritaire entre les deux pays reste pourtant un élément clé de la stabilité régionale.
Un appel à la coopération régionale
Malgré la fin de la procédure devant la CIJ, le gouvernement réaffirme sa détermination à défendre l’intégrité du territoire et à garantir la sécurité nationale. Sous l’autorité du président de la Transition, le général Assimi Goïta, il assure qu’« aucun effort ne sera ménagé pour assurer la paix, la stabilité et le développement durable ».
Le communiqué appelle enfin les autorités algériennes à « mettre un terme à leurs ingérences » et à « travailler de bonne foi pour la sécurité collective et la stabilité régionale ». Dans un Sahel de plus en plus exposé aux menaces transnationales, Bamako considère que seule une coopération sincère entre pays voisins permettra d’inverser la tendance.
La Haye confirme avoir reçu une plainte du Mali visant l’Algérie
La Cour internationale de Justice (CIJ) a annoncé le 19 septembre 2025 avoir reçu, trois jours plus tôt, une requête introductive d’instance du Mali contre l’Algérie. Le différend porte sur la destruction alléguée d’un drone de reconnaissance malien dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, au nord du territoire malien.
Selon Bamako, la plainte a été transmise dès le 4 septembre. Les autorités maliennes soutiennent que l’acte imputé aux forces algériennes constitue une violation flagrante du principe de non-recours à la force, un acte d’agression au regard de la résolution 3314 de l’Assemblée générale des Nations unies, et une atteinte aux textes fondateurs de l’Union africaine, dont le Pacte de non-agression et de défense commune adopté en 2005.
Le 13 septembre, le ministre algérien des Affaires étrangères Ahmed Attaf a formellement démenti l’existence de cette plainte, affirmant qu’aucune notification officielle n’avait été adressée à son pays par la CIJ. Ce déni s’explique par le décalage entre la date avancée par Bamako et la date effective d’enregistrement confirmée par le greffe. Le 16 septembre, la Cour a formellement accusé réception de la requête et en a donné publicité trois jours plus tard.
La CIJ a précisé que la requête malienne est transmise à l’Algérie conformément à l’article 38, paragraphe 5, de son Règlement. Elle ne sera pas inscrite au rôle général de la Cour tant qu’Alger n’aura pas accepté sa compétence pour ce différend. Aucune procédure ne pourra donc débuter sans un consentement exprès du gouvernement algérien, qui continue de nier toute implication dans la destruction de l’appareil.
L’affaire s’inscrit dans un contexte de tensions bilatérales persistantes, marqué par des désaccords sur la médiation algérienne dans le processus de paix au Mali et par la fragilité sécuritaire des zones frontalières. Elle illustre aussi les limites du règlement judiciaire des différends lorsqu’une partie refuse la compétence de la juridiction internationale.
Ce type de contentieux n’est pas inédit à La Haye. En 1984, le Nicaragua avait saisi la CIJ contre les États-Unis pour des opérations militaires sur son territoire, affaire dans laquelle la Cour s’était déclarée compétente. En 1999, la République démocratique du Congo avait porté plainte contre l’Ouganda pour occupation de son sol, obtenant une condamnation en 2005. À l’inverse, la Géorgie n’avait pas vu sa requête contre la Russie prospérer en 2008, faute de base suffisante pour établir la compétence de la Cour. Ces précédents rappellent que l’issue dépendra avant tout de la position d’Alger, seule habilitée à reconnaître ou non la compétence de la CIJ dans cette affaire.
CIJ : que peut espérer Bamako face à Alger ?
Le Mali a saisi la Cour internationale de justice le 4 septembre 2025 après la destruction d’un drone militaire près de Tinzaouaten. Cette démarche traduit un recours inédit au droit international dans un différend sensible avec l’Algérie. Mais elle soulève une question centrale : la Cour est-elle compétente pour trancher une telle affaire et que peut réellement espérer Bamako au terme de cette procédure ?
Bamako choisit la voie judiciaire face à l’Algérie
Le gouvernement malien saisit aujourd’hui la Cour internationale de Justice contre Alger après la destruction d’un drone de reconnaissance dans la zone frontalière de Tinzaouatène. La démarche accentue une crise diplomatique déjà vive entre les deux pays.
Le gouvernement de transition annonce ce jeudi 4 septembre avoir introduit une requête devant la Cour internationale de Justice. La procédure fait suite à l’abattage, dans la nuit du 31 mars au 1er avril, d’un drone de reconnaissance malien immatriculé TZ-98D dans la localité de Tinzaouatène, au nord du pays.
Bamako accuse Alger d’avoir agi de manière préméditée et qualifie l’incident d’agression contraire au droit international. Les autorités rappellent qu’elles avaient demandé dès le 6 avril aux responsables algériens de fournir des preuves de la prétendue intrusion de l’appareil dans leur espace aérien, une requête restée sans réponse.
Selon le gouvernement malien, la destruction du drone visait à entraver les opérations militaires contre les groupes armés actifs dans la région. Il va plus loin en dénonçant une collusion entre Alger et certains mouvements terroristes, accusation réitérée depuis plusieurs mois.
L’Algérie défend une version différente. Ses autorités affirment que l’appareil a franchi la frontière de plusieurs kilomètres et justifient son interception par des impératifs de sécurité nationale.
L’affaire provoque déjà des retombées diplomatiques. Le Mali a rappelé son ambassadeur à Alger et fermé son espace aérien aux avions algériens. L’Algérie a répliqué en rappelant son propre représentant et en prenant les mêmes mesures. Ces tensions prolongent la dégradation des relations bilatérales, amorcée depuis le retrait du Mali de l’accord de paix signé à Alger en 2015.
En saisissant la Cour internationale de Justice, Bamako entend replacer le contentieux sur le terrain du droit. La juridiction devra d’abord se prononcer sur la recevabilité de la plainte avant d’examiner le fond du dossier, une procédure qui pourrait s’étaler sur plusieurs mois.
Algérie–Mali : Tebboune propose une médiation sous conditions
Le président algérien a affirmé que son pays était prêt à faciliter un dialogue entre Bamako et les rebelles du nord si les autorités maliennes en faisaient la demande. Il a en parallèle réitéré son opposition à toute présence de mercenaires à la frontière. Ces déclarations interviennent alors que le Mali a rompu l’accord d’Alger de 2015 et relancé les hostilités contre les groupes armés du nord, qu’il accuse de terrorisme.
OCI: le Mali recadre l’Algérie devant les parlements islamiques
Lors de la 19e conférence parlementaire de l’OCI, Bamako a accusé Alger d’ingérence et de soutien à des déstabilisateurs. Une confrontation qui révèle une fracture diplomatique entre deux voisins historiques.
Drone malien abattu : Alger et Bamako au bord de la rupture
La destruction d’un drone malien à la frontière algérienne, dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, a ravivé une tension déjà vive entre les deux voisins. Rappel des ambassadeurs, retrait du CEMOC, fermeture de l’espace aérien, jamais l’escalade n’avait atteint un tel niveau de dégradation. Bamako accuse Alger d’actes hostiles, sur fond de divorce politique entamé depuis 2022.
L’affaire du drone malien de type Akıncı, abattu près de Tinzaouatène, a provoqué une onde de choc diplomatique entre le Mali et l’Algérie. L’appareil, selon Bamako, n’avait pas franchi la frontière alors que, pour Alger, il s’agissait d’une violation caractérisée de son espace aérien. Cet épisode a déclenché une cascade de décisions. En effet, le Mali a fermé son espace aérien en réponse à une décision similaire de l’Algérie, s’est retiré du Comité d’état-major opérationnel conjoint (CEMOC) basé à Tamanrasset et a saisi le Conseil de sécurité des Nations unies.
La réaction des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) a été partagée. Si les ambassadeurs du Niger et du Burkina Faso ont été rappelés, ces pays n’ont pas suivi le Mali dans la fermeture de leur espace aérien. De plus, le Niger, en particulier, est resté dans le CEMOC, soulignant des divergences stratégiques au sein de l’alliance sahélienne.
