Le Vérificateur général a contrôlé les comptes de 2022 au 31 mars 2026. Les constats ont été transmis aux autorités financières et judiciaires compétentes.
Le Bureau du Vérificateur général a publié le 25 septembre son rapport sur la gestion de l’ambassade du Mali au Caire. La mission a examiné les exercices 2022, 2023, 2024, 2025 ainsi que les opérations effectuées jusqu’au 31 mars 2026.
Le contrôle portait sur les dépenses de personnel, de fonctionnement et d’investissement, les recettes de chancellerie, les autres recettes et les fonds envoyés par la Paierie générale du Trésor.
Le BVG chiffre les irrégularités financières relevées à 625 938 181 FCFA. Ce montant représente un constat d’audit. Sa récupération éventuelle et la détermination des responsabilités suivent les procédures financières, disciplinaires ou judiciaires applicables.
Deux postes représentent 93 % du montant
La catégorie la plus importante concerne, selon le BVG, 361 066 488 FCFA de gains de change qui auraient dû être comptabilisés et reversés. Le rapport relie ces écarts aux conversions d’euros en livres égyptiennes effectuées pour régler les dépenses de l’ambassade.
Le deuxième poste atteint 222 317 960 FCFA. Il correspond à des dépenses que le BVG qualifie de fictives. Les comptes rendus détaillés du rapport mentionnent notamment des frais de scolarité, des frais d’hébergement et des majorations de loyers.
Ces deux catégories totalisent 583 384 448 FCFA, soit environ 93,2 % de l’ensemble des irrégularités financières relevées.
Le BVG chiffre par ailleurs à 26 349 695 FCFA les dépenses considérées comme indues et à 8 648 172 FCFA les avantages accordés au personnel sans base réglementaire suffisante.
Le rapport ajoute 3 810 667 FCFA de recettes perçues mais non reversées, 3 078 000 FCFA d’indemnités de déplacement et de mission jugées indues ainsi que 667 199 FCFA de minoration des recettes provenant des visas et des timbres fiscaux. L’addition de ces sept catégories donne le total de 625 938 181 FCFA.
Des lacunes dans la tenue des comptes
La vérification relève également des dysfonctionnements administratifs. Le secrétariat chargé de la comptabilité ne tenait pas, selon le rapport, plusieurs registres obligatoires dans les conditions prévues par la réglementation.
Les constats portent sur le livre des recettes, le livre des dépenses, la comptabilité des quittanciers, la comptabilité-matières, l’enregistrement des frais bancaires et le rapatriement des fonds restés inutilisés.
Le BVG recommande la tenue régulière de ces documents, l’enregistrement de l’ensemble des frais prélevés par les banques et le reversement des fonds suivant les règles du Trésor. Selon le compte rendu publié par Bamada, plus de 108 millions de FCFA de fonds inemployés étaient restés sur les comptes bancaires de l’ambassade.
La mission a aussi examiné les recettes de chancellerie. Celles-ci proviennent notamment des visas, des timbres et de différents actes consulaires. Leur suivi associe les quittances délivrées, les montants encaissés, leur comptabilisation et leur reversement.
Des constats transmis, sans jugement de culpabilité
Les responsables concernés ont été associés à la procédure contradictoire prévue pour les vérifications du BVG. Selon les comptes rendus du rapport, ils ont présenté des observations sur plusieurs constats. Le Vérificateur général a maintenu les irrégularités financières retenues après l’examen des réponses et des pièces produites.
Le BVG indique avoir transmis les faits susceptibles de relever de la législation budgétaire et financière au président de la Section des comptes de la Cour suprême. Il les a également dénoncés au procureur de la République financier.
Une transmission permet aux institutions compétentes d’examiner les faits, les pièces et les responsabilités. Elle ne constitue ni une condamnation ni une décision définitive sur la qualification pénale des opérations.
Le rapport fixe ainsi trois éléments établis. La période contrôlée va de janvier 2022 au 31 mars 2026. Le montant total relevé atteint 625 938 181 FCFA. Les faits concernés ont quitté le seul cadre du contrôle administratif par leur transmission aux autorités chargées des comptes publics et des poursuites financières.
Massiré Diop




