Auteur/autrice : fatoumata Maguiraga
Immatriculation systématique des parcelles de terrain : Le ministère de l’Urbanisme fait le point
Un an après le démarrage de la phase pilote de l’opération d’immatriculation systématique des parcelles de terrain, la commission technique a dressé un état des lieux lors d’un point de presse tenu le 2 septembre 2025 à la Direction nationale de l’Urbanisme et de l’Habitat.
Soirée Boubou Dior : une fête qui défie les mœurs
La nouvelle tendance festive très en vogue parmi les jeunes femmes de Guinée, du Sénégal et de Côte d’Ivoire, dénommée « soirée Boubou Dior », a émergé au Mali. Depuis, ce phénomène, dont la moralité interroge, suscite une vive polémique au sein de la société.
Afghanistan : un séisme fait plus de 800 morts et 2500 blessés
Un tremblement de terre d’une grande ampleur a frappé l’est de ce pays de l’Asie du Sud-Ouest , dans la nuit du dimanche 31 août, faisant des centaines de victimes, de blessés et des dégâts matériels considérables.
Selon Zabihullah Mujahid, porte-parole du gouvernement, le bilan provisoire fait état de 800 morts et 2500 blessés dans la province de Kunar ainsi que de 12 morts et 255 blessés dans la province de Nangarhar. Cette tragédie a commencé aux alentours de minuit lorsque la terre donnait les prémices d’un tremblement, sortant précipitamment de leur sommeil des centaines de milliers de personnes, de Kaboul jusqu’à Islamabad au Pakistan à des centaines de kilomètres du lieu.
Selon le ministère de la Défense, des hélicoptères ont décollé, des dizaines de fois depuis les premières heures du jour, de Jalalabad, capitale de la province de Nangarhar, pour acheminer de l’aide et évacuer des dizaines de morts et des blessés. L’épicentre du séisme, situé à 8 km de profondeur, se trouvait à 27 km de Jalalabad, la cinquième plus grande ville du pays. Le séisme de magnitude 6.0 a frappé une région frontalière avec le Pakistan, une zone difficile d’accès pour les secours, a déclaré le ministre de l’Intérieur. L’évaluation exacte de l’étendue des dégâts et le nombre de victimes est difficile car la zone touchée est isolée et la couverture du réseau de téléphonie, insuffisante.
Le patron de l’Autorité de gestion des catastrophes de Kunar, Ehsanullah Ehsan a annoncé que : « les recherches se poursuivent, beaucoup de gens sont coincés sous les décombres de leur maison donc nous ne pouvons pas donner de chiffre exact ». En 2023, un autre séisme d’ampleur, a fait plus de 1500 morts et plus de 63 000 habitations détruites, à Hérat, dans l’ouest frontalier de l’Iran.
Joseph Amara DEMBELE
Les compromis de la réglementation de l’IA
Un homme d’affaires allemand m’a récemment expliqué que le problème des régulateurs européens est qu’ils sont trop effrayés par les risques de perte. « Dans tout nouveau secteur d’activité innovant, ils surréglementent et étouffent tout potentiel de croissance. » En revanche, selon lui, les Américains se soucient davantage du potentiel de croissance et attendent donc d’en savoir plus sur les conséquences avant de réglementer. « Il n’est pas surprenant que les États-Unis soient beaucoup plus présents dans les secteurs innovants. »
L’IA en est un bon exemple. L’Union européenne a promulgué la première réglementation globale au monde sur l’IA en août 2024, établissant des garanties contre les risques tels que la discrimination, la désinformation, les violations de la vie privée et les systèmes d’IA susceptibles de mettre en danger la vie humaine ou de menacer la stabilité sociale. La loi attribue également aux systèmes d’IA différents niveaux de risque, avec des traitements différents pour chacun d’entre eux. Alors que les systèmes de notation sociale pilotés par l’IA sont purement et simplement interdits, les systèmes à plus haut risque sont fortement réglementés et supervisés, avec une liste d’amendes en cas de non-conformité.
L’Europe est toutefois peu présente dans le secteur florissant de l’IA, surtout par rapport aux États-Unis ou à la Chine. Les leaders de l’IA générative sont des entreprises américaines telles qu’OpenAI, Anthropic et Google ; aucune entreprise européenne n’est à la hauteur. Un écart aussi flagrant semble parler de lui-même. Pour l’instant, le plan d’action sur l’IA de l’administration Trump, qui vise à limiter la bureaucratie et la réglementation en matière d’IA, semble être la meilleure approche.
Le problème de la méthode européenne est qu’elle fait peser sur les entreprises naissantes les coûts de la conformité réglementaire avant que le potentiel de la technologie ne soit clairement établi. Un chatbot mensonger ou discriminatoire n’est certainement pas souhaitable, mais il doit y avoir une certaine tolérance pour de telles erreurs dans les premières étapes du développement d’un système.