Au-delà de l’incident, c’est l’accumulation de tensions depuis 2022 qui a mené à cette situation. En janvier 2024, Bamako a officiellement dénoncé l’Accord d’Alger signé en 2015, reprochant à l’Algérie d’héberger des figures jugées hostiles à la Transition, comme l’Imam Mahmoud Dicko ou certains responsables de l’ex-CMA, aujourd’hui regroupés sous la bannière du FLA. Des accusations de complaisance avec des groupes armés sévissant au Mali circulent, alimentant une méfiance persistante.
Les joutes diplomatiques ont franchi un seuil inédit lorsqu’elles se sont invitées à la tribune du Conseil de sécurité. Le Mali y a évoqué des actes de déstabilisation, tandis qu’Alger a dénoncé des « dérives » et mis en garde contre l’escalade. En parallèle, les autorités maliennes ont renforcé leurs liens avec Moscou et Ankara, tout en affichant un rapprochement politique avec Rabat, notamment autour de l’Initiative royale pour l’accès à l’océan Atlantique.
Coopération bilatérale forte désormais suspendue
Longtemps considérée comme un pilier de la stabilité régionale, la coopération entre le Mali et l’Algérie s’articulait autour de plusieurs axes tels que la sécurité, l’éducation, l’économie, la diplomatie… Cette architecture s’est progressivement effondrée.
Sur le plan sécuritaire, l’Algérie jouait depuis les années 1990 un rôle de médiateur entre Bamako et les groupes armés du Nord. Elle a parrainé successivement les accords de Tamanrasset (1991), le Pacte national (1992), l’accord de 2006, puis celui de 2015. Ce dernier, soutenu par l’ONU, a longtemps été le socle de la paix fragile dans le Septentrion malien. Sa dénonciation par le Mali en 2024 a marqué un tournant stratégique.
La Commission mixte Mali – Algérie, autrefois moteur du dialogue bilatéral, est aujourd’hui inactive. Les réunions conjointes sur la sécurisation des 1 329 km de frontière commune sont suspendues. Le corridor transsaharien qui facilitait jadis les échanges militaires et humanitaires – notamment l’acheminement des équipements russes depuis 2021 – est désormais fermé.
Les échanges commerciaux, eux aussi, sont en chute libre. De 67 millions de dollars en 2016, leur volume est tombé à environ 22 millions en 2024, selon des données algériennes. Les prévisions pour 2025 évoquent moins de 10 millions. Les postes frontaliers sont de plus en plus inactifs et les projets transfrontaliers, comme le développement des infrastructures dans la zone de Bordj Badji Mokhtar, sont gelés.
Seule la coopération éducative est encore fonctionnelle. L’Algérie a accordé 825 bourses aux étudiants maliens pour l’année universitaire 2023 – 2024, contre seulement 200 en 2022 – 2023. Ces étudiants sont répartis entre Alger, Tizi Ouzou, Oran, Béjaïa, Batna, Blida, Biskra et Mostaganem, avec des filières prioritaires comme les sciences de l’ingénieur, la médecine, l’économie, l’agronomie et le droit. Aucun incident diplomatique n’est venu perturber cette coopération universitaire, qui reste l’un des derniers canaux de contact entre les deux pays.
Sur le plan militaire, des officiers maliens poursuivent toujours des formations dans les académies algériennes, notamment à Cherchell. Le nombre de stagiaires varie de 10 à 20 par an, selon des estimations diplomatiques. Là aussi, aucune décision officielle n’a mis fin à ces programmes, bien qu’ils soient devenus plus discrets.
Enfin, la présence humaine reste importante. Des milliers de Maliens vivent en Algérie, en particulier dans les zones sahariennes comme Tamanrasset. Si certaines tensions migratoires ont été signalées, aucun refoulement massif n’a été confirmé récemment. Les relations humaines et commerciales entre populations locales, notamment à travers la transhumance et les marchés transfrontaliers, restent actives à petite échelle, bien que fragilisées.
La crise énergétique s’invite
Depuis l’escalade des tensions, plusieurs régions du nord du Mali, notamment Kidal, Gao et Ménaka, font face à une aggravation de la crise logistique et énergétique. L’un des signes les plus frappants de cette dégradation est l’augmentation spectaculaire des prix des produits de première nécessité, en particulier du carburant.
Selon plusieurs sources locales, le litre d’essence est désormais vendu 2 000 francs CFA contre environ 1 000 francs quelques semaines plus tôt. Cette hausse est attribuée à la raréfaction de l’approvisionnement depuis la fermeture du corridor transsaharien. Les camions en provenance d’Algérie, souvent porteurs de produits essentiels, sont désormais bloqués et les circuits d’approvisionnement informels sont asphyxiés.
La situation a des effets en cascade comme la raréfaction des transports, la hausse des prix des denrées alimentaires, l’effondrement de l’activité commerciale dans les marchés hebdomadaires, l’exode temporaire de certaines populations vers des zones plus accessibles. Des ONGs évoquent un risque de crise humanitaire silencieuse si la situation persiste.
Réalignement géopolitique et déséquilibres internes
Le durcissement de la posture diplomatique malienne traduit un repositionnement stratégique assumé. Le pays a tourné le dos à la CEDEAO, au G5 Sahel, à Barkhane et à la Minusma pour privilégier des partenaires comme la Russie, la Turquie ou le Maroc. Ce virage, qualifié de souverainiste par les autorités, est perçu par certains comme une forme d’isolement diplomatique risqué, surtout dans un contexte régional instable.
L’Algérie, quant à elle, maintient une diplomatie prudente, multilatérale et conserve un rôle majeur dans les enceintes comme l’Union africaine ou l’ONU. Son retrait des affaires maliennes, volontaire ou contraint, pourrait désorganiser les processus de paix dans le nord du Mali et rendre les acteurs armés non étatiques plus libres de leurs mouvements.
Certains analystes sont convaincus que la rupture actuelle pourrait n’être que temporaire. Des canaux indirects – notamment via l’Union africaine ou certains pays intermédiaires comme la Russie ou la Chine – pourraient servir de ponts pour une reprise du dialogue. Le maintien de certaines coopérations techniques (bourses, formations, diaspora) est souvent perçu comme une soupape de sécurité permettant d’éviter une rupture totale.
Les relations entre le Mali et l’Algérie sont au plus bas, le dialogue est gelé, la confiance brisée et les mécanismes de coopération suspendus. Pourtant, les deux pays restent liés par la géographie, l’histoire, les communautés et des défis communs tels que le terrorisme, les migrations, la circulation des armes et l’économie frontalière.
La fracture actuelle reflète autant une crise bilatérale qu’un changement profond dans les équilibres géopolitiques du Sahel. Pour que la dynamique bilatérale reparte, il faudra un signal fort, une volonté réelle d’apaisement et probablement l’implication de médiateurs extérieurs. En attendant, la crise du drone restera comme le symbole d’un divorce malien-algérien plus large qu’un simple incident militaire.
Massiré Diop
Crise Mali – Algérie : Le Sahel à l’épreuve d’une nouvelle fracture
L’incident du 1er avril 2025 entre le Mali et l’Algérie, marqué par la destruction d’un drone malien par les forces algériennes, a plongé les deux pays dans une crise diplomatique majeure. L’appareil, immatriculé TZ-98D, s’est écrasé à Tinzawatène, dans la région de Kidal, à environ 10 kilomètres au sud de la frontière. Bamako affirme que le drone n’a jamais quitté son espace aérien. Alger soutient au contraire qu’il a violé son territoire sur près de deux kilomètres.
Pour Bamako, les données de vol et l’enregistrement des coordonnées confirment que l’appareil a été abattu alors qu’il survolait encore le territoire malien, en mission de reconnaissance face à une menace terroriste. Trois jours après les faits, l’Algérie n’avait pas produit les preuves techniques réclamées. Le gouvernement malien évoque un acte d’agression prémédité, soulignant que le drone aurait pu permettre de neutraliser des cibles à haut risque.
