Environnement : Le temps de l’action de terrain

La 27ème édition de la Quinzaine de l’Environnement, lancée le 6 juin 2026 à Bamako, intervient dans un contexte où la question écologique occupe une place de plus en plus visible dans le quotidien des Maliens. Elle se lit dans les rues encombrées d’ordures, les caniveaux obstrués, les cours d’eau menacés par les déchets plastiques, les fumées issues du brûlage volontaire et la disparition progressive du couvert végétal.

Il faut reconnaître l’importance de ces moments de mobilisation. Ils rappellent que la protection de l’environnement concerne l’État, les collectivités, les partenaires, les jeunes, les médias et chaque citoyen. Ils permettent aussi de replacer l’assainissement, la lutte contre la pollution et la préservation des ressources naturelles au centre du débat public.

Mais l’urgence impose désormais une étape supplémentaire. La sensibilisation doit trouver son prolongement dans des actions plus régulières, plus proches des populations et plus faciles à évaluer. Les quartiers ont besoin d’un ramassage plus constant des ordures, les caniveaux d’un curage avant l’hivernage, les espaces reboisés d’un suivi réel, les communes d’objectifs clairs et les citoyens d’alternatives accessibles pour réduire les déchets.

L’environnement ne peut plus être seulement un rendez-vous annuel. Il doit devenir une discipline collective, entretenue dans les écoles, les familles, les marchés, les services publics et les communes. Innover, aujourd’hui, c’est faire de la Quinzaine de l’Environnement non pas une simple parenthèse mais le point de départ d’une présence plus forte sur le terrain, avec des résultats visibles et durables.

Hivernage : Agir maintenant

À la mi-mai, le Mali entre dans la période où l’hivernage cesse d’être une prévision pour devenir une urgence. Déjà, les premières pluies ont commencé. Le gouvernement a validé un plan de prévention doté de 4,071 milliards de francs CFA pour 2026, avec le curage annoncé de 241 kilomètres de caniveaux et de 85 kilomètres de collecteurs à Bamako.

Les autorités indiquent aussi que 5 des 11 marigots recensés dans la capitale ont été libérés, soit 40,6 kilomètres traités, pour un taux d’exécution de 55,54%. Ces chiffres existent. Ils montrent un effort. Mais ils ne suffisent pas à rassurer lorsque dans plusieurs quartiers la sensibilisation est peu visible et que les gestes quotidiens de prévention semblent encore trop discrets.

L’expérience de 2024 devrait pourtant imposer une autre cadence. Les inondations avaient provoqué des dégâts considérables, avec 729 cas recensés, 47 306 maisons effondrées, 2 915 greniers et magasins détruits et 88 083 ménages affectés, selon les données rapportées par la Banque mondiale. Derrière ces statistiques, il y a des familles déplacées, des enfants privés d’école, des commerçants ruinés et des quartiers entiers condamnés à attendre la prochaine pluie dans l’angoisse.

Prévenir l’hivernage ne peut donc pas se limiter au curage des caniveaux. Il faut informer tôt, identifier les zones à risque, dégager les voies d’eau, contrôler les constructions dangereuses, équiper les équipes d’intervention et responsabiliser les citoyens.

L’eau ne négocie pas avec des lenteurs administratives. Chaque jour perdu avant les grandes pluies peut devenir demain une maison inondée ou une vie brisée. D’où l’urgence d’agir maintenant.