Lorsque les développeurs peuvent explorer plus librement les possibilités positives d’un système, ils ont également le temps (et éventuellement les ressources, générées par des lancements réussis mais sujets à des erreurs) de trouver des moyens rentables de résoudre les problèmes qui nuisent à la fiabilité du système. Exiger la quasi-perfection dès le départ ne protège pas tant la société qu’elle n’étouffe le processus d’essai et d’erreur qui permet de réaliser des percées.
Des erreurs, telles que la discrimination raciale, peuvent être extrêmement nocives, surtout si elles sont commises par des chatbots qui interagissent avec des millions de personnes. Conscients de ce risque, certains régulateurs n’autorisent les nouveaux produits à être testés que dans des environnements étroitement contrôlés. Les innovateurs peuvent expérimenter avec un groupe limité d’utilisateurs, toujours sous l’œil vigilant de l’autorité de régulation. Cette approche « bac à sable » permet d’éviter que les effets néfastes ne se répercutent sur le grand public, ce qui est la principale préoccupation de l’Europe.
Les bacs à sable peuvent cependant aussi limiter ce qui peut bien se passer. Les essais menés auprès de petits groupes restreints ne permettent pas de saisir les avantages des effets de réseau, qui font que les produits prennent de la valeur à mesure qu’ils sont utilisés par un plus grand nombre de personnes. Ils ne peuvent pas non plus révéler les percées inattendues qui se produisent lorsque les « mauvaises » personnes adoptent un produit (par exemple, la pornographie en ligne a été à l’origine des premières innovations en matière de technologie web). En résumé, les essais en bac à sable permettent d’éviter les catastrophes, mais ils risquent aussi d’étouffer la découverte. Ils sont meilleurs que les interdictions pures et simples, mais ils peuvent encore conduire les innovateurs à enterrer trop d’idées prometteuses avant qu’elles ne puissent être mises à l’échelle.
Quels sont donc les coûts de l’approche américaine du laissez-faire ? Le plus évident est que le système peut exploser à cause de produits malhonnêtes, comme cela s’est produit avec les subprimes – des titres adossés à des prêts hypothécaires à risque – avant la crise financière mondiale de 2008. Aujourd’hui, on entend des craintes similaires au sujet de l’IA générative et de l’industrie des cryptomonnaies (l’implosion de FTX étant citée comme un signal d’alarme précoce).
Historiquement, les États-Unis, avec leurs poches fiscales profondes, ont été plus disposés à prendre de tels risques, tandis que l’UE fragmentée a été plus prudente. Cependant, avec le rétrécissement de la marge de manœuvre budgétaire des États-Unis, une nouvelle réflexion est peut-être à l’ordre du jour.
Toutefois, même si les États-Unis veulent réglementer davantage, les autorités peuvent-elles vraiment y parvenir ? La méthode américaine consiste à attendre qu’un secteur soit suffisamment important pour avoir de l’importance. D’ici là, le secteur sera cependant devenu suffisamment puissant pour façonner toutes les règles destinées à le contrôler. Prenons le cas de la crypto-monnaie : riche en liquidités, armée de lobbyistes et concentrée sur ses intérêts, elle s’est révélée capable de faire basculer les politiciens – et l’opinion publique – en sa faveur. Il en résulte invariablement une sous-réglementation, même lorsque les risques pour le public sont flagrants.
En revanche, l’Europe, qui a une aversion pour le risque, intervient tôt, lorsqu’un secteur innovant est encore petit et que sa voix est à peine audible. À ce stade, ce sont les opérateurs historiques – les banques menacées par les cryptomonnaies, par exemple – qui dominent le débat. Leur influence pousse l’aiguille vers une prudence excessive et des règles lourdes. Les États-Unis ont tendance à réglementer trop peu et trop tard, tandis que l’Europe le fait trop et trop tôt. Ni l’un ni l’autre ne parviennent à un équilibre parfait.
Même s’il y a des raisons pour que chaque camp se rapproche de l’autre, il convient de souligner que la réglementation ne s’arrête pas aux frontières nationales. En fait, le monde peut bénéficier d’approches quelque peu différentes. Les chatbots américains peuvent prospérer dans un environnement relativement peu réglementé, en expérimentant et en se développant rapidement. Lorsqu’ils cherchent à s’implanter dans le monde entier, ils se heurtent toutefois aux normes plus strictes de l’Europe. Avec des ressources suffisantes et des incitations fortes, ils trouveront des moyens créatifs et peu coûteux de se mettre en conformité, et ces stratégies de réduction des risques pourraient finir par revenir aux États-Unis, laissant au monde une innovation plus importante et plus sûre.
C’est en tout cas le scénario idéal. La réalité sera probablement plus désordonnée. Les entreprises américaines pourraient causer des dommages à l’échelle mondiale avant que les régulateurs européens ne les rattrapent. L’Europe pourrait continuer à décourager l’innovation avant qu’elle ne commence, laissant le monde avec trop peu de choses. Cependant, le plus grand danger est peut-être que les régulateurs de part et d’autre de l’Atlantique exportent leurs propres règles, obligeant l’autre à s’aligner. Le monde pourrait être mieux servi si les régulateurs américains et européens continuaient à voir les réglementations différemment.