En réaction, le Mali a convoqué l’ambassadeur d’Algérie à Bamako, protesté officiellement et pris trois mesures fortes : le retrait immédiat du Comité d’État-major Opérationnel Conjoint (CEMOC), le dépôt d’une plainte devant les instances internationales et la fermeture de son espace aérien à tous les vols en provenance ou à destination de l’Algérie. Celle-ci avait pris une mesure équivalente un peu plus tôt dans la même journée.
La Confédération des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a exprimé son soutien total au Mali. Dans son communiqué, le Collège des Chefs d’État a qualifié la destruction du drone d’attaque contre l’ensemble de l’espace confédéral. Il a rappelé ses ambassadeurs accrédités à Alger, dénonçant une tentative de déstabilisation. L’Algérie, en retour, a rappelé ses ambassadeurs à Bamako et Niamey, tout en différant la prise de fonction de son diplomate à Ouagadougou.
Ce nouvel épisode marque une rupture. Pourtant, en mars dernier, la prise de fonction de Mohamed Dolo comme nouvel ambassadeur du Mali à Alger avait été perçue comme un signal d’apaisement après plusieurs mois de brouille. Cette tentative de normalisation semble aujourd’hui caduque.
Les tensions entre les deux pays ne datent pas d’hier. L’accueil réservé à l’Imam Dicko en Algérie en 2022 puis les critiques maliennes sur le rôle d’Alger dans l’Accord de paix de 2015 avaient déjà fissuré la confiance. Le retrait officiel du Mali de cet Accord en janvier 2024 a marqué un tournant. Bamako accuse désormais Alger d’abriter et de soutenir indirectement certains groupes armés, notamment dans le nord du Mali.
Le retrait du CEMOC est aussi un symbole fort. Cette structure, basée à Tamanrasset et regroupant l’Algérie, le Mali, le Niger et la Mauritanie, visait à renforcer la coordination militaire face aux menaces transfrontalières. Même si le CEMOC était peu actif ces dernières années, son abandon traduit une volonté de rupture stratégique. L’AES semble vouloir redéfinir ses partenariats en matière de sécurité.
Au-delà du CEMOC, d’autres cadres bilatéraux sont aujourd’hui en suspens. Des accords de coopération frontalière aux échanges de renseignements, l’ensemble des mécanismes de coordination pourrait être remis en cause. Or la frontière commune de plus de 1 400 kilomètres est l’une des plus sensibles de la bande sahélo-saharienne. Sans coopération active, la surveillance de cette zone complexe deviendra quasi impossible.
Le soutien unanime de l’AES à Bamako, avec seul le Niger comme membre du CEMOC, illustre un réalignement stratégique. Le Niger, bien que n’ayant pas formellement quitté le comité, se range du côté malien dans cette affaire, ce qui isole davantage Alger dans la région.
Cette crise dépasse donc le simple différend technique. Elle traduit l’échec d’une médiation historique et la montée d’un nouveau pôle sahélien structuré autour d’objectifs sécuritaires communs. Pour Alger, la perte d’influence dans la région est tangible. Pour le Mali, c’est l’affirmation d’une souveraineté sans concession.
À court terme, les perspectives de désescalade semblent faibles. À long terme, la question centrale reste la suivante : une coopération minimale est-elle encore possible entre deux pays liés par l’histoire, la géographie et des défis sécuritaires communs ? Car une rupture totale, dans un environnement régional aussi fragile, risque de créer un vide dont seuls les groupes armés tireront profit.
Massiré Diop
Tensions diplomatiques : Le Mali et l’Algérie au bord de la rupture ?
Une nouvelle fois, le Mali et l’Algérie traversent une crise diplomatique sans précédent, amplifiée par des accusations de soutien au terrorisme portées par Bamako à l’encontre d’Alger.
Dans un communiqué diffusé ce mercredi 1er janvier 2025, le ministère malien des Affaires étrangères a dénoncé les déclarations du ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, les qualifiant d’ »ingérence flagrante ». Cette réaction intervient après une année marquée par des tensions croissantes, notamment la convocation mutuelle des ambassadeurs en décembre 2023, suivie de leur rappel par leurs gouvernements respectifs.
Les récents propos d’Ahmed Attaf, selon lesquels « le conflit au Mali nécessite une solution politique et non militaire », ont été perçus comme une critique directe de la stratégie malienne. Bamako accuse Alger de favoriser les groupes armés terroristes en leur offrant un soutien logistique et en cherchant à s’ingérer dans les affaires internes du Mali.
Dans un précédent communiqué, en janvier 2024, le Mali avait déjà pointé du doigt la « proximité et la complicité » de l’Algérie avec les groupes armés. Cette accusation revient aujourd’hui avec plus d’intensité, alors que les autorités maliennes soulignent leur détermination à lutter contre le terrorisme dans un cadre souverain et en coopération avec la Confédération AES.
Une présidence algérienne au Conseil de sécurité de l’ONU
Dans ce contexte tendu, l’Algérie a succédé aujourd’hui, 2 janvier 2025, aux États-Unis à la présidence tournante du Conseil de sécurité de l’ONU. Alger a déclaré vouloir faire de l’Afrique et du monde arabe ses priorités, notamment dans les domaines de la paix et de la sécurité. Ce positionnement pourrait peser sur la crise actuelle, l’Algérie cherchant à jouer un rôle de médiateur influent dans la région.
Une divergence de visions stratégiques
Cette crise diplomatique reflète des désaccords profonds sur la gestion de la sécurité dans la région sahélienne. Alors que l’Algérie plaide pour des solutions politiques, le Mali, appuyé par la Confédération AES, privilégie une stratégie militaire coordonnée pour restaurer la stabilité.
Bamako accuse Alger d’être un « pompier-pyromane » qui, tout en prônant le dialogue, soutiendrait en sous-main les groupes armés. Les autorités maliennes affirment n’avoir « aucune leçon à recevoir » en matière de lutte contre le terrorisme et appellent l’Algérie à résoudre ses propres crises internes, notamment la question de la Kabylie.
Un risque de rupture totale
À mesure que les accusations s’intensifient, une rupture complète des relations diplomatiques entre les deux pays semble de plus en plus envisageable. Cette crise pourrait également affecter les efforts régionaux contre le terrorisme, alors que le Sahel reste une zone de grande instabilité.
Le Mali, toutefois, réaffirme son ouverture au dialogue à condition que l’Algérie respecte pleinement sa souveraineté. Bamako insiste sur la poursuite de son combat contre le terrorisme en partenariat avec ses alliés régionaux et internationaux.
Alors que l’Algérie prend la présidence du Conseil de sécurité de l’ONU, ses priorités en Afrique et au sein du monde arabe pourraient influer sur les dynamiques régionales. Pour le Mali, cette période marque un tournant dans ses relations diplomatiques, entre tensions avec Alger et rapprochement avec ses partenaires de la Confédération AES.
La gestion de cette crise pourrait redéfinir les équilibres stratégiques dans la région sahélienne, alors que les deux nations s’affirment dans des visions de sécurité divergentes.
Mali – Algérie : Jusqu’où ira la discorde ?
Déjà tendues depuis plusieurs mois, les relations entre le Mali et l’Algérie continuent de se dégrader. Nouveau sujet de crispation entre les deux voisins, les frappes de drones menées le 25 août dernier par l’armée malienne à Tinzawatène.
Le 26 août, au lendemain de ces frappes de drones, Amar Bendjama, le représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations Unies, a appelé depuis la Suisse, lors de la table-ronde sur les 75 ans de la Convention de Genève sur le droit de la guerre, à « mettre un terme aux violations des armées privées utilisées par certains pays ».
