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Union africaine : le président de la Commission en visite à Bamako

Mahmoud Ali Youssouf effectue depuis dimanche sa première visite officielle au Mali depuis son accession à la présidence de la…

Mahmoud Ali Youssouf effectue depuis dimanche sa première visite officielle au Mali depuis son accession à la présidence de la Commission de l’Union africaine. Ce déplacement de 48 heures intervient alors que le pays reste suspendu des instances de l’organisation continentale.

Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, est arrivé dimanche 12 juillet à Bamako pour une visite officielle de deux jours, consacrée au renforcement du dialogue et de la coopération entre le Mali et l’organisation continentale. Accueilli par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, il a tenu avec ce dernier un premier entretien sur les dossiers d’intérêt commun.

Le programme prévoit également une audience avec le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta. Le ministère malien des Affaires étrangères présente ce déplacement comme la première visite au Mali de Mahmoud Ali Youssouf depuis son élection à la tête de la Commission, le 15 février 2025. Ancien ministre des Affaires étrangères de Djibouti, fonction qu’il a occupée pendant près de vingt ans, il dirige depuis mars 2025 l’organe exécutif de l’Union africaine pour un mandat de quatre ans.

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Une visite préparée depuis janvier

La venue de Mahmoud Ali Youssouf prolonge une démarche engagée plusieurs mois auparavant par la Commission. Le 29 janvier 2026, le président Assimi Goïta avait reçu à Koulouba le nouveau représentant spécial du président de la Commission et chef de la Mission de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel, la MISAHEL, Mamadou Tangara. Celui-ci avait alors annoncé une tournée prochaine de Mahmoud Ali Youssouf au Mali et dans d’autres pays du Sahel afin d’examiner les formes que pourrait prendre la coopération avec l’organisation continentale.

Ancien ministre gambien des Affaires étrangères et diplomate d’origine malienne, Mamadou Tangara avait placé sa mission sous le signe d’une collaboration adaptée aux nouvelles réalités régionales. Il avait notamment évoqué la nécessité de prendre en compte l’existence de la Confédération des États du Sahel et de définir un cadre permettant à l’Union africaine de travailler avec les autorités du Mali, du Burkina Faso et du Niger.

La visite de 48 heures traduit ainsi le passage des échanges menés par les représentants spéciaux à un dialogue direct entre le chef de l’État malien et le président de la Commission. Elle donne également une dimension politique à l’action de la MISAHEL, qui conserve une présence au Mali et assure la liaison entre Bamako, Addis-Abeba et les mécanismes africains de paix et de sécurité.

La suspension et la coopération

Le Mali est suspendu de la participation aux activités, organes et institutions de l’Union africaine depuis le 1er juin 2021. Le Conseil de paix et de sécurité avait adopté cette décision après les événements du 24 mai 2021 ayant conduit à l’éviction du président de la Transition Bah N’Daw et du Premier ministre Moctar Ouane. La mesure devrait rester en vigueur jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel.

Cette suspension porte sur la participation institutionnelle du pays. Elle coexiste avec le maintien de son appartenance à l’Union africaine, les contacts entre la Commission et les autorités maliennes, ainsi que les activités de la MISAHEL. Le représentant malien auprès de l’UA a d’ailleurs participé à plusieurs consultations organisées par la Commission depuis 2021, tandis que les organes chargés de la paix et de la sécurité ont continué à examiner régulièrement la situation du pays.

Le déplacement de Mahmoud Ali Youssouf constitue donc un rapprochement de haut niveau dans un cadre où la suspension reste distincte de la coopération opérationnelle. Il permet aux deux parties d’aborder directement les questions politiques et sécuritaires qui conditionnent l’évolution de leurs relations.

Une transition au cadre renouvelé

Quelques semaines après son entrée en fonction, Mahmoud Ali Youssouf avait reçu, le 27 mai 2025 à Addis-Abeba, les ambassadeurs du Mali, du Burkina Faso et du Niger accrédités auprès de l’Union africaine. Les échanges avaient porté sur les transitions politiques et sur les voies d’un engagement renouvelé en faveur du retour à l’ordre constitutionnel. Le président de la Commission avait également adressé des invitations aux ministres des Affaires étrangères des trois pays pour poursuivre les consultations.

Depuis cette rencontre, le cadre institutionnel malien a évolué. La Charte de la Transition révisée en juillet 2025 prévoit une période de cinq ans renouvelable à partir de 2025, liée au rétablissement de la paix et de la stabilité nationales. Elle autorise également le président de la Transition, les membres du gouvernement et ceux du Conseil national de Transition à participer aux futures élections.

Ce dispositif constitue désormais le cadre politique dans lequel se déroule le dialogue avec l’Union africaine. Du côté continental, le Conseil de paix et de sécurité continue de rattacher la levée de la suspension au retour à un ordre constitutionnel conforme aux instruments africains sur la démocratie et les changements anticonstitutionnels de gouvernement. Les entretiens de Bamako mettent ainsi en présence la feuille de route définie par les autorités maliennes et les principes institutionnels portés par l’UA.

La sécurité au premier plan

La visite intervient dans une période marquée par de nouvelles attaques contre plusieurs localités maliennes. Le 5 juillet, Mahmoud Ali Youssouf avait condamné les opérations coordonnées menées la veille dans le nord, le centre et le sud du pays. Il avait exprimé la solidarité de l’Union africaine avec les autorités et la population maliennes, tout en appelant au renforcement des efforts collectifs contre le terrorisme et à la protection des civils.

Le Conseil de paix et de sécurité avait déjà consacré sa réunion du 28 avril 2026 à la dégradation de la situation au Mali. Il avait réaffirmé son soutien à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale du pays, tout en préconisant une réponse associant l’ensemble de la société et des États de la région. La réunion avait notamment entendu un exposé de Mamadou Tangara au nom de la MISAHEL.

Ces positions placent la lutte contre le terrorisme au cœur des domaines où le dialogue peut se poursuivre malgré la suspension. La Commission a déjà identifié le partage de renseignements, la coopération régionale, l’assistance technique et financière, la protection des populations et le rétablissement de l’autorité de l’État comme des dimensions complémentaires de la réponse sécuritaire au Sahel.

L’AES dans le dialogue continental

Le déplacement à Bamako s’inscrit également dans le rapprochement engagé entre l’Union africaine et les trois pays de l’AES. En avril 2026, le président en exercice de l’Union africaine, le chef de l’État burundais Évariste Ndayishimiye, s’était rendu à Ouagadougou pour rencontrer le président burkinabè Ibrahim Traoré, alors président en exercice de la Confédération. Les discussions avaient porté sur le renforcement des liens entre l’organisation continentale et les États sahéliens, ainsi que sur la lutte contre le terrorisme.

Cette orientation répond à la nouvelle architecture régionale construite par Bamako, Ouagadougou et Niamey autour de la Confédération. L’Union africaine conserve un cadre continental auquel appartiennent les trois États, tandis que l’AES développe ses propres mécanismes politiques, diplomatiques et militaires. La MISAHEL se trouve ainsi chargée de faciliter le contact entre ces deux niveaux d’organisation.

À Bamako, la visite réunit désormais les principaux niveaux qui structurent la relation entre le Mali et l’Union africaine, avec le dialogue politique entre les autorités, l’action de terrain de la MISAHEL et la concertation régionale avec l’AES. Elle constitue la première mise en œuvre au Mali de la démarche de rapprochement portée par Mahmoud Ali Youssouf depuis son accession à la présidence de la Commission.

 

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