Raghuram G. Rajan, ancien gouverneur de la Reserve Bank of India et économiste en chef du Fonds monétaire international, est professeur de finance à la Booth School of Business de l’université de Chicago et coauteur (avec Rohit Lamba) de Breaking the Mold : India’s Untraveled Path to Prosperity (Princeton University Press, mai 2024).
Project Syndicate, 2025.
www.project-syndicate.org
Mauritanie : naufrage d’une pirogue, au moins 70 morts et une centaine de disparus
Une embarcation partie de Gambie a chaviré au large de Tanit, au nord de Nouakchott. Les garde-côtes mauritaniens ont annoncé 49 morts dans un premier temps, mais le bilan a été révisé à 70 corps retrouvés, tandis qu’une centaine de personnes restent portées disparues.
« Balani show » : une fête à la dérive
Spectacle artistique dansant, souvent nocturne, le « balani show » est une sorte de bal populaire organisé dans les quartiers pour des cérémonies de mariages, de baptêmes ou autres manifestations de joie. Manifestation fréquente lors des grandes vacances, elle s’est peu à peu transformée et pervertie, donnant lieu à des scènes de danses obscènes, des échauffourées entre groupes de jeunes rivaux et d’autres comportements néfastes. Face au mécontentement de la population, certaines autorités locales ont entrepris des mesures.
Il est 19h, la nuit s’annonce longue ce 27 août à Sabalibougou, à quelques encablures du marché de bétail ( Grabal). Au ciel sombre, s’ajoute une coupure d’électricité, plongeant ce quartier de la commune 5 du district de Bamako, dans le noir.
Nonobstant, une nuée de jeunes en liesse s’attroupent dans la rue en barricadant la route. Une ferveur ambiante les anime sous le son assourdissant et effervescent des appareils sonores de l’animateur Dj. Au milieu de la scène, une jeune dame élancée, arborant un T-shirt au dos échancré, se déhanche sur un rythme vibrant au son du coupé-décalé. Cigarettes aux lèvres, vrombissement incessant des motos, tout est permis ce soir pour ces jeunes et adolescents. Des danses frénétiques, des culbutes brusques sont exécutés en vue de gagner les faveurs des jeunes filles.
Dérives
Au Mali, le balani show (ou Block party) réunit les jeunes et enfants dans la rue sous une variété de note musicale et de danse . Un véritable moment de gaieté, empreint de symbiose sociale, qui s’est transformé, aujourd’hui en espaces de dépravation de mœurs et d’altercation à l’arme blanche entre certains groupuscules conduisant à des cas de blessures ou même de meurtres. Cette manifestation est devenue une source de nuisance perturbant la tranquillité nocturne des citoyens.
« Le son des amplificateurs me met hors de moi. On n’ arrive même plus à fermer l’œil la nuit durant les congés. Ces soirées de jeunes, accompagnées d’une forte consommation d’alcool et de drogues, augmentent le risque d’actes dangereux entre adolescents. Il est temps de mettre fin à tout cela. La mort d’un jeune de Daoudabougou, en 2021, suite à une altercation, résonne encore dans ma mémoire », se plaint M.coulibaly, dont la maison avoisine un terrain vide.
Selon Nouhoum Touré, magistrat à la retraite, toute manifestation qui occupe la voie publique et gêne la circulation peut être considérée comme trouble et également les manifestations considérées comme nuisances sonores ou d’atteinte aux mœurs.
« Lorsque la paix du voisinage est dérangée, la plainte est possible et d’ailleurs chaque fois qu’il y a trouble à l’ordre public, le procureur peut s’auto saisir. Et tout citoyen peut requérir du procureur une constatation des faits » ajoute-t-il.
Interdiction
En août 2023, la mairie de la Commune IV du district de Bamako a pris la décision d’interdire sur toute l’étendue de son territoire cette manifestation culturelle et artistique qui, selon elle, est assimilable à un établissement de nuit, de dancing et/ou de discothèque. Et le non-respect de cet arrêté municipal sera puni du paiement d’une amende allant de 100.000F à 500.000F.
Auparavant, en 2016, La Ligue des Imams et des Erudits pour la Solidarité Islamique du Mali (LIMAMA) avait, lors d’un meeting tenu à la grande mosquée de Bamako, tiré la sonnette d’alarme en demandant l’interdiction du balani show qui selon elle, conduit à la dépravation des mœurs. Elle a par ailleurs menacé le boycotter des cérémonies de mariage, de baptême ou de funérailles de tout chef de famille qui encouragerait ou contribuerait à l’organisation du Balani show dans les quartiers. Une menace qui ne sera pas mise en exécution.
Si certains sont vent debout contre ces événements, d’autres, en revanche les voient d’un œil différent. Pour le jeune Mamadou Traoré, grand amateur, s’attaquer à ces fêtes comme maux de la société, relève d’une mauvaise analyse, car les enfants ont adopté leurs comportements en famille pas lors de ces évènements. Il croit, en plus, que le balani show est l’unique espace de divertissement des enfants qui ne peuvent être admis dans les boîtes de nuit.