Le diplomate algérien, qui a également déploré des victimes civiles de ces frappes et réclamé à l’ONU des sanctions contre les auteurs de ces « exactions », faisait allusion à la présence de partenaires russes aux côtés de l’armée malienne. « En Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale, nous essayons de trouver une formule concernant ces agissements et les sanctions qui en découleraient », a-t-il indiqué.
La réplique de Bamako ne s’est pas faite attendre. Dans une déclaration, le 30 août lors de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur la fourniture d’armes par les pays occidentaux à l’Ukraine, le Représentant permanent du Mali auprès des Nations Unies, Issa Konfourou, a accusé M. Bendjama d’avoir fait une affirmation « aussi grave qu’infondée », sur la base de « simples allégations de presse », et de se muer en « relais de la propagande terroriste dans notre région ».
« Je rappelle à mon collègue algérien que les forces de défense et de sécurité du Mali sont des forces professionnelles, qui mènent une lutte implacable contre les groupes terroristes dans le respect strict des droits de l’Homme et du droit international humanitaire pour libérer notre territoire et pour protéger les populations et les biens », a clamé l’ambassadeur malien.
Difficile décrispation
Depuis cette passe d’armes entre le Mali et l’Algérie à la tribune des Nations Unies, les deux pays n’ont plus affiché de positions tranchées dans la brouille qui les oppose depuis de longs mois. Mais l’heure est loin d’être à la décrispation entre Bamako et Alger. Signe des relations toujours dégradées entre les deux voisins, le Président de la Transition malien n’a jusqu’à présent pas adressé de message de félicitations au Chef de l’État algérien, Abdelmadjid Tebounne, réélu le dimanche 8 septembre dernier à la tête de l’Algérie pour un nouveau mandat.
Selon un analyste géopolitique spécialiste des questions sécuritaires au Sahel qui a requis l’anonymat, les relations entre le Mali et l’Algérie ne peuvent pas se normaliser tant que les deux pays sont dans une approche totalement opposée sur la gestion de la crise sécuritaire au Nord du Mali.
« Il faut s’attendre à une stagnation de la situation entre les deux pays. Je ne vois pas d’évolution allant dans le sens d’une décrispation, parce que d’un côté l’Algérie, qui était garante de l’Accord de paix devenu caduc, est toujours dans une posture de solutions négociées avec les rebelles touaregs, alors que de l’autre le Mali, qui taxe ces rebelles de terroristes, est plus que jamais engagé à les neutraliser dans la guerre », estime-t-il.
Mais pour notre interlocuteur, malgré cette différence de fond, les deux pays voisins n’ont pas intérêt et n’iront pas vers la rupture diplomatique. « Je pense que les autorités des deux pays n’iront pas au-delà des déclarations, du moins dans l’immédiat. Il se peut qu’un nouvel incident change la donne à l’avenir, mais je reste persuadé qu’une rupture diplomatique n’est envisagée d’aucun côté ».
En décembre dernier, les deux pays avaient rappelé pour consultation leurs différents ambassadeurs après que le Mali ait protesté contre l’invitation en Algérie de rebelles du CSP-PDA. Mais, après quelques semaines, les diplomates avaient regagné leurs postes dans les deux capitales.
Mohamed Kenouvi
FAMa : les dépenses militaires ont explosé
Selon le rapport annuel de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), dont les données font autorité concernant les dépenses militaires, le Mali a déboursé en 2023 un peu plus de 727 millions de dollars, soit un peu plus de 443 milliards de francs CFA.
Une augmentation de 24,91% par rapport à 2022, durant laquelle les dépenses ont été évaluées à 582 millions de dollars. Outre les achats d’équipements militaires, SIPRI inclut toutes les dépenses publiques pour les forces armées et les activités militaires, y compris les salaires et les avantages sociaux, les frais de fonctionnement, les infrastructures militaires, la recherche et développement, l’administration centrale, le commandement et le soutien.
Depuis ce que les autorités nomment « la rectification » de la Transition, plusieurs équipements militaires ont été achetés, sans que leurs coûts ne soient toutefois communiqués. Le Président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta, a par exemple reçu le 16 mars 2023 des aéronefs militaires de combats et de surveillance L39 et TB2. Cette remise faisait suite de celle d’une autre vingtaine d’aéronefs, livrés le 19 janvier 2023, et le lancement des travaux de construction du camp moderne de dernière génération de Bougouni, dont la pose de la première pierre a eu lieu le 14 mars 2023.
D’après un autre rapport de SIPRI paru en 2023, sur la période 2018 – 2022, la plus forte hausse des importations d’armes au sud du Sahara a été enregistrée au Mali. Plus de 210% en comparaison avec les cinq années précédentes. La Russie a été le principal fournisseur du Mali au cours de cette période. Mais le Mali s’approvisionne aussi auprès d’autres pays, notamment la Turquie, avec des drones TB2 qui font partie des fleurons en la matière. Le gouvernement en a réceptionné une vingtaine le 4 janvier dernier. Ce qui fait aussi le succès de ce drone, outre son utilisation très simple, est son prix. Selon le site spécialisé Fortune.com, il est estimé à 1 million de dollars pièce, soit un peu plus de 618 millions de francs CFA. Même si les dépenses militaires maliennes sont importantes, elles sont loin derrière celles du voisin algérien. Les dépenses militaires de l’Algérie ont augmenté de 76% pour atteindre 18,3 milliards de dollars. Il s’agit du niveau de dépenses le plus élevé jamais enregistré par l’Algérie et cela s’explique en grande partie par une forte augmentation des recettes issues des exportations de gaz vers les pays d’Europe, à mesure que ces derniers se sont éloignés des approvisionnements russes.
Soumaïla Lah : « Rien ne laissait présager des affrontements entre le CSP et le JNIM »
Le CSP et le JNIM se sont affrontés le 6 avril dernier à Nara, occasionnant des pertes des deux côtés. Comment comprendre cet affrontement inédit entre deux groupes que beaucoup d’experts présentaient comme alliés ? Est-ce un tournant ? Soumaïla Lah, Coordinateur national de l’Alliance citoyenne pour la réforme du secteur de la sécurité répond.
Plusieurs sources indiquent des affrontements entre le CSP et JNIM le 6 avril dernier à Nara. Comment l’interpréter ?
Ces affrontements sont difficiles à justifier quand on sait la collusion entre le CSP et le JNIM depuis la suspension par les groupes armés de leur participation à l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, sur fond de rétrocession des camps de la MINUSMA. Pour rappel, les deux entités, à plusieurs reprises, ont convergé pour s’opposer à la récupération des camps par les Famas. Pour autant, au regard de l’historique des relations entre elles, ce n’est pas la première fois que des alliances de circonstance sont nouées et dénouées selon le contexte du moment. Cependant, rien ne laissait présager ces affrontements entre le CSP et le JNIM au moment où le contexte est favorable à la logique de la continuité d’une alliance de circonstance. Des différents idéologiques ou territoriaux peuvent justifier ces affrontements.
Alors que la collusion était avérée entre ces deux groupes, ces affrontements marquent-ils un tournant ?
Absolument, même s’il est difficile pour l’heure d’en déterminer les tenants et les aboutissants. En 2012 déjà, ce type d’alliance avait été scellé pour finalement éclater sur fond de différents idéologiques et sécuritaires irréconciliables.
Le CSP, dont la base se trouvait au nord, notamment à Kidal, a voulu s’incruster vers Nara? Comment comprendre cette stratégie ? Pourquoi ?
Le CSP n’a plus accès à Kidal depuis un moment. Il a trouvé un point de chute aux confins de la frontière entre le Mali et l’Algérie. Cette perte de repères, perçue comme un repli stratégique, ouvre forcément la voie à la recherche de nouvelles positions. Nara est stratégique et facilite le transit entre le Mali, la Mauritanie et l’Algérie, mais c’était sans compter sur la volonté du JNIM de ne pas laisser un mouvement, fût-il un allié de circonstance, prendre position dans une zone où il a posé ses bagages depuis un moment, sa zone de confort.
