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Bamako mérite mieux

À Bamako, se déplacer relève encore trop souvent de l’improvisation. Sotrama, taxis jaunes, moto-taxis et véhicules particuliers assurent l’essentiel d’un…

À Bamako, se déplacer relève encore trop souvent de l’improvisation. Sotrama, taxis jaunes, moto-taxis et véhicules particuliers assurent l’essentiel d’un service qui devrait pourtant relever d’une véritable politique publique de mobilité. Chacun comble un vide, mais l’ensemble produit embouteillages, arrêts anarchiques, concurrence désordonnée et insécurité pour les usagers.

Une capitale de plusieurs millions d’habitants ne peut durablement fonctionner ainsi. À Dakar, comme dans d’autres grandes villes africaines, l’État et les collectivités ont développé des réseaux publics de bus et, plus récemment, des systèmes de transport de masse. Bamako n’est pas condamnée à attendre un tramway pour commencer à s’organiser.
L’idée n’est d’ailleurs pas nouvelle. En mars 2018, lors de sa visite au Mali, Recep Tayyip Erdoğan avait proposé un projet de Métrobus pour moderniser la circulation dans la capitale. Il n’a pas vu le jour. Plus récemment, le Mali a signé avec le constructeur russe KAMAZ un contrat portant sur 350 véhicules, pour plus de 30 milliards de francs CFA. La flotte annoncée comprend notamment des bus urbains, avec en perspective maintenance, formation et assemblage local.
Ces investissements devraient être l’occasion de penser enfin un réseau cohérent : lignes identifiées, horaires, arrêts aménagés, tarifs connus, correspondances et desserte périurbaine. Les transporteurs privés peuvent y avoir leur place, mais dans un cadre organisé.
Bamako aspire à devenir une capitale moderne. Cela passe aussi par la manière dont ses habitants vont travailler, étudier, se soigner ou simplement rentrer chez eux. Le transport urbain n’est pas un service secondaire. C’est une infrastructure essentielle de la ville et de son avenir collectif.
Massiré Diop

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