« Le balani show est organisé très généralement les week-ends afin d’éviter tous désagréments sur les populations avoisinant le lieu de fête. En plus les gens prétendent que cette soirée a perdu sa valeur or tel n’est pas vrai, c’est juste la génération qui a changé » ajoute-t-il.
En dépit des nombreuses divergences d’opinions sur l’avenir de ces soirées de jeune, la plupart des citoyens appellent à l’arrêt de leur organisation, qui compromet la paix sociale.
Joseph Amara DEMBELE
Karité : L’amande produite au Mali sera transformée sur place
L’Interprofession de la Filière Karité du Mali et les Unités Industrielles Locales ont signé un mémorandum d’entente, ce jeudi 28 août 2025, à la direction financière et du matériel du ministère de l’agriculture, marquant ainsi le lancement officiel de la campagne de commercialisation de 2025 des amandes de karités.
Avec un potentiel estimé à 250 000 tonnes d’amandes chaque année, le Mali se classe au deuxième rang mondial des producteurs derrière le Nigéria.
Le lancement de la campagne de commercialisation 2025, est la conclusion d’une longue tractation entre les acteurs du domaine et le gouvernement. Ainsi, les prix de vente convenus entre l’Interprofession de la Filière Karité du Mali et les Unités Industrielles Locales sont fixés à 175 F CFA et 200 F CFA le kilogramme, respectivement pour le prix bord-champ et le prix au niveau des coopératives pour les amandes conventionnelles.
Pour les amandes améliorées, les prix sont de 250 F CFA et 275 F CFA le kilogramme, respectivement le prix bord-champ et le prix au niveau des coopératives. La filière Karité est l’une des filières Agricoles importantes au Mali par sa contribution remarquable à la création d’emplois, à l’autonomisation des femmes en milieu rural, au développement socioéconomique et la sécurité économique et financière des zones de production agricole.
Ce mémorandum, qui inclut les prix, est le fruit d’un accord commun avec les trois unités industrielles, a affirmé Koumba Samboura, présidente de l’interprofession filière Karité. Selon Kancou Keïta, porte-parole des industries, ce mémorandum permet de valoriser la filière Karité. L’amande produite au Mali sera transformée sur place par des industries maliennes. Cela permettra d’obtenir du beurre et du tourteau qui sont essentiels pour l’économie.
Quatre ministres étaient présents lors de la cérémonie : celui de l’Économie et des Finances M. Alouséni SANOU, de l’Industrie et du Commerce M. Moussa Alassane DIALLO , de l’Élevage et de la Pêche M. Youba BA, et de l’Agriculture M. Daniel Siméon KELEMA. Le ministre Sanou a exprimé sa satisfaction pour cette entente et a salué la démarche endogène de valoriser le karité, de promouvoir et de vendre les produits agricoles à travers l’établissement de contrats commerciaux.
Dans son discours, le ministre de l’Agriculture, M. Daniel Siméon KELEMA, a fait un rappel sur l’orientation des autorités de la transition en faveur d’une agriculture compétitive, moderne et favorable aux exploitantes et exploitants agricoles. Il a également invité l’ensemble des acteurs au respect du cahier de charge et des prix de vente convenus.
A noter que ce sont 3 millions de femmes maliennes qui sont directement impliquées dans le secteur. De la collecte des noix, à la transformation en beurre et d’autres produits dérivés.
Joseph Amara DEMBELE
Sommet africain sur la sécurité : Le Mali et Burkina Faso absents
Le Sommet des chefs d’état-major africains s’est tenu du 25 au 27 août 2025 à Abuja. Durant trois jours, les responsables de la sécurité ont échangé sur les perspectives de la sécurisation des territoires de l’ensemble du continent. Le Burkina Faso et le Mali n’ont pas pris part à la rencontre.
La rencontre qui a regroupé des officiers de haut rang, venus de l’ensemble du continent, visait notamment à « discuter des défis communs du continent, parler des stratégies collectives » afin de trouver « des solutions locales aux besoins de l’Afrique en termes de défense ».
Sur les trois pays de l’AES, seul le Niger était représenté, le Burkina Faso et le Mali ayant choisi de ne pas répondre à l’invitation des autorités nigérianes.
En présence de nombreux chefs d’état-major d’Afrique, les questions relatives aux menaces sécuritaires et la multiplication des groupes armés terroristes dans la région ouest-africaine, notamment, ont été abordées. Selon le chef d’état-major nigérian, Christopher Musa, il est important d’aller à une coopération en matière de sécurité en vue de mener les actions en synergie.
« La véritable sécurité ne s’obtient pas dans l’isolement », a fait savoir le chef d’état-major nigérian aux officiers présents à ce sommet. Sans doute, un appel aux pays de l’AES qui envisagent désormais une défense commune aux trois Etats. Les tensions entre la CEDEAO et l’AES, s’étaient accentuées, après les sanctions prises par la CEDEAO, contre le Niger, suite au coup d’Etat de juillet 2023.