Nara n’est pas loin de la frontière mauritanienne. Peut-on supposer que des combattants du CSP se réorganisent en Mauritanie plutôt qu’en Algérie ?
Nara constitue aujourd’hui un carrefour et le CSP est à la recherche de zones stratégiques pour se réorganiser. Cette hypothèse n’est donc pas à exclure.
Mahmoud Dicko : après son voyage jugé polémique en Algérie, l’imam s’explique
Dans une vidéo d’une quinzaine de minutes enregistrée le 25 décembre depuis un hôpital à Alger, l’imam Mahmoud Dicko a tenu à se justifier sur son déplacement en Algérie. Le timing du voyage de l’imam Dicko a donné lieu à de nombreuses polémiques et interprétations. Au même moment que lui, se trouvaient aussi en Algérie, les représentants des groupes signataires de l’Accord pour la Paix, qui sont dans une opposition armée avec l’Etat. L’accueil des groupes signataires n’a pas été du goût de Bamako, qui a convoqué l’ambassadeur algérien en poste au Mali pour protester contre des actes inamicaux. Même si la rencontre entre l’imam Mahmoud Dicko et le président algérien le 20 décembre n’a pas été mentionnée dans le communiqué, plusieurs observateurs estiment qu’elle a été une goutte de trop pour les autorités maliennes dont les relations avec M.Dicko sont tendues. Dans sa vidéo, l’imam Dicko assure avoir décliné à deux reprises une invitation du chef de l’Etat algérien à se rendre en Algérie. Finalement, il affirme que la troisième fois, il a accepté. Faisant le récit de son entretien avec le président algérien, il révèle que ce dernier lui a parlé de la construction de la plus grande mosquée d’Afrique dans son pays, qui en plus d’être un lieu de prière servira aussi de cadre d’échanges aux savants musulmans. « Tu as ta place » lui aurait-il dit. Le deuxième point de leur rencontre portait sur Kidal. Après la prise par l’armée malienne, le président Abdelmadjid Tebboune a souhaité que les différentes parties reviennent à la table des négociations pour mettre fin aux combats. Cette rencontre selon lui a fortement déplu aux autorités maliennes. « Cela a fait mal à certaines personnes qui en guise de représailles ont convoqué l’ambassadeur algérien pour lui demander des explications sur le fait que le président algérien a reçu un homme hostile à la transition ». Il ajoute « Heureusement qu’il a parlé du bon français car hostile à la transition ne veut pas dire hostile aux autorités de la transition. Je pose la question de savoir : allons-nous rester dans une transition qui ne finira jamais ? ». L’ancien président du haut conseil islamique assure également que depuis la prise de pouvoir officielle des colonels, il n’en a pas rencontré un seul. « Qu’est-ce qui pourrait être à l’origine de leur hostilité à mon égard » se questionne t-il. « Jamais, je ne serai l’homme qui va trahir le Mali. Si je trahis mon pays, que gagnerais-je en retour ? Où irai-je ? Tout ce que Dieu m’a donné aujourd’hui, c’est grâce au Mali ». Dicko en a aussi profité pour lancer une pique aux Politiques. « Les personnes qui m’ont utilisé pour faire chuter IBK, ont voulu m’utiliser pour s’installer à sa place. Mais je ne l’ai pas accepté. Cela a créé des tensions entre nous ».
Diplomatie : Alger rappelle son ambassadeur du Mali, Bamako applique la réciprocité
La brouille diplomatique entre Bamako et Alger est désormais officielle. Les deux pays ont décidé ce vendredi de rappeler leur ambassadeur respectif en poste pour consultation. C’est l’Algérie qui a la première a rappelé son ambassadeur, le Mali a appliqué la réciprocité quelques heures plus tard. Les relations sont tendues entre les deux voisins depuis quelques jours. L’Algérie a invité des représentants des groupes armés à des discussions sur le processus de paix. Au même moment, l’Imam Mahmoud Dicko, qui entretient des relations difficiles avec les autorités de la transition a été reçu par le président algérien. Le 20 décembre, le chef de la diplomatie malienne a donc convoqué l’ambassadeur d’Algérie au Mali pour protester contre des « actes inamicaux ». Dans la foulée, l’Algérie a aussi appliqué la réciprocité en convoquant l’ambassadeur du Mali, mais les termes employés à l’issue de cette rencontre étaient moins véhéments. L’Algérie est garante de l’Accord pour la Paix, mais est restée silencieuse lors de la reprise des hostilités entre l’armée et la CMA. Elle s’active depuis quelques jours pour tenter de relancer le processus. Cette brouille diplomatique inédite entre les deux pays intervient à un moment où l’armée malienne a procédé à des frappes de drones à Tinzawaten, à la frontière algérienne, neutralisant Hassan Ag Fagaga, une figure de la rébellion touarègue, déserteur de l’armée malienne. Le Mali est aussi invité à prendre part sur invitation du Maroc à une réunion ministérielle de concertation visant à favoriser l’accès des Etats du Sahel à l’Océan Atlantique. Le Maroc et l’Algérie sont depuis plusieurs années des « ennemis ».
Niger : fin de l’ultimatum de la CEDEAO, l’espace aérien fermé
Selon une publication sur le compte officiel des FAMa ce lundi 7 août, le Mali et le Burkina Faso ont envoyé une délégation au Niger conduite par le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, le Colonel Abdoulaye Maiga. Cette visite intervient alors que l’ultimatum adressé le 30 juillet par la CEDEAO aux militaires pour rétablir dans ses fonctions le président Mohamed Bazoum a expiré hier dimanche. Quelques heures avant la fin de l’ultimatum, le CNSP a annoncé la fermeture de l’espace aérien nigérien face selon eux « face à la menace d’intervention qui se précise à partir des pays voisins ». Le CNSP précise que « toute tentative de violation de l’espace aérien » entraînera « une riposte énergique et instantanée ». Il affirme également qu’un « prédéploiement pour la préparation de l’intervention a été faite dans deux pays d’Afrique centrale », sans préciser lesquels. « Tout Etat impliqué sera considéré comme cobelligérant », ajoute-t-il. Le conseil national pour la défense de la patrie a également lancé un appel aux Nigériens afin de se tenir prêts pour la défense de la patrie. Le même dimanche, près de 30 000 personnes se sont rassemblées dans le plus grand stade de Niamey pour soutenir le coup d’Etat et le CNSP. Vendredi 4 août, à l’issue d’une réunion de trois jours des chefs d’état-major, la CEDEAO a assuré que les contours d’une possible ont été définis. Toutefois, d’après des médias nigérians, le Sénat a appelé le président Bola Tinubu à « encourager les autres dirigeants de la CEDEAO à renforcer l’option politique et diplomatique ». Toujours selon les médias nigérians, une intervention militaire sans l’aval du Sénat serait une violation de la Constitution nigériane. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune rejette également le recours à la force. “L’option militaire n’a jamais été une solution, regardez ce que cela a produit en Syrie et en Libye” a t-il prévenu samedi 5 août. Un nouveau sommet extraordinaire de la CEDEAO sur la situation au Niger se tiendra ce 10 août.
Accord pour la paix : le président algérien reçoit les représentants des groupes armés signataires
Le Président algérien Abdelmadjid Tebboune, a reçu dimanche à Alger les chefs et les représentants des groupes armés signataires de l’accord pour la Paix dont l’Algérie est garante et qui patine depuis plusieurs années.
L’audience s’est déroulée au siège de la Présidence de la République en présence du ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, M. Ramtane Lamamra et du directeur de Cabinet à la Présidence de la République, M. Abdelaziz Khellaf. Se félicitant du rôle que joue l’Algérie dans « la résolution des problèmes au Mali », le porte-parole de la délégation a indiqué que la rencontre avait permis de souligner l’engagement ferme de l’Algérie en faveur d’une « nouvelle dynamique de paix dans la région ». La CMA dans un communiqué a dit avoir évoqué ses attentes et ses priorités, et élaboré «des pistes de solutions pouvant aider à sortir de l’impasse et du statu quo actuel». Fin décembre 2022, les groupes armés signataires ont suspendu leurs participation au processus de mise en œuvre et de suivi de l’accord. Ils réclament entre autres la tenue d’une réunion en terrain neutre pour statuer sur l’avenir de l’accord. Les autorités de la transition rejettent l’idée d’une réunion hors du Mali.
