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Une Zahra : des cheveux crépus à l’entrepreneuriat culturel

Créatrice de contenu malienne installée au Canada, Nana Zahra Haidara, connue sous le nom d’Une Zahra, s’est fait connaître en…

Créatrice de contenu malienne installée au Canada, Nana Zahra Haidara, connue sous le nom d’Une Zahra, s’est fait connaître en parlant de cheveux crépus, de soins naturels et d’acceptation de soi. Quelques années plus tard, cet univers numérique s’étend à des programmes capillaires, des activités de transmission et une marque de bijoux inspirée des héritages africains.

En 2024, Journal du Mali racontait déjà son parcours sous l’angle de l’amour de soi et de la valorisation des cheveux naturels. À l’époque, Une Zahra expliquait vouloir combattre les idées reçues autour des cheveux afro et transmettre les gestes qu’elle avait elle-même appris au fil de son parcours. Deux ans plus tard, cette ligne reste présente, mais son activité s’est élargie.
Sur Instagram, son compte @unezahra rassemble aujourd’hui environ 366 000 abonnés, selon les données disponibles sur Social Blade. Son dossier de presse revendique, pour l’ensemble de ses plateformes, plus d’un million d’abonnés et plus de 10 millions de vues mensuelles. Ces deux derniers chiffres sont communiqués par la créatrice elle-même.
Communauté
Une Zahra a progressivement structuré son contenu autour de rendez-vous suivis par sa communauté. Son mouvement Afro Love met l’accent sur l’acceptation des cheveux crépus et leur entretien. En 2024, le challenge NappyGrin proposait déjà aux participantes de suivre des routines régulières. L’expérience a été simplifiée en 2025 avant de se décliner en 2026 en plusieurs parcours, dont un programme destiné aux personnes portant des locs.
Les outils qu’elle diffuse actuellement vont des routines adaptées à différents types de cheveux à des guides, des programmes de suivi et une « Méthode Une Zahra ». Ses publications récentes continuent de rencontrer une audience importante. Un relevé réalisé par TokCount sur dix publications TikTok faisait récemment état de 8,6 millions de vues cumulées et de plus de 750 000 interactions.
Cette activité virtuelle trouve aussi des prolongements hors des réseaux sociaux. À Bamako, lors de l’édition 2025 de Bamako.ai, Zahra Haidara a animé un atelier consacré aux soins capillaires et au bien-être. Le programme associait recettes traditionnelles, gestes de soin et savoirs issus des cultures locales.
Entreprendre
La création de contenu n’est désormais qu’une partie de son activité. Une Zahra est également à l’origine de TR.I.BU, une marque de bijoux qui s’inspire de l’artisanat et des références culturelles africaines.
Sur sa boutique en ligne, les créations portent notamment des noms comme Kita, Douentza, Dioïla, Mopti, Bamako ou Yélen. Colliers, bagues, boucles d’oreilles et bayas composent l’essentiel de l’offre. La marque met en avant le travail artisanal, la transmission et la place du bijou comme élément d’identité autant que comme accessoire.
Une Zahra travaille parallèlement au développement de produits destinés aux cheveux texturés. Son activité se situe ainsi à la rencontre de plusieurs univers : création numérique, beauté, commerce et références culturelles africaines.
Transmission
Cette évolution distingue aussi son parcours de celui d’une influenceuse centrée uniquement sur la production de contenus sponsorisés. Les supports développés au fil des années reposent largement sur des routines, des conseils et des rendez-vous collectifs destinés à maintenir une communauté active dans la durée.
Le passage du contenu gratuit à des produits, des programmes et une marque commerciale montre cependant une autre dimension du métier de créateur numérique : une audience peut progressivement devenir la base d’une activité entrepreneuriale.
Pour Une Zahra, les cheveux crépus restent le point de départ. Mais autour de cette question se sont ajoutés, avec le temps, l’estime de soi, la transmission des savoirs et la création d’activités commerciales inspirées de références africaines. Une évolution qui raconte aussi la manière dont certains créateurs de contenu transforment aujourd’hui leur présence numérique en projets économiques structurés.
Massiré Diop

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