Depuis leur retrait de la CEDEAO, en janvier 2025, les trois pays de l’AES, confrontés à des défis sécuritaires depuis plus d’une décennie, ont décidé de fédérer leurs moyens pour une lutte coordonnée contre le terrorisme. Ils ont notamment crée une force commune constituée de 5 000 hommes, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.
Ali Sankaré
Assa Badiallo Touré élue vice-présidente du Comité régional OMS-Afrique
La ministre malienne de la Santé et du Développement social, le colonel Dr Assa Badiallo Touré, a été élue première vice-présidente du Comité régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’Afrique. L’élection est intervenue lors de la 75ᵉ session du Comité régional, ouverte le 25 août 2025 à Lusaka, en Zambie, en présence des ministres de la Santé des 47 États membres de la Région Afrique de l’OMS.
Cédéao : vers l’opérationnalisation d’une brigade antiterroriste régionale
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a annoncé, le lundi 25 août 2025 à Abuja, la création d’une brigade antiterroriste de 260 000 hommes, financée à hauteur de 2,5 milliards de dollars par an. Les ministres des Finances et de la Défense se réuniront vendredi 29 août 2025, toujours dans la capitale nigériane, pour arrêter les modalités de financement et d’opérationnalisation de cette force.
La décision du 25 août s’inscrit dans une série d’initiatives déjà engagées par l’organisation régionale. En mars 2025, la Cédéao avait officiellement annoncé l’activation de sa Force en attente, considérée comme une première étape vers une riposte régionale coordonnée contre le terrorisme. Cette force de plusieurs milliers d’hommes avait été présentée comme un dispositif transitoire destiné à préparer un déploiement de plus grande ampleur.
En juin 2025, à Abuja, les chefs d’État et de gouvernement réunis en sommet ordinaire avaient entériné le principe d’une montée en puissance de cette capacité militaire, insistant sur la nécessité d’un financement durable et de mécanismes de commandement adaptés à la menace sécuritaire croissante dans la sous-région.
L’annonce de la création d’une brigade de 260 000 hommes représente l’aboutissement de ces discussions. Selon la Commission de la Cédéao, dirigée par le Dr Omar Touray, cette force sera dotée d’un budget annuel de 2,5 milliards de dollars afin de couvrir les besoins logistiques, opérationnels et de coordination.
Le calendrier prévoit désormais la réunion ministérielle du vendredi 29 août 2025 à Abuja. Celle-ci devra préciser les modalités de financement, la répartition des contributions nationales et les premières étapes de l’opérationnalisation de la brigade.
En parallèle, la Cédéao poursuit ses échanges avec l’Alliance des États du Sahel (AES) — regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger — qui a, de son côté, annoncé l’opérationnalisation d’une force unifiée de 5 000 hommes. Les discussions portent sur les formes possibles de coopération et de complémentarité entre ces deux dispositifs, dans un contexte où l’Afrique de l’Ouest est devenue l’une des principales zones d’activité des groupes armés.
L’ensemble de ces décisions illustre la volonté des États ouest-africains de renforcer la coordination militaire face à l’expansion du terrorisme. La réunion de ce vendredi devrait marquer une étape décisive dans le passage de l’annonce à la mise en œuvre concrète de la brigade régionale.
Hivernage: de fortes pluies attendues
Ce 26 août 2025, Bamako a enregistré l’une des plus grandes pluies depuis le début de l’hivernage. Une importante quantité de pluie qui a provoqué des inondations et perturbé la circulation dans plusieurs quartiers de la capitale. Ces précipitations vont continuer et même s’intensifier selon les alertes de Mali Météo qui appelle à la prudence.
L’Agence nationale de la Météorologie, Mali-Météo a lancé ce 27 août 2025, une alerte concernant de fortes pluies accompagnées d’orage attendues dans plusieurs localité du pays, avec un risque élevé d’inondations. Selon Mali Météo, les régions de San, Sikasso, Ségou, Koutiala, Nara et une partie de Kita ont déjà enregistré des pluies au cours de la première partie de la journée. Des pluies importantes qui pourraient augmenter le risque d’inondations.
Le District de Bamako reste également concerné ainsi que les localités de Koulikoro et Kayes. Des pluies sont attendues dans la journée du 27 août 2025.
Les populations locales sont donc appelées à la prudence sur les routes et dans les quartiers vulnérables aux inondations.
Le ministère des Transports et des infrastructures et l’agence Mali Météo, rappellent que ces pluies peuvent entraîner notamment des inondations dans les quartiers situés en zones basses et vulnérables. Des perturbations sur les routes principales entraînant des difficultés de circulation, des dommages aux habitations précaires ainsi qu’aux infrastructures publiques sont également redoutés. Les conséquences sur l’agriculture, notamment dans les zones rurales, sont aussi attendus.
Rappelant que les dispositions en coordination avec les services de la Protection civile et le ministère des Transports, sont envisagées, les services de Mali Météo, invitent à la plus grande prudence et au respect des consignes de sécurité. Mali Météo invite les populations à rester attentives aux alertes pour sauver les vies humaines.
