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Ébola en RDC : le flou financier fragilise la riposte

La plus grave épidémie d’Ébola en République démocratique du Congo a franchi les frontières du pays. Alors que le bilan…

La plus grave épidémie d’Ébola en République démocratique du Congo a franchi les frontières du pays. Alors que le bilan dépasse 4 500 morts, Africa CDC réclame des explications sur plus de 700 millions de dollars dont l’utilisation est difficile à retracer.

Déclarée en mai dans l’Ituri, l’épidémie provoquée par le virus Bundibugyo continue de s’étendre malgré les moyens internationaux mobilisés. Selon les données arrêtées au 17 octobre, la RDC comptait 9 455 cas confirmés et 4 561 décès. Le virus touchait 66 zones de santé dans huit provinces, le Nord-Ubangi étant la dernière atteinte. Plus de 900 malades étaient hospitalisés en isolement.

Le passage du virus au Kenya a donné une dimension régionale à la crise. Le premier malade, arrivé de RDC par l’Ouganda, est décédé le 5 octobre à Nairobi. Sept autres contaminations ont ensuite été détectées parmi ses proches, des soignants et un accompagnant hospitalier. Toutes sont liées à ce premier cas et les autorités kenyanes n’ont pas signalé de transmission communautaire. Nairobi a renforcé les contrôles aux frontières, tandis que la Tanzanie surveille pendant 21 jours les voyageurs venant des pays à risque.

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Plus de 700 millions de dollars à tracer

La progression de l’épidémie s’accompagne d’une controverse sur le financement de la riposte. Selon le Directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, les bailleurs déclarent avoir versé 962 millions de dollars aux organisations chargées des interventions. Mais une vérification menée avec les autorités congolaises n’aurait permis de documenter précisément qu’un peu plus de 200 millions. Plus de 700 millions de dollars restent ainsi insuffisamment renseignés dans les rapports financiers disponibles.

Ce constat ne prouve pas un détournement. Il révèle toutefois un sérieux déficit de transparence entre bailleurs, organisations internationales, ONG et autorités nationales. Le gouvernement congolais affirme ne pas avoir reçu directement ces fonds et a limité à 25 le nombre d’ONG autorisées à intervenir, sur près d’une centaine précédemment présentes.

Cette opacité devient aussi un problème sanitaire. Des agents mobilisés en première ligne ont protesté contre des retards de paiement et des conditions de travail difficiles. Dans des régions marquées par les violences armées et la méfiance envers les institutions, les zones d’ombre financières fragilisent la confiance des communautés. Publier les montants reçus, les dépenses et leurs bénéficiaires apparaît aussi nécessaire que renforcer le dépistage, l’isolement et le suivi des contacts. D’où l’urgence de faire toute la lumière sur cette affaire.

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