Orpailleurs venus de Guinée : Bamako face à l’afflux

Contraints de quitter plusieurs sites d’orpaillage de Siguiri, en Guinée, des milliers de ressortissants étrangers ont rejoint le Mali depuis…

Contraints de quitter plusieurs sites d’orpaillage de Siguiri, en Guinée, des milliers de ressortissants étrangers ont rejoint le Mali depuis le début de la semaine. À Bamako, leur arrivée mobilise les autorités maliennes et burkinabè pour organiser leur accueil et leur retour.

« Nous sommes en famille au Mali, mais notre souhait est de rentrer chez nous », confie Yacouba Sawadogo, orpailleur burkinabè arrivé après avoir quitté la Guinée.
Depuis le 29 octobre, les autorités guinéennes ont suspendu l’orpaillage artisanal dans la région de Siguiri, invoquant la dégradation de l’environnement, la pollution des cours d’eau et l’utilisation de machines incompatibles avec l’exploitation artisanale. Plusieurs sites ont fermé, poussant de nombreux étrangers au départ.
Devant l’ambassade du Burkina Faso à Bamako, des centaines de personnes, dont des femmes et des adolescents, attendaient mercredi leur rapatriement.
Yacouba Sawadogo affirme avoir quitté un site situé à une quinzaine de kilomètres de Siguiri après une opération menée sans préavis. Il évoque des machines détruites ou brûlées, des vols et des violences.
Ces accusations n’ont pas été confirmées par les autorités guinéennes, qui assurent que les opérations visent l’orpaillage illégal et doivent respecter les droits humains.
L’étudiant de l’Université Joseph Ki-Zerbo dit avoir travaillé dans l’orpaillage faute d’autres revenus. Selon lui, différentes contributions prélevées sur les sites réduisaient les gains des travailleurs. Son objectif est désormais de rejoindre le Burkina Faso et de retrouver sa famille.
À Bamako, les besoins immédiats concernent l’alimentation, l’hébergement et le transport. Le passage par le Mali s’explique aussi par l’itinéraire terrestre et par le fait que l’ambassade burkinabè à Bamako couvre également la Guinée.
Mobilisation
Face à l’afflux, le Centre de coordination et de gestion des crises a tenu une réunion d’urgence et annoncé des dispositions pour accueillir les personnes concernées puis organiser leur acheminement vers leurs pays d’origine.
Le Burkina Faso a, de son côté, dépêché une délégation ministérielle à Bamako. L’Amicale des travailleurs burkinabè au Mali a lancé un appel aux contributions. Selon son Président, Jean-Paul Ouattara, des cars ont été mobilisés.
André Ouédraogo, membre de l’Association des ressortissants burkinabè au Mali, indiquait mercredi qu’une dizaine de bus avaient déjà quitté Bamako pour Ouagadougou.
Siaka Ouattara, installé au Mali depuis cinq ans, appelle à une réponse plus large. « C’est une situation humanitaire qui doit être prise en charge comme toute autre », estime-t-il, souhaitant une mobilisation des organisations humanitaires et des États concernés.
Joseph A. DEMBÉLÉ et Ali SANKARÉ

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