Amadou Kouyaté: “On peut dire que les joueurs se sont épuisés, donc ils sont passés un peu à côté”.
Les Aigles du Mali se sont inclinés face à l’Angola 43 à 70 lors de la finale de l’Afrobasket tenue en Angola du 12 au 24 août 2025. Dans l’ entretien qu’il nous a accordé, Amadou Kouyaté, journaliste sportif analyse le parcours des Aigles et les perspectives pour l’équipe nationale. Propos recueillis par Ali Sankaré.
- Quelle analyse faites-vous de la finale qui a opposé la Mali à Angola?
On a quand-même assisté à un match inédit. On félicite d’abord l’équipe pour sa qualification à ce niveau à l’AfroBasket qui est à sa 31ème édition. Et c’est la première fois que le Mali atteint ce niveau. On félicite l’équipe, l’encadrement et la fédération pour l’effort qu’ils ont consenti.
En ce qui concerne cette finale, on peut dire que nos jeunes sont passés à côté. Vu les efforts qu’ils ont fourni lors des matchs de huitième de finale, en match de barrage contre la Guinée Conakry, ensuite la Côte d’Ivoire et le Sénégal. On peut dire que les joueurs se sont épuisés, donc ils sont passés un peu à côté. Lors de la cette finale on sentait la fatigue chez eux, malgré l’envie de remporter ce trophée. Mais on leur tire chapeau pour avoir atteint ce niveau et d’avoir ramené la première médaille argent .
- Quelles peuvent être les perspectives pour cette équipe de Basketball?
Les perspectives sont énormes. Dans un premier temps, le Mali doit participer aux éliminatoires de la Coupe du monde, qui sont prévus pour le mois de novembre prochain. Donc l’idéal c’est quand-même d’essayer de conserver ce jeu, voir les manquements constatés lors de l’Afrobasket en Angola. Il faut noter que nous allons rencontrer les mêmes équipes avec lesquelles on a eu à jouer lors de cet Afrobasket, il s’agit de l’Égypte, l’Ouganda et puis le Sénégal et l’Angola. Donc, il faut corriger les erreurs et viser une première qualification à la coupe du monde, parce que le Mali n’a jamais participé à la coupe du monde senior.
- Quelles sont les chances de participation pour cette équipe à la coupe du monde ?
Cela peut être difficile, parce qu’il ya certains universitaires qui sont parmi eux et avec la rentrée au niveau des États-Unis,ils commenceront à jouer. Est-ce qu’ils auront l’occasion de venir rejouer avec le Mali ? Parce que déjà les préparatifs ont commencé, que ca soit au niveau NBA ou au niveau des universitaires, ça va être très compliqué.
- Comment jugez vous le niveau de l’Afrobasket?
On peut dire contrairement aux années précédentes, que cette année le niveau est très élevé, parce qu’auparavant on ne voyait pas des joueurs de la NBA participer à l’AfroBasket car des fois ils avaient du mal à sortir. Mais cette fois, plusieurs joueurs sont venus. Il ya aussi la Basket African League, qui est quand-même une petite filiale de NBA. Parmi les joueurs qui se sont distingués, il y a Jacques Boissy du Sénégal ou Alou Diarra du Mali.
- Des joueurs locaux se sont aussi fait remarquer…
Bien sûr il y a deux joueurs du stade Malien de Bamako. Il s’agit de Mahamane Coulibaly qui a terminé parmi les cinq majeurs, il ya aussi Allaye Togo, tous deux ont récemment pris part aux phases des poules de la Basket African League, malheureusement le Stade Malien ne s’est pas qualifié pour la phase finale en Afrique du Sud.
Ciment : Petite baisse des prix
Le prix de la tonne du ciment est désormais fixé à 112.000 FCFA pour le local et 117.000 FCFA pour la qualité importée. La fixation de ce prix plafond est l’épilogue de la rencontre entre le ministère de l’Industrie et du Commerce, de celui du Transports et des Infrastructures avec les acteurs de la filière du ciment, tenue ce 25 Aout 2025.
Les prix du ciment au Mali connaissent une instabilité et constituent une préoccupation majeure depuis quelques temps. Depuis le mois d’avril 2025, le coût de la tonne du ciment a connu une hausse significative, passant de 105 000 FCFA à 125 000 FCFA et 130 000 FCFA. Une montée des prix qui occasionnent pour les vendeurs et les acheteurs des difficiles et qui a un impact négatif sur la chaîne économique de ce secteur. Dans l’optique d’endiguer l’envolée persistante des prix sur le marché national depuis avril 2025, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane DIALLO , a entrepris des échanges avec les acteurs du secteur : industriels, transporteurs et revendeurs pour trouver des mesures palliatives aux problèmes qui touchent les acteurs du secteur.
Eviter les spéculations
Les concertations entamées depuis quelques mois ont permis la fixation du prix du ciment à un plafond de 112.000 FCFA pour le local et 117.000 FCFA pour le ciment importé. Les rencontres ont permis d’identifier plusieurs leviers d’action cruciaux, notamment la sécurisation de l’approvisionnement en matières premières. Le clinker, indispensable pour la production locale, fait face des séries de perturbation dans l’acheminement, réduisant ainsi la production de nos usines.