Affaire Amira Bouraoui : Alger rappelle son ambassadeur à Paris
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a décidé ce mercredi de rappeler « pour consultations » son ambassadeur en France, à la suite de « l’exfiltration » de la militante et journaliste Amira Bouraoui via la Tunisie, lundi soir, a annoncé la présidence dans un communiqué.Cette convocation fait suite à la note officielle où l’Algérie avait exprimé à l’ambassade de France à Alger « sa condamnation de la souveraineté nationalité par des personnels diplomatiques, consulaires et de sécurité relevant de l’État français qui ont participé à une opération clandestine et illégale d’exfiltration d’une ressortissant algérienne dont la présence physique sur le territoire national est
prescrite par la justice algérienne ».
Dans cette note, Alger « rejette ce développement qui cause un grand dommage aux relations algéro-françaises, comme inadmissible et inqualifiable ».
La France est pointée du doigt pour avoir protégé la journaliste de Radio M et militante franco-algérienne Amira Bouraoui, celle-ci ayant quitté le territoire algérien pour se rendre en Tunisie, par crainte d’être arrêtée par les autorités algériennes.
La Franco-algérienne faisait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire en Algérie. Elle avait été interpellée par la police tunisienne alors qu’elle cherchait à prendre un avion pour la France. Une juge l’avait remise en liberté lundi mais elle avait ensuite été emmenée par des policiers tunisiens avant d’obtenir la protection du consulat français à Tunis et d’embarquer par la suite sur un vol à destination de la France.
Chan 2023 : le Sénégal sur le toit de l’Afrique
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Le Sénégal a réalisé samedi soir l’exploit de remporter le Championnat d’Afrique des nations (Chan) de football au bout d’une finale époustouflante face à l’Algérie, battue aux tirs au but (4-5).Le Sénégal entre une nouvelle fois dans l’histoire du football africain. A deux jours du premier anniversaire du trophée de la Coupe d’Afrique des nations (Can) remporté en 2022 au Cameroun par leurs aînés, les Lions locaux sénégalais se sont imposés samedi 4 février en finale de la septième édition du Championnat d’Afrique des nations (Chan) face aux Fennecs d’Algérie, pays organisateur de cette compétition réservée aux joueurs évoluant dans les championnats de leur pays.
Le sort du match a été décidé à l’issue des tirs au but (4-5) après un match âprement disputé au stade Nelson Mandela d’Alger, plein à craquer. Les deux équipes n’ont pas marqué le moindre but après les 120 minutes disputées dans cette rencontre riches en duels.
Les protégés du sélectionneur Pape Thiaw ont livré un match solide sans parvenir à concrétiser leurs occasions. Inefficaces devant, les partenaires du milieu Lamine Camara, élu homme du match, ont géré physiquement, tactiquement et mentalement la partie même s’ils ont été inquiétés en fin de prolongations par les assauts algériens. Mais avec la présence de l’imposant Pape Mamadou Sy, nommé meilleur gardien de but du Chan, les Sénégalais sont parvenus à garder leurs cages inviolées jusqu’à l’étape fatidique des tirs au but.
Face au premier tireur algérien, Akram Djahnit, le gardien de Génération Foot, le club qui a formé Sadio Mané, Ismaila Sarr et bien d’autres Lions de l’équipe A, prend le dessus avant d’être sanctionné parce qu’il n’avait pas un de ses pieds sur sa ligne de but. Le joueur algérien se reprend et marque, relançant la partie après le premier but du Sénégal.
Les joueurs suivants l’imitent jusqu’au quatrième tireur sénégalais, le capitaine Cheikhou Oumar Ndiaye, qui envoie le ballon sur la barre transversale. Mais les Sénégalais gardent leur sang-froid. Ils reprennent même confiance après qu’Aimen Mahious, meilleur buteur du Chan avec cinq réalisations dont deux sur penalty, rate carrément sa tentative mollement tirée.
Le Sénégal assure son sixième tir avec le défenseur de Teungueth FC, Ousmane Diouf, avant de voir la frappe d’Ahmed Kendouci échouer sur la barre transversale, permettant aux Lions locaux de remporter leur premier trophée dans cette compétition à laquelle ils prennent part pour la troisième fois.
« Après la Can, le Sénégal remporte la coupe du Chan ! Chaleureuses félicitations aux vaillants Lions locaux et à leur encadrement pour cette victoire historique qui couronne un parcours héroïque. Chers lions, vous êtes entrés dans l’histoire ! La Nation entière est fière de vous », a réagi le président Macky Sall sur sa page Twitter.
En plus du Chan et de la Can, le Sénégal a remporté en 2022 la Coupe d’Afrique des nations de football de plage, le tournoi de l’Union des fédérations ouest-africaines (Ufoa-A) des joueurs de moins de 20 ans et le tournoi de l’Ufoa-A chez les dames (UFOA-A) en janvier dernier, témoignant de la bonne santé du football sénégalais.
Croissance économique : l’Afrique devant le reste du monde en 2023 et 2024
Dans son rapport semestriel, la Banque africaine de développement (Bad) estime à environ 4 % en moyenne le Produit Intérieur Brut réel du continent noir en 2023-2024.L’Afrique n’est pas toujours le dernier de la classe. Si les moyennes du reste de la planète devraient s’établir à 2,7 et 3,2 % en 2023-2024, ledit continent table sur une croissance d’environ 4 % de son Produit Intérieur Brut (PIB) réel.
Grâce à une analyse complète de la croissance régionale, le rapport semestriel de la Banque africaine de développement (Bad), publié hier jeudi, a montré que « les cinq régions du continent, confrontées à d’importants vents contraires résultant des chocs socio-économiques mondiaux, restent résilientes avec des perspectives stables à moyen terme ».
D’après le document, « la croissance moyenne estimée du PIB réel en Afrique a ralenti à 3,8 % en 2022, contre 4,8 % en 2021, dans un contexte de défis majeurs consécutifs au choc de la Covid-19 et à l’invasion de l’Ukraine par la Russie ». Néanmoins, a ajouté la source, 53 des 54 pays de l’Afrique ont affiché une croissance positive et « les perspectives pour 2023-2024 devraient être stables », indique la Bad.
Cinq économies africaines, parmi les plus dynamiques du monde avant la pandémie du nouveau coronavirus, devraient connaître une croissance de plus de 5,5 % en moyenne en 2023-2024. Il s’agit du Rwanda (7,9 %), de la Côte d’Ivoire (7,1 %), du Bénin (6,4 %), de l’Éthiopie (6,0 %) et de la Tanzanie (5,6 %). D’autres pays africains, sur la période considérée, devraient enregistrer une croissance supérieure à 5,5 % : République démocratique du Congo (6,8 %), Gambie (6,4 %), Libye (12,9 %), Mozambique (6,5 %), Niger (9,6 %), Sénégal (9,4 %) et Togo (6,3 %).
Les cinq régions africaines dans le vert
Dans le détail, la croissance en Afrique centrale, soutenue par des cours favorables des matières premières, a été la plus rapide du continent à 4,7 % contre 3,6 % en 2021. À l’opposé, la croissance de l’Afrique australe est celle qui a le plus ralenti, passant de 4,3 % en 2021 à environ 2,5 % en 2022. « Ce ralentissement résulte de la faiblesse de la croissance en Afrique du Sud, où la hausse des taux d’intérêt, la faiblesse de la demande intérieure et les coupures de courant persistantes ont pesé sur l’économie », a expliqué l’institution financière.
