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Birahim Soumaré : « Notre diplomatie repose sur la défense des intérêts nationaux »

Ancien ambassadeur du Mali en Türkiye et analyste en stratégie internationale, Birahim Soumaré expose les principes d’une diplomatie attachée à…

Ancien ambassadeur du Mali en Türkiye et analyste en stratégie internationale, Birahim Soumaré expose les principes d’une diplomatie attachée à sa liberté de décision. Il évoque la diversification des partenariats, la médiation et le suivi des engagements conclus avec les États.

Sur quels principes la diplomatie malienne doit-elle s’appuyer ?

La démarche diplomatique définie par le Chef de l’État repose sur la défense des intérêts nationaux et la diversification des partenaires. Elle doit permettre au Mali de travailler avec différents États sans renoncer à ses priorités. Nos relations s’inscrivent dans le respect mutuel, la souveraineté, la non-ingérence et la recherche d’intérêts communs. La diplomatie sert d’abord à créer les conditions permettant au pays de défendre sa sécurité, son développement et sa place dans les relations internationales. Cette coopération doit rester ouverte et non exclusive.

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La diversification des partenariats peut-elle entraîner le Mali dans les rivalités entre puissances ?

La nature de notre relation avec un pays ne saurait être déterminée par les relations que nous entretenons avec un autre. Notre dynamique diplomatique doit s’orienter en fonction de nos intérêts, et non des incompréhensions ou des rivalités géostratégiques opposant des nations. Nous avons l’expérience d’une politique équidistante envers les partenaires avec lesquels nous travaillons. Cette approche permet de conserver la liberté de définir chaque relation selon ce qu’elle apporte au Mali.

Le Mali possède-t-il une tradition diplomatique susceptible de soutenir cette liberté ?

Notre pays dispose d’une histoire diplomatique importante. Il a notamment contribué au règlement de la Guerre des Sables entre l’Algérie et le Maroc. La signature à Bamako, le 2 novembre 1963, de l’accord de cessez-le-feu entre les deux pays a consacré la contribution de la diplomatie et de l’armée maliennes à la recherche d’une solution pacifique. Cette expérience montre que le Mali peut entretenir de bonnes relations avec plusieurs partenaires, préserver son équilibre et contribuer au règlement des différends.

Comment faire pour que les engagements diplomatiques produisent des résultats concrets ?

Les Commissions mixtes constituent des outils diplomatiques. Elles permettent de reprendre les accords antérieurs, d’examiner leur mise en œuvre et d’intégrer les demandes exprimées par les différents départements ministériels dans l’énergie, l’éducation, la formation ou le commerce. Mais la volonté politique doit être traduite en engagements concrets, suivis et évaluables. Il faut une feuille de route claire, un mécanisme de suivi des accords et des priorités précises. Sans cette continuité, les rencontres produisent des textes sans donner toute leur portée à la coopération.

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