Le ministère s’engage donc à travailler avec les industriels pour garantir un accès régulier à cette ressource. Un autre point crucial énuméré lors des dialogues concerne le transport du ciment à travers le pays.
Les mesures prises par les autorités et mises en vigueur le 1e avril, concernant la réglementation du gabarit des camions, ont eu un impact considérable sur la chaîne logistique engendrant des difficultés dans le transport du ciment, affectant à la fois les délais de livraison et les coûts. Le ministère a reconnu cette réalité et envisage des ajustements pour alléger la pression sur les opérateurs tout en maintenant l’ordre dans le secteur. Grâce à une synergie d’actions, des mesures drastiques ont été arrêtées au niveau des services compétents, avec l’implication du Département de la Défense, afin de sécuriser et faciliter l’acheminement des matières premières nécessaires à la production du ciment. Prenant part aux pourparlers, M. Lamine Traoré, président des quincailleries a exhorté ses collègues aux respects des prix conclus.
Le Ministre Moussa Alassane DIALLO a lancé un appel au strict respect de ces prix convenus. Il a tenu à rassurer que son ministère, à travers ses services compétents, veillera à la mise en œuvre effective de ces décisions dans l’optique de la satisfaction besoins vitaux des populations.
La ministre des Transports et des Infrastructures, a pour sa part réaffirmé l’engagement de son département à tout mettre en œuvre pour assurer un suivi efficace quand aux écueils liés au transport évoqués lors des différentes rencontres. La troisième rencontre entre les différentes parties est fixée au 25 octobre 2025 pour faire une évaluation sur le respect des prix convenus. Cette baisse, même appréciée, reste en deçà des prix initiaux du ciment entre 90 000 FCFA et 105 000 FCFA, la tonne
Joseph Amara DEMBELE
Le Festival sur le Niger devient une biennale
Le Festival sur le Niger, rendez-vous majeur de l’agenda culturel du Mali, né il y a 21 ans sur les berges du fleuve à Ségou, passe en mode biennale. L’importance de la programmation et la dimension prise par l’événement justifient, selon les organisateurs, ce nouveau format. La prochaine édition se tiendra du 2 au 7 février 2027 à Ségou.
AfroBasket 2025 : le Mali décroche l’argent historique
Pour la première fois de son histoire, le Mali a disputé une finale de l’AfroBasket masculin. Battus 70 à 43 par l’Angola dimanche à Luanda, les Aigles repartent avec une médaille d’argent inédite, plus de cinquante ans après leur bronze de 1972.
Mission du Conseil malien des chargeurs à Dakar pour débloquer des conteneurs
Une délégation du Conseil malien des chargeurs (CMC), conduite par son président Bakissima Sylla et accompagnée du secrétaire général, séjourne à Dakar depuis le 20 août afin de débloquer des conteneurs maliens immobilisés au port autonome de Dakar. Cette mission se déroule sur instruction du ministère des Transports et des Infrastructures.
Le port de Dakar est le principal accès maritime du Mali, pays enclavé. Près de 60 % des importations et exportations maliennes transitent par ce corridor, soit plus de 350 000 tonnes de marchandises par an, selon les chiffres de la Chambre de commerce et du CMC. Chaque jour, environ 1 000 camions circulent entre Dakar et Bamako. En période de congestion, plusieurs centaines de conteneurs maliens peuvent rester bloqués sur les quais, entraînant des surcoûts de plusieurs millions de FCFA pour les opérateurs économiques.
Au terminal géré par DP World, les conteneurs maliens bénéficient d’une franchise de 21 jours. Au-delà, des frais de stationnement sont appliqués, ce qui pèse directement sur les importateurs. Ces retards concernent surtout des marchandises essentielles pour le marché malien : riz, sucre, huile, ciment et intrants agricoles. Chaque blocage se répercute sur les prix de vente et, en dernier ressort, sur le pouvoir d’achat des consommateurs.
Si le Mali utilise aussi les ports de Conakry, Abidjan ou Lomé, Dakar reste la principale porte d’entrée, notamment pour les produits de grande consommation. La mission du CMC vise à fluidifier ce corridor stratégique, en lien avec les autorités portuaires sénégalaises, et à réduire les délais d’enlèvement. Elle s’inscrit dans un cadre de coopération bilatérale entre Bamako et Dakar, encadré par des accords de transport et de transit.
Pour l’avenir, plusieurs projets sont en cours afin de désengorger le port de Dakar et de sécuriser les flux vers le Mali. Le port sec de Sandiara, en construction au Sénégal, devrait pouvoir accueillir jusqu’à 6 000 conteneurs et plus de 1 000 camions, offrant une solution de délestage. La réhabilitation de la ligne ferroviaire Dakar–Bamako est également évoquée comme une alternative durable, même si elle reste encore largement sous-utilisée.
En multipliant ce type de missions, le Conseil malien des chargeurs entend défendre les intérêts des opérateurs économiques, éviter les surcoûts liés aux congestions portuaires et garantir la régularité de l’approvisionnement du Mali.
