Semaine de la microfinance : les contours de la 9e édition dévoilés

L’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Mali (APSFD-Mali) a présenté, le 13 octobre 2026 à la Maison de la presse de Bamako, les grandes lignes de la 9e édition de la Semaine de la microfinance. L’événement se tiendra du 20 au 23 octobre au Centre international de conférences de Bamako (CICB).

Présidée par Tidiani Amadou Tall, président de l’APSFD-Mali, en présence des membres du bureau de l’Association et d’un représentant de la Direction de la microfinance, la conférence de presse a permis de présenter les objectifs, les enjeux et le programme de cette nouvelle édition.

Après la projection du spot promotionnel de l’événement, le président de l’APSFD-Mali a situé le contexte dans lequel se tiendra cette semaine, placée sous le haut parrainage du président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta.

Organisée autour du thème « La microfinance, levier de l’inclusion financière au service de toute la population malienne », cette 9e édition entend contribuer à élargir l’accès aux services financiers, en particulier pour les populations qui restent en marge du système bancaire classique.

Dans son intervention, Tidiani Amadou Tall a insisté sur le rôle des systèmes financiers décentralisés (SFD) dans le financement de l’économie nationale, notamment de l’agriculture, des PME/PMI, ainsi que des activités portées par les femmes et les jeunes. Un rôle appelé à se renforcer dans un environnement marqué par des difficultés sécuritaires et socio-économiques.

Malgré ces contraintes, le secteur enregistre plusieurs évolutions positives. « Les dépôts ont progressé de 11,7 % », a indiqué le président de l’APSFD-Mali. Il a également précisé que l’encours de crédit des 116 institutions avait augmenté de 2,4 % en 2025. Dans le même temps, les créances en souffrance ont reculé de 13,7 %, traduisant une amélioration de la qualité du portefeuille de crédit.

Quatre jours d’échanges et de réflexion

Au-delà de ces résultats, les organisateurs veulent faire de la Semaine de la microfinance un cadre de réflexion sur les difficultés du secteur et ses perspectives. Il s’agit notamment d’examiner les moyens de renforcer sa contribution à l’inclusion financière, en particulier dans les zones rurales et les localités confrontées à l’insécurité.

« L’objectif général de cette semaine est de faire de la microfinance un levier structurant et durable de l’inclusion financière au bénéfice de l’ensemble de la population malienne », a expliqué Tidiani Amadou Tall.

La présentation du programme a permis de préciser les différentes activités prévues. Après la cérémonie officielle d’ouverture, le 20 octobre, les journées des 21 et 22 octobre seront consacrées à quatre panels thématiques.

Les échanges porteront notamment sur la gouvernance et la solidité financière des SFD, leur contribution au financement de l’agriculture, des PME/PMI et du secteur informel, ainsi que sur la continuité de leurs activités dans un environnement difficile. La transformation digitale et l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les services financiers feront également partie des thèmes abordés.

Les travaux devraient aboutir à des recommandations, à une déclaration finale et à une feuille de route sectorielle visant notamment à renforcer la gouvernance, les partenariats et l’accès aux financements.

L’événement comprendra également des espaces d’exposition où les institutions pourront présenter leurs produits et services au public. La dernière journée, le 23 octobre, sera consacrée à la visite des stands et aux rencontres avec les exposants.

Mohamed Kenouvi

Digitalisation des SFD : une innovation indispensable

En Afrique de l’Ouest en général, et au Mali en particulier, l’écosystème de la finance digitale reste principalement marqué par le Mobile money offert par les opérateurs de téléphonie et, dans une moindre mesure, par les applications de paiement et de transfert d’argent. Pour faire face au faible taux de bancarisation, la digitalisation offre des opportunités aux systèmes financiers décentralisés (SFD) qui entendent en profiter, mènent la réflexion.

Pour améliorer l’accès des populations les plus vulnérables aux services financiers, les acteurs des systèmes financiers décentralisés (SFD) envisagent de s’adapter. Afin de permettre à leurs structures d’être compétitives dans un environnement dynamique où la concurrence et le besoin de modernisation et de rénovation restent permanents. Cette digitalisation des services doit en effet permettre aux SFD d’améliorer l’accès aux services mais également d’atteindre leur diversification, la rapidité des opérations, la transparence ainsi que l’innovation.

Diagnostic nécessaire

Après plusieurs années de réflexion, les acteurs de la Commission de digitalisation des SFD et leurs partenaires du Projet inclusif ont examiné le 12 octobre dernier l’étude diagnostique pour la digitalisation de leurs produits financiers et non financiers. 12 SFD ont été concernés par cette étude, dont les résultats doivent permettre aux structures de mieux appréhender leurs transformations digitales à travers des actions spécifiques.

Initiée pour réduire l’exclusion, l’étude doit notamment pallier les contraintes rencontrées par les bénéficiaires du monde rural. Outre la digitalisation, elle vise à l’amélioration des services numériques, la réduction des coûts d’opération, l’obtention de davantage de lignes de financement et l’augmentation des chiffres d’affaires.

Le Projet inclusif ambitionne de favoriser l’inclusion financière de 440 000 petits producteurs et Petites et moyennes entreprises agroalimentaires des régions de Sikasso, Kayes, Koulikoro, Ségou et Mopti sur une période de 6 ans.

Fin juin 2023, le nombre de SFD dans l’UEMOA s’établissait à 524, après 530 au trimestre précédent. Les institutions de microfinance de l’Union desservent 17 772 024 clients à travers un réseau de 4 544 points de service répartis dans les États membres. Une année plus tôt, le nombre de bénéficiaires était de 16 658 585 pour 4 484 points de service, selon la note de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). À la même période, l’épargne mobilisée par les SFD de la région représentait 5% de celle mobilisée par les établissements de crédit.

Malgré ces chiffres en hausse, l’institution sous-régionale note des défis importants à relever par les SFD pour maintenir la dynamique positive, notamment la maîtrise des risques.