En Afrique de l’Ouest, la croissance devrait passer à 3,6 % en 2022 contre 4,4 % en 2021. « Cela tient à des ralentissements en Côte d’Ivoire et au Nigeria, les deux plus grandes économies de la région. La croissance du Nigeria en 2023 – bien qu’affectée par la Covid-19, l’insécurité et la faiblesse de la production pétrolière malgré la hausse des prix internationaux de l’or noir – pourrait bénéficier des efforts en cours pour rétablir la sécurité dans la région productrice de pétrole en proie à des troubles », a avancé le document.
La croissance de l’Afrique du Nord devrait baisser de 1,1 %, passant de 5,4 % en 2021 à 4,3 % en 2022 à cause « de la forte contraction en Libye et de la sécheresse au Maroc », mais elle devrait se stabiliser à 4,3 % en 2023 grâce au « fort rebond attendu dans ces deux pays et une croissance soutenue ailleurs dans la région ».
Pour l’Afrique de l’Est, la Bad s’attend à 4,2 % de croissance en 2022 contre 5,1 % en 2021. « Bien que la structure de production (de cette partie du continent) soit relativement diversifiée, les pays de la région, en grande partie des importateurs nets de produits de base, subissent de plein fouet la hausse des prix internationaux, en plus des chocs climatiques récurrents et de l’insécurité, notamment dans la Corne de l’Afrique », a relevé l’institution dont le siège se trouve à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
« Avec 54 pays à différents stades de croissance, différentes structures économiques et diverses dotations en ressources, les effets des chocs mondiaux varient toujours en fonction de la région et du pays. Le ralentissement de la demande mondiale, le durcissement des conditions financières et la perturbation des chaînes d’approvisionnement ont donc eu des répercussions différentes sur les économies africaines », a déclaré Akinwumi Adesina, le président du Groupe de la Bad.
De son côté, l’économiste Jeffrey Sachs, directeur du Centre pour le développement durable de l’université de Columbia (États-Unis), a fait savoir que « l’Afrique peut et va atteindre une croissance de 7 % ou plus par an de manière constante dans les décennies à venir. Ce que nous verrons, en nous fondant sur la résilience que nous constatons dans ce rapport, c’est une véritable accélération du développement durable de l’Afrique, qui fera du continent la composante à croissance rapide de l’économie mondiale. L’Afrique est l’endroit où il faut investir ».
Décisions audacieuses pour atténuer les risques
La Banque africaine de développement a appelé « à des mesures monétaires et fiscales robustes, soutenues par des politiques structurelles » à l’échelle nationale, régionale et mondiale face aux risques cumulés.
Ceux-ci « comprennent la flambée des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, le durcissement des conditions financières mondiales et l’augmentation connexe des coûts du service de la dette intérieure. Les changements climatiques – avec leurs effets néfastes sur l’approvisionnement en denrées alimentaires et le risque potentiel d’un changement de politique dans les pays où se tiendront des élections en 2023 – représentent des menaces tout aussi redoutables », a prévenu l’institution financière, non sans préciser les mesures fortes nécessaires.
Il y a « un resserrement rapide et agressif de la politique monétaire dans les pays à forte inflation, et un resserrement modéré dans les pays où les pressions inflationnistes sont faibles », « le renforcement de la résilience grâce à la stimulation du commerce intra-africain afin d’amortir les effets de la volatilité des prix des produits de base sur les économies », « l’accélération des réformes structurelles pour renforcer les capacités de l’administration fiscale et investir dans la numérisation et la gouvernance électronique afin d’améliorer la transparence, de réduire les flux financiers illicites et d’accroître la mobilisation des ressources intérieures ».
Mais aussi « l’amélioration de la gouvernance institutionnelle et l’adoption de politiques susceptibles de mobiliser les financements du secteur privé, en particulier dans le cadre de projets entièrement nouveaux, à l’épreuve des changements climatiques et des pandémies, et mobiliser les ressources de l’Afrique pour un développement inclusif et durable », « la prise de mesures décisives pour réduire les déficits budgétaires structurels et l’accumulation de la dette publique dans les pays confrontés à un risque élevé de surendettement ou déjà en situation de surendettement ».
Coupe du monde des clubs : quatre arbitres africains choisis par la Fifa
Les villes marocaines de Tanger et Rabat accueilleront, du 1er au 11 février 2023, la compétition intercontinentale.Ce lundi, la Fédération internationale de football association (Fifa) a publié la liste des arbitres qui officieront lors de la Coupe du monde des clubs, Maroc 2022. « Celle-ci, dressée en étroite collaboration avec les confédérations, comprend 26 arbitres, dont 6 centraux, 12 assistants et 8 arbitres vidéo », indique un communiqué de l’instance faîtière du foot mondial.
L’Afrique sera représentée par l’Algérien Mustapha Ghorbal (arbitre central), son compatriote Mokrane Gourari (assistant), le Tunisien Khalil Hassani (assistant) et le Marocain Redouane Jiyed (assistance vidéo à l’arbitrage).
Avant le démarrage du tournoi, dont le tirage au sort a été effectué vendredi dernier à Salé, au Maroc, « tous les arbitres participeront à un séminaire de préparation organisé le 27 janvier à Rabat », ajoute le document.
Wydad Athletic Club (Maroc, Afrique), Al-Hilal SFC (Arabie saoudite, Asie), Seattle Sounders (États-Unis, Amérique du Nord), CR Flamengo (Brésil, Amérique du Sud), Auckland City FC (Nouvelle Zélande, Océanie), Real Madrid (Espagne, Europe) et Al Ahly (Égypte, Afrique) sont les clubs en lice.
Chan 2023 : l’Algérie bat d’entrée la Libye
Un seul but a suffi au bonheur des Fennecs, vendredi soir au stade Nelson Mandela d’Alger, face aux Chevaliers de la Méditerranée.Le Championnat d’Afrique des nations (Chan) de football, compétition réservée aux joueurs évoluant dans leur pays, a commencé par un succès du pays hôte sous les yeux de Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine de football (Caf) et de Gianni Infantino, président de la Fédération internationale de football association (Fifa).
Après une cérémonie d’ouverture riche en sons et en couleurs, l’Algérie a vaincu sur le score d’un à zéro la Libye, vainqueur de l’épreuve en 2014, en Afrique du Sud. Le succès des troupes du sélectionneur Madjid Bougherra a mis du temps à se dessiner. Car les Chevaliers de la Méditerranée, à défaut d’être tranchants en attaque, ont bien défendu en première période.
Dans le début du second acte, l’Algérie a buté sur une formation compacte et rigoureuse. Mais sur une passe en retrait mal assurée de l’un de ses défenseurs, le gardien libyen, Muad Allafi, a maladroitement taclé Aymen Mahious dans la surface de réparation.
Abongile Tom, l’arbitre sud-africain de la partie, a alors désigné le point de penalty. L’avant-centre ayant subi la faute s’est fait justice lui-même en prenant à contre-pied le portier adverse (57′).
Coachés par le Français Corentin Martins, les Chevaliers de la Méditerranée, après ce coup du sort, ont plus d’une fois inquiété Alexis Guendouz. Battu sur une reprise du gauche du capitaine Ali Ramadhan Ali suite à un corner, le dernier rempart algérien a été sauvé par son poteau.
Jusqu’à la dernière seconde du temps additionnel, l’Algérie a tremblé avec son public. Au coup de sifflet final, d’aucuns ont ainsi laissé exploser leur joie pour fêter un triomphe qui lance idéalement les Fennecs dont l’entraîneur a remporté la Coupe arabe de la Fifa en décembre 2021 au Qatar.
Chan 2023 : la course à la succession du Maroc lancée ce vendredi
Sans le double tenant du titre, le Championnat d’Afrique des nations de football verra dix-sept sélections se disputer le trophée.L’Algérie accueille, du 13 janvier au 4 février 2023, l’unique compétition internationale réservée aux footballeurs locaux. Pendant près d’un mois, le ballon officiel du tournoi confectionné par l’équipementier Umbro, « Marhaba » signifiant « Bienvenue » en arabe, roulera à Alger, Annaba, Constantine et Oran.
