Du 22 au 28 septembre à New York, la délégation malienne a défendu les priorités nationales sur le développement, la paix, la sécurité et la coopération. Le discours du ministre Abdoulaye Diop a conclu une semaine également marquée par plusieurs rencontres bilatérales et par une présence coordonnée de l’AES.
Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale conduisait la délégation au nom du Président de la Transition, Assimi Goïta. Le ministre de la Santé et du Développement social ainsi que la Conseillère spéciale du Chef de l’État chargée des questions diplomatiques ont également participé aux travaux.
Une réunion de coordination tenue le 21 septembre à la Mission permanente du Mali avait permis d’examiner les rendez-vous présentant un intérêt pour le pays. L’agenda associait réunions thématiques, consultations avec les partenaires, activités de l’AES et échanges avec la communauté malienne.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
La déclaration nationale, prononcée le 28 septembre, coïncidait avec le 66ème anniversaire de l’admission du Mali aux Nations unies, 6 jours après son indépendance. Elle a achevé une participation qui ne s’est pas limitée à la tribune de l’Assemblée générale.
Plaidoyers
Lors de la réunion de haut niveau du 23 septembre consacrée au 40ème anniversaire de la Déclaration sur le Droit au Développement, Abdoulaye Diop a affirmé que ce droit « n’est pas une question de charité, mais d’autonomisation et de participation ». Il a présenté la Vision Mali Kura 2063 et appelé à accélérer les Objectifs de Développement Durable.
À la réunion ministérielle des Pays les Moins Avancés, le ministre a défendu une mobilisation collective en faveur d’un développement durable et équitable. Devant la Commission de consolidation de la paix, il a insisté sur l’appropriation nationale des processus de paix, la Charte nationale pour la paix et la réconciliation et l’investissement dans la jeunesse. Il a demandé la rééligibilité du Mali à un nouveau cycle du « Peacebuilding and Recovery Facility ».
Devant l’Organisation de la Coopération Islamique, Abdoulaye Diop a dénoncé les soutiens extérieurs dont bénéficieraient les groupes terroristes au Sahel et mis en cause l’Ukraine. Kyiv rejette ces accusations.
Partenariats
Les consultations bilatérales ont commencé avec le Nigeria et le Ghana. Elles se sont poursuivies avec le Qatar, le Royaume-Uni, le Congo, l’Égypte, l’Algérie, Cuba et le Nicaragua. Le ministre Diop s’est également entretenu avec le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, sur la situation politique et sécuritaire au Mali et au Sahel.
L’AES a aussi présenté une position commune. Le 22 septembre, ses ministres des Affaires étrangères ont rencontré leurs homologues d’Allemagne, d’Italie et de Suisse. Le 24 septembre, les ministres de l’AES et leur homologue russe, Sergueï Lavrov, ont examiné leur coopération, la situation au Sahel et la préparation du troisième Sommet Russie – Afrique, prévu les 28 et 29 octobre à Moscou.
Le 25 septembre, un événement consacré à la sécurité et au développement au Sahel a réuni l’AES et plusieurs partenaires. Des représentants du Maroc, du Togo, de l’Algérie, du Congo, du Royaume-Uni, de la Russie, des États-Unis, de l’ONU, de l’Union africaine et de la CEDEAO y ont pris la parole.
Tribune
Dans son discours du 28 septembre, Abdoulaye Diop a réaffirmé l’attachement du Mali au respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de la non-ingérence. Il a cité les attaques des 25 avril et 4 juillet parmi les manifestations de la menace sécuritaire et défendu la Force unifiée de l’AES ainsi que la coopération avec la Russie.
Le ministre a rappelé que l’État gardait « la main tendue » vers les combattants disposés à déposer les armes et à rejoindre la République. « La souveraineté du Mali nous est chère et n’est pas négociable », a-t-il déclaré, en l’étendant aux choix économiques, à la valorisation des ressources naturelles et à l’emploi des jeunes.
Il a également abordé la Palestine, l’adaptation climatique, l’intelligence artificielle et les migrations, présentées comme une richesse plutôt qu’une menace. Le Mali a enfin demandé une ONU réformée, plus représentative et accordant une place plus importante à l’Afrique. Cette semaine new-yorkaise aura donc servi à défendre les priorités nationales maliennes tout en installant davantage l’AES comme interlocuteur collectif.