Rapports du Médiateur : le foncier en tête des plaintes
Les rapports 2023 et 2024 du Médiateur de la République, remis le 22 août au Président de la Transition, mettent en évidence une forte hausse du recours des citoyens à l’institution. Plus de 6 000 usagers ont été accueillis en 2023 contre près de 12 000 en 2024, soit un doublement en une année.
La gestion foncière ressort comme la principale source de plaintes, occupant une place prédominante dans les réclamations. Les rapports signalent également les retards persistants dans l’exécution des décisions de justice, les lenteurs administratives, ainsi que des insuffisances dans la protection sociale, notamment à travers l’INPS. Des conflits de chefferie continuent aussi d’alimenter les saisines.
Un autre point d’alerte concerne l’orpaillage artisanal. Le Médiateur évoque des conflits locaux, des pollutions importantes et la dégradation d’écosystèmes, appelant à une régulation adaptée de cette activité.
Parmi les recommandations formulées figurent le respect strict des procédures foncières, l’accélération des démarches administratives, une meilleure gestion des litiges de chefferie, le renforcement du recouvrement des cotisations sociales et la poursuite de la digitalisation de l’administration, amorcée avec la mise en place d’une plateforme destinée aux consulats et ambassades.
En recevant ces rapports, le Président de la Transition a salué le rôle du Médiateur comme « recours pour le citoyen et conseil pour l’administration ». Il a insisté sur la nécessité de transformer ces constats en réformes concrètes, en particulier dans le domaine foncier et la gouvernance publique, tout en mettant en avant l’importance des femmes et des Maliens de l’extérieur dans le renforcement de la cohésion nationale.
Commune I : sursis à la dissolution des partis, renvoi vers la Cour suprême
Le Tribunal de grande instance de la Commune I du district de Bamako a ordonné, ce lundi 25 août 2025, le sursis à exécution du décret ayant dissous les partis politiques. Le tribunal a, dans le même mouvement, orienté le dossier vers la Cour suprême.
Le tribunal a ainsi décidé un sursis à statuer sur la dissolution des partis, dans l’attente de l’examen définitif de l’exception d’inconstitutionnalité soulevée, et a ordonné la transmission du dossier à la Cour constitutionnelle via la Cour suprême, conformément à l’article 153 de la Constitution du 22 juillet 2023.
Cette procédure fait suite à deux actes pris le 13 mai 2025 : la loi n° 2025-005 abrogeant la Charte des partis politiques (loi n° 05-047 du 18 août 2005) et le Statut de l’opposition (loi n° 2015-007 du 4 mars 2015), promulguée et publiée au Journal officiel à cette date, puis le décret de dissolution de l’ensemble des partis et organisations à caractère politique décidé le même jour à l’issue d’un conseil des ministres extraordinaire et annoncé à la télévision nationale.
Saisie par les partis dissous, la justice avait tenu une première audience le 7 juillet 2025 au TGI de la Commune I, marquée par l’absence de représentation de l’État, avant de renvoyer le dossier aux 28 et 29 juillet pour débats contradictoires et confrontation des pièces avec le Contentieux de l’État ; l’audience de la Commune I avait ensuite été reportée au 4 août, tandis que la Commune VI renvoyait l’affaire devant sa chambre de jugement.
Joint par nos soins ce 25 août, Me Mamadou Camara, conseil des partis requérants, confirme : « C’est exact. Le Tribunal de grande instance a fait droit à notre requête ». Interrogé sur la suite, Me Camara précise : « Le dossier sera renvoyé à la Cour suprême, à charge pour elle d’en saisir la Cour constitutionnelle, seule juridiction compétente pour connaître de la constitutionnalité d’une loi ».
Pour le Collectif des avocats, cette décision constitue une opportunité historique pour la Cour constitutionnelle de réaffirmer son rôle de gardienne des libertés et de dire si un pouvoir peut, par simple décret, suspendre les droits politiques essentiels garantis par la Loi fondamentale.
La Cour suprême est désormais saisie de l’affaire, à la suite du sursis prononcé, et devra se prononcer sur la légalité de la dissolution, les partis étant entre-temps rétablis dans leurs droits.
D’autres procédures restent pendantes : le dossier ouvert devant le Tribunal de grande instance de la Commune VI doit revenir le 24 septembre 2025, tandis que les décisions d’incompétence rendues par les Tribunaux des Communes 3, 4 et 5 ont été déférées devant la Cour d’appel de Bamako. Par ailleurs, la Section administrative de la Cour suprême a été saisie, mais attend toujours le mémoire en défense du gouvernement.
Un autre volet du dossier concerne une plainte déposée par les avocats contre deux membres du Conseil national de Transition, Biton Mamari Coulibaly et Moulaye Keïta, devant le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Selon Me Mountaga Tall, l’absence d’avancée dans cette procédure traduit une « inertie incompréhensible », poussant le collectif à engager une citation directe afin de contraindre les mis en cause à comparaître.

