Assainissement : lancement des opérations de curage des collecteurs

La ministre de l’Environnement, de l’assainissement et du développement durable a lancé ce 14 mai   les travaux de curage des caniveaux et collecteurs au titre de l’année 2026. L’objectif est de prévenir les inondations et maintenir un cadre de vie sain.

Les opérations de curage annuel des collecteurs et caniveaux pour l’année 2026 ont officiellement été lancé ce 14 mai par la ministre en charge de l’assainissement. Lancée en présence de plusieurs membres du gouvernement dans l’arrondissement IV de la capitale, l’opération vise au total le curage de 770 km de linéaires sur l’ensemble du territoire national.

Pour un coût global de plus de 4 milliards FCFA, les travaux consisteront au curage de 348 Km de collecteurs dans le district de Bamako et 421 Km dans d’autres localités du pays.  Financés conjointement par le budget national et le projet de résilience urbaine de Bamako (PRUBA), les travaux ont pour but de permettre un écoulement normal des eaux de pluie et éviter des inondations. Initiative portée par le gouvernement avec l’appui de la Banque mondiale est financée à hauteur de 56 milliards de FCFA, le projet ambitionne de redonner à ces infrastructures leur vocation initiale.

Suite aux inondations meurtrières de l’hivernage 2024, les autorités ont entrepris en mai 2025 la libération des emprises des marigots et ouvrages de drainage des eaux de pluie dans la capitale.

Plus de 2,9 milliards FCFA ont été alloués aux indemnisations des maisons construites illégalement dans les lits de ces marigots et plus de 100 millions pour l’aide au loyer aux locataires.

Face aux inondations récurrentes, ces réponses ponctuelles restent insuffisantes en l’absence d’un plan global de restauration de ces infrastructures et un plan d’assainissement cohérent et coercitif. En effet, ces ouvrages de drainage des eaux de pluies continuent d’être utilisées pour recueillir les eaux usées des ménages à plusieurs endroits de la capitale. Sans une politique ferme et un suivi rigoureux, ces comportements menacent durablement la gestion des eaux usées et l’assainissement dans la capitale.

 

Environnement : le Mali redistribue les compétences

Les autorités maliennes ont redéfini les compétences territoriales en matière d’assainissement et de protection de l’environnement. Lors du conseil des ministres du 7 janvier 2026, elles ont procédé à la redistribution des compétences administratives en matière d’assainissement et d’environnement entre les différentes collectivités. Il s’agit là d’une nouvelle étape dans l’effectivité de la décentralisation et de nouvelles mesures dans le domaine de l’environnement.

 

Le conseil des ministres du 7 janvier 2026 a adopté deux projets de décret au compte du ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable. Ces nouveaux textes précisent les compétences transférées aux collectivités territoriales en matière d’environnement. La nouvelle loi de 2023 portant organisation administrative a consacré la suppression de la collectivité territoriale cercle. Cette nouvelle organisation administrative a rendu nécessaire « la relecture du Décret n°2014-0572/P-RM du 22 juillet 2014 et du Décret n°2018-0079/P-RM du 29 janvier 2018 fixant respectivement le détail des compétences transférées de l’Etat aux Collectivités territoriales en matière d’assainissement, de lutte contre les pollutions et nuisances et de gestion des ressources forestières et fauniques », justifie le conseil des ministres.

Ainsi les décrets adoptés précisent l’organisation des compétences transférées entre les communes, les régions et le district de Bamako tout en mettant l’accent sur l’appui-conseil que les services de l’Etat doivent apporter aux collectivités décentralisée s dans les domaines de l’environnement, l’assainissement et le développement durable.

Le transfert de ces compétences vise à assurer une efficacité de la gestion environnementale tout en maintenant la coordination de l’Etat. En effet, ces questions locales méritent une réponse locale ancrée dans une politique commune.

Le Mali fait face à de multiples défis environnementaux, parmi lesquels la gestion des ressources naturelles, la gestion des déchets, l’adaptation au changement climatique ou encore la transition vers une économie verte.  La répartition efficace des compétences dans ces domaines et une meilleure coordination sont les gages d’une réussite en matière de gestion environnementale. C’est en tout cas, l’objectif de ces nouveaux textes qui visent d’une part à redéfinir les responsabilités en matière environnementale entre les collectivités et l’Etat et à asseoir une meilleure application des reformes administratives entreprises depuis plusieurs années.

 

 

Quand les camions de vidange empoisonnent la route

Chaque jour, à Bamako, on aperçoit des camions chargés de boues de vidange circulant dans les rues, leurs tuyaux mal fermés laissant échapper des effluents nauséabonds avant même d’atteindre les sites de dépotage.

Sur les grands axes comme dans les quartiers périphériques, ces véhicules, censés assainir la ville, laissent derrière eux des traces d’eaux usées mêlées d’odeurs suffocantes. Les passants, les motocyclistes et les automobilistes partagent malgré eux cette contamination de l’air et du bitume, dans une capitale où la densité urbaine rend la situation d’autant plus insupportable.

Selon les données de la Direction nationale de l’Assainissement, Bamako produit plus de 2 000 mètres cubes de boues de vidange par jour, dont une grande partie est évacuée par des opérateurs privés. Mais l’absence de contrôle strict et le manque de centres de traitement fonctionnels conduisent nombre de camions à déverser illégalement leurs charges ou à circuler sans dispositifs d’étanchéité. Ces pratiques exposent la population à des risques sanitaires majeurs tels que la contamination des eaux souterraines, la prolifération bactérienne et l’insalubrité chronique.

Les autorités municipales reconnaissent des difficultés de suivi, notamment liées à l’insuffisance des infrastructures et à la vétusté du parc de véhicules d’assainissement.

En attendant des mesures concrètes, Bamako continue de respirer au rythme des relents d’eaux usées, symbole d’un service public d’assainissement débordé, voire défaillant. Ce désordre visible interroge la capacité collective à faire de la propreté urbaine un droit effectif et non un luxe, dans une ville où la croissance démographique dépasse désormais les moyens de la gestion quotidienne des autorités du District.

MD