Et tout un pays vibrera au rythme des matchs de la 7ème édition du Championnat d’Afrique des nations (Chan) de football. Depuis 1990, les terres de Rabah Madjer et Riyad Mahrez n’avaient abrité une compétition d’une telle envergure.
« L’Algérie a gagné le pari des infrastructures. J’ai pu visiter les quatre sites qui seront dédiés au Chan. Ces stades sont d’un standing mondial », a déclaré hier mercredi, en conférence de presse, Veron Mosengo-Omba, le Secrétaire Général de la Confédération africaine de football (Caf).
Le pays hôte et la Libye lanceront les hostilités ce vendredi au stade Nelson Mandela. Une enceinte neuve de 40.000 places située à Baraki, dans la banlieue de la capitale algérienne. La finale du Chan s’y jouera aussi.
« Pour la première fois, a indiqué M. Mosengo-Omba, 28 caméras capteront tous les moments sur le terrain et 66 pays vont diffuser ce tournoi. Cela démontre l’intérêt suscité désormais par cette joute » qui constitue une vitrine pour des joueurs rêvant de monnayer leur talent en Europe, cœur battant du football mondial.
De plus, l’assistance vidéo à l’arbitrage (Var) sera utilisée lors de toutes les rencontres. Parmi les équipes qualifiées, Madagascar est la seule qui fera ses grands débuts dans la compétition. Les autres sont pour la plupart au rendez-vous à chaque édition. Onze des dix-sept sélections sur la ligne de départ ont au moins une fois atteint les demi-finales.
Cette année, les techniciens locaux seront au nombre de quinze sur les bancs de touche. Un nouveau record ! Le Maroc pouvait davantage entrer dans l’histoire. Mais sauf retournement de situation, le double tenant du titre ne défendra pas son « bien ».
« La sélection marocaine de football n’est pas en mesure de faire le déplacement à Constantine (Algérie) » parce que « l’autorisation définitive de son vol Royal Air Maroc (RAM) de Rabat vers Constantine n’a pas été confirmée » par la Caf, a annoncé ce jeudi, dans un communiqué, la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF).
Une situation découlant de l’interdiction pour les avions marocains de survoler l’espace aérien algérien en vigueur à partir de septembre 2021. « Les pays sont souverains. Ces derniers jours, nous avons essayé de parler avec chaque partie. Les complications étaient là avant que je devienne président. Il ne faut pas que la politique s’implique dans le football. Des décisions seront prises selon les règles qui régissent la Caf », a réagi le Sud-Africain Patrice Motsepe, patron de l’instance faîtière du foot africain.
Les différents groupes du Chan 2023 :
Groupe A : Algérie (pays hôte), Éthiopie, Libye et Mozambique.
Groupe B : République démocratique du Congo, Côte d’Ivoire, Sénégal et Ouganda.
Groupe C : Ghana, Madagascar, Maroc (retrait) et Soudan.
Groupe D : Angola, Mali et Mauritanie.
Groupe E : Cameroun, Congo et Niger.
Foot en Algérie : Rayan Aït-Nouri et Houssem Aouar en approche
Le latéral gauche et le milieu offensif, ayant aussi la nationalité française, auraient finalement opté pour les Fennecs.Sortie au premier tour de la Coupe d’Afrique des nations 2021 malgré son statut de tenante du titre et absente du Mondial 2022, l’Algérie veut se donner les moyens de revenir en force. Djamel Belmadi, le sélectionneur national, travaille avec son staff à renforcer son groupe dans tous les secteurs.
L’annonce de Djahid Zefizef, président de la Fédération algérienne de football (Faf), devrait donc lui faire plaisir. « Houssem Aouar (24 ans) nous a donné son accord pour rejoindre la sélection algérienne » a-t-il indiqué sur la radio Chaîne 3 (publique). Il en serait de même pour Rayan Aït-Nouri (21 ans).
Milieu de terrain de l’Olympique Lyonnais (Ligue 1 française), le premier nommé a une fois joué sous les ordres de Didier Deschamps. C’était le 7 octobre 2020 à l’occasion d’un match amical entre la France et l’Ukraine (7-1). Le second, sociétaire de Wolverhampton (Premier League anglaise), a évolué dans les équipes de France des moins de 18, 19 et 20 ans.
Outre ces deux joueurs, M. Zefizef a assuré que des discussions sont en cours avec l’attaquant franco-algérien Amine Gouiri (22 ans), mais « rien n’est encore décidé ».
CHAN 2023 : quelles chances pour le Mali ?
Le sélectionneur national Nouhoum Diané a dévoilé lundi 2 janvier sa liste des 26 joueurs retenus pour le CHAN Algérie 2023. Une compétition dans laquelle les Aigles locaux ambitionnent de faire mieux que la finale perdue en 2021 au Cameroun.
La sélection nationale locale est arrivée ce mercredi 4 janvier en Tunisie pour un stage de préparation de 10 jours au cours duquel le groupe va disputer quelques matchs amicaux.
Pour la 7ème édition de cette compétition réservée uniquement aux joueurs évoluant sur le continent, le Mali pourrait mieux faire que lors de l’édition précédente où il s’est incliné contre le Maroc en finale.
Pour plusieurs analystes sportifs, la sélection possède plusieurs atouts et devrait avoir des chances d’aller loin dans le tournoi.
« Je pense que la force de l’équipe reste le collectif qu’a pu se créer Nouhoum Diané. On a vu que depuis le départ il a gardé le même groupe à l’exception de 2 ou 3 joueurs qui n’étaient pas dans le premier lot mais qui ont également de la valeur à ajouter »», confie le journaliste et consultant sportif Drissa Niono.
« Aujourd’hui Hamala Diakité monte en puissance. Depuis le début de la saison c’est un maillon essentiel de la formation de l’AS Real leader du championnat. Il y a également Sada Diallo qui était sur une très bonne ascendance mais qui a eu des difficultés depuis quelques mois à cause des blessures », poursuit –il. Pour lui, l’équipe dispose de joueurs techniques qu’il faut, et qui peuvent également beaucoup batailler au milieu de terrain à l’instar de Moussa Coulibaly ou Fady Coulibaly.
Au moins une dizaine de joueurs du groupe en sont à leur premier CHAN. Une situation qui pourrait constituer une entrave mais qui ne serait pas sans solution. A en croire Drissa Niono, ce qui pourrait être l’une des difficultés est la clé tactique en défense qui sera mise au point par le sélectionneur.
« J’ai des inquiétudes au niveau de la défense notamment la complémentarité entre Barou Sanogo et Emile Koné. Mais je crois que si les deux arrivent à faire 2 ou 3 matchs ensemble en préparation à Tunis, cela peut permettre de retrouver cette complémentarité », indique celui qui soutient par contre qu’en attaque, l’équipe dispose de joueurs d’expérience qui peuvent marquer de buts.
De son côté, Amadiar Traoré, journaliste sportif, partage les mêmes inquiétudes sur le plan défensif. « Le sélectionneur aura beaucoup de difficulté surtout au niveau de l’axe de la défense pour trouver une paire qui vont combiner durant toute la compétition. Pour faire une compétition exceptionnelle, il faut avoir une solidité extraordinaire avec un bon gardien de but », souligne-t-il.
Selon lui pour que le Mali soit capable d’aller chercher ce trophée qui le fuit depuis quelques années, il faudra que les joueurs soient être aguerris sur tous les plans, physique, mental et technique et savoir respecter le schéma technique de jeu proposé par le staff
Pour ce championnat d’Afrique des Nations qui débute le 13 janvier, le Mali joue son premier match le 16 janvier face à l’Angola avant d’en découdre le 24 janvier avec la Mauritanie. Dans ce groupe D à 3, seul le premier se qualifie pour le prochain tour.



