Après une campagne numérique consacrée aux cancers féminins, Solidaris223 a réuni professionnels de santé et associations à Bamako. La rencontre a également permis de dépister 48 femmes et de vacciner 30 filles contre le HPV.
La 7ᵉ conférence annuelle de Solidaris223 s’est tenue le 17 octobre 2026 à l’Azalaï Hôtel Bamako. Les communications sur la prévention ont été accompagnées d’une séance gratuite de dépistage du cancer du col de l’utérus et d’une vaccination contre le papillomavirus humain (HPV).
Parmi les 48 femmes dépistées, trois ont présenté des résultats nécessitant des examens complémentaires. Elles ont été orientées vers les services de santé pour un suivi. Trente filles âgées de 10 ans ont, de leur côté, reçu le vaccin contre le HPV.
Présidente de Solidaris223, Amina Dicko a présenté le bilan de la campagne numérique menée du 1er au 15 octobre avec SankoréLabs et le Collectif des associations de lutte contre les cancers du sein et du col de l’utérus. Selon les chiffres communiqués, les contenus ont touché 954 955 personnes, enregistré près de 1,9 million de vues et suscité plus de 80 000 interactions. La campagne a circulé au Mali et dans plusieurs autres pays africains.
Les cancers du sein et du col de l’utérus restent les plus fréquents chez les Maliennes. Selon les estimations de GLOBOCAN 2024, le pays aurait enregistré 2 554 nouveaux cas de cancer du sein et 1 217 décès. Pour le cancer du col de l’utérus, 2 042 nouveaux cas et 1 242 décès sont estimés sur la même période. Ensemble, ces deux maladies représentent un peu plus de la moitié des nouveaux cancers recensés chez les femmes.
Vaccination
Les échanges ont largement porté sur la vaccination contre le HPV, introduite dans le Programme élargi de vaccination en novembre 2024. Elle est gratuite pour les filles de 10 ans et disponible dans les centres de santé. Des agents de santé peuvent également se déplacer dans les écoles et les communautés.
Cette gratuité facilite l’accès à un vaccin dont une dose était estimée à environ 150 000 francs CFA dans les officines privées lors de son introduction, selon Gavi. Entre janvier et septembre 2025, plus de 145 000 filles de 10 ans avaient été vaccinées. Parmi elles figuraient environ 32 400 filles non scolarisées.
Le professeur Ibrahim Téguété a expliqué le rôle du HPV dans l’apparition du cancer du col de l’utérus et l’intérêt de vacciner les filles avant une éventuelle exposition au virus. Une dose est administrée à la plupart des bénéficiaires. Les filles immunodéprimées doivent en recevoir une seconde six mois plus tard. La vaccination ne remplace toutefois pas le dépistage à l’âge adulte.
Proximité
Une partie des discussions a concerné les réticences de certains parents, les fausses informations sur le vaccin et les difficultés à atteindre les filles qui ne fréquentent pas l’école. Les organisations de la société civile ont été invitées à travailler avec les agents de santé, les familles et les responsables communautaires pour mieux expliquer la vaccination.
Amina Dicko a insisté sur la continuité de ce travail. « Aucune femme ne devrait affronter la maladie seule », a-t-elle déclaré. Elle souhaite que les associations participent davantage à l’information, à l’orientation des malades et à l’accompagnement des familles.
Solidaris223 annonce la poursuite de ses activités de sensibilisation, de dépistage et de vaccination dans plusieurs localités. Une nouvelle séance de suivi est prévue en février 2027.




