Bréhima Mamadou Koné est politologue, il nous donne son regard sur le M5-RFP, les divisions qui l’ont fracturé et l’esprit qui reste du mouvement. Propos recueillis par Mohamed Kenouvi.
Six ans après sa création, quel regard portez-vous sur le parcours du M5-RFP ?
Le M5-RFP était un mouvement hétéroclite regroupant des acteurs aux sensibilités et aux objectifs différents. À mes yeux, il s’agissait davantage d’un mouvement spontané que d’une organisation politique structurée. Pourtant, compte tenu de son ampleur et de sa capacité de mobilisation, il aurait pu évoluer vers une véritable coalition politique, voire vers un parti capable de s’inscrire dans la durée. Pour cela, il aurait fallu dès le départ un pacte politique clair, une doctrine et une vision communes.
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Comment expliquer que le mouvement soit passé d’un symbole d’unité à une coalition profondément fragmentée ?
À partir du moment où les ambitions individuelles et les questions de leadership ont pris le dessus, les divisions sont devenues inévitables. Au lieu de construire un cadre durable, les acteurs se sont progressivement opposés sur des questions de légitimité. On a assisté à des rivalités internes et à des attaques par presse interposée. Cette dynamique a affaibli le mouvement et accéléré sa désintégration.
Que reste-t-il aujourd’hui de l’esprit du M5 ?
Certains continuent de se réclamer du M5-RFP, mais, dans les faits, le mouvement n’existe plus. Les partis politiques et les associations à caractère politique ont été dissous et le cadre qui portait cette dynamique a disparu. Ce qui demeure aujourd’hui, c’est surtout le souvenir d’une mobilisation qui a marqué un moment important de la vie politique malienne.




