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OTAN : Ankara consacre le réarmement européen
Réunis les 7 et 8 juillet 2026 à Ankara, les dirigeants de l’OTAN devaient consolider l’aide à l’Ukraine et l’effort de réarmement des alliés. Le sommet a inscrit désormais plus clairement les alliés européens de l’OTAN et le Canada au centre d’un effort militaire que Washington ne veut plus porter seul.
Le texte préparé devait réaffirmer l’article 5, désigner la Russie comme menace durable pour la sécurité euro-atlantique, et rappeler que l’Iran ne doit pas accéder à l’arme nucléaire. Ce cadre diplomatique compte, mais il ne constitue pas le cœur du rendez-vous. L’enjeu d’Ankara était de transformer une solidarité stratégique proclamée en capacités financées et produites.
Le mouvement a été accéléré par les États-Unis. Washington a lancé une revue de sa présence militaire en Europe, annoncé des retraits de troupes et réduit certains moyens prévus pour le modèle de forces de l’OTAN. La garantie américaine reste centrale, mais le message envoyé aux alliés est net. La défense conventionnelle du continent devra reposer sur une contribution européenne plus lourde.
Financement
L’Ukraine sert de test immédiat. Les alliés devaient confirmer une enveloppe de 70 milliards d’euros en équipements, assistance et formation militaires pour 2026, avec un niveau au moins équivalent en 2027. Le point décisif est la répartition de l’effort. Ce financement doit être porté surtout par les alliés européens de l’OTAN et le Canada, sans contribution directe attendue des États-Unis.
Ankara n’a pas jugé seulement la volonté politique des membres. Le sommet a mesuré leur capacité à produire. Munitions, défense antiaérienne, drones, effectifs, stocks, achats communs et chaînes industrielles sont les vrais indicateurs du réarmement. Mark Rutte, le Secrétaire général de l’OTAN, a voulu montrer que la hausse des budgets se transformait en contrats, en livraisons et en dissuasion crédible.
Cette conversion est inégale. La Pologne, l’Allemagne et les pays baltes avancent sous la pression directe de la menace russe. D’autres alliés composent avec leurs déficits, leurs opinions publiques et leurs priorités sociales. Le risque n’était donc pas l’absence d’annonces, mais l’écart entre l’argent promis et les capacités réellement disponibles.
Pour la Turquie, pays hôte, le sommet offrait aussi une vitrine. Ankara met en avant son industrie de défense et sa position entre Mer Noire, Russie, Europe et Moyen-Orient. Le réarmement européen ne sera donc pas seulement l’affaire de l’Union européenne.
Ankara a consacré une bascule déjà engagée. L’OTAN reste transatlantique, mais sa crédibilité militaire dépendra désormais davantage de la capacité européenne à financer, produire et durer.
BAMEX 2025 : Un renforcement stratégique de la coopération militaire au Mali
Le Salon BAMEX 2025, qui se déroule à Bamako du 11 au 14 novembre, marque la première édition de cet événement consacré à la défense et à la sécurité. Dans un contexte de réorientation des partenariats militaires, le Mali renforce ses liens avec des puissances telles que la Turquie, la Russie, la Chine et l’Iran, pour sécuriser sa souveraineté face aux menaces croissantes dans la région.
Bamex’25 : Le Mali abrite le premier Salon international de la Défense et de la Sécurité en novembre
Le Centre international de conférences de Bamako a servi de cadre, vendredi 12 septembre 2025, à la présentation officielle de la première édition du Salon international de la Défense et de la Sécurité (Bamex’25). L’événement, qui se déroulera du 11 au 14 novembre prochain à Bamako et à Koulikoro, est placé sous le thème : « Le Mali et l’Afrique au cœur des innovations mondiales en matière de défense ».
Porté par l’entreprise turque « Prontaron Savunma Sanayi, Fuarcilik, Organizasyon ve Dis Ticaret Ltd. Sti (The Peak Defense) » et placé sous le haut patronage du Président de la Transition du Mali, avec l’accompagnement du ministre de la Défense et des Anciens Combattants ainsi que du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, ce Salon international vise notamment à promouvoir l’industrie de la défense, à favoriser les partenariats stratégiques, à faciliter les échanges commerciaux et institutionnels et à renforcer l’attractivité du Mali.
Bamex’25 se déroulera en deux étapes majeures : les journées d’expositions du 11 au 12 novembre 2025 au Parc des expositions de Bamako, dédiées à la présentation des innovations et solutions technologiques dans les domaines de la défense et de la sécurité, suivies des journées de démonstration du 13 au 14 novembre au Centre Boubacar Sada Sy de Koulikoro. Ces journées ont pour objectif de permettre aux participants de voir concrètement les capacités opérationnelles des équipements exposés.
La rencontre avec la presse a réuni le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Général de division Daoud Aly Mohammedine, plusieurs représentants des forces armées et de sécurité, ainsi que des partenaires techniques. Tous ont insisté sur l’importance de ce rendez-vous pour un continent confronté à des défis sécuritaires multiples et à une transformation rapide des technologies de défense.
Selon les organisateurs, Bamex’25 ne sera pas seulement une exposition d’équipements et de solutions sécuritaires. Il s’agira avant tout d’une plateforme stratégique destinée à favoriser les échanges entre États, entreprises, experts et investisseurs.
Le ministre de la Sécurité a rappelé que ce Salon intervient dans un contexte où l’Afrique doit faire face à des menaces transnationales, au terrorisme et aux crises régionales qui fragilisent la sécurité. « Nous avons le devoir d’anticiper les risques et menaces qui éprouvent nos États et d’y apporter les réponses les plus appropriées, pour le bonheur des populations dont la seule quête est de vivre dans un environnement sécurisé », a-t-il déclaré, rendant hommage aux partenaires turcs qui disposent d’une « expertise mondialement reconnue » dans les domaines de la défense et de la sécurité.
Le Directeur de la communication du Salon et représentant de « The Peak Defense », Allatin Dogru, a pour sa part rappelé le rôle d’accompagnement de la Turquie depuis plusieurs années aux côtés du Mali et des pays africains dans le secteur de la défense et de la sécurité, à travers le renforcement des capacités. Il a indiqué que Bamex’25 s’inscrit dans cette même dynamique : « La Turquie n’est pas seulement un fournisseur, elle se positionne comme un partenaire fiable et privilégié », a-t-il ajouté.
Le Salon international de la Défense et de la Sécurité cible aussi bien les institutions étatiques que les forces armées, les entreprises spécialisées, les investisseurs et le grand public. Les étudiants et jeunes intéressés par les métiers de la défense et de la cybersécurité auront également leur place dans ce cadre d’échanges. Au programme, des conférences, des démonstrations d’équipements, des expositions et des rencontres B2B permettront d’aborder des thématiques allant de la cybersécurité aux drones, en passant par la logistique militaire et la robotique.
Le ministre de la Sécurité a conclu en appelant l’ensemble des acteurs nationaux et internationaux à participer à cette première édition. « Je vous invite à vivre pleinement cette expérience unique sur notre continent, aux fins d’échanger, de découvrir, d’acquérir et d’adopter les meilleurs équipements ainsi que les meilleures pratiques du moment, qui nous permettront de bâtir les partenariats qui feront de la défense et de la sécurité en Afrique un modèle abouti de coopération et de résilience », a-t-il lancé.
Mohamed Kenouvi


