En Afrique, la lutte contre la corruption repose sur des dispositifs nationaux, continentaux et internationaux. Malgré ces cadres, les faiblesses institutionnelles et les ingérences politiques freinent encore l’atteinte des résultats.
La protection des ressources publiques figure parmi les objectifs de cette lutte. Elle doit préserver les fonds destinés aux écoles, aux hôpitaux et aux autres services essentiels, en associant prévention, contrôle et sanctions.
Parmi les instruments continentaux figure la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption, adoptée en 2003 à Maputo. Son Conseil consultatif recueille des informations sur la corruption, conseille les gouvernements et suit l’application des engagements des États parties.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Issu du NEPAD, le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) permet également aux États volontaires d’examiner leur gouvernance politique, économique et institutionnelle.
À l’échelle internationale, la Convention des Nations unies contre la corruption encadre la prévention, l’incrimination des faits, la coopération entre États et la restitution des avoirs issus de la corruption.
Dans plusieurs pays, des autorités spécialisées conduisent des enquêtes et des actions de sensibilisation. La déclaration de patrimoine de certains responsables publics, le contrôle des marchés et la publication des informations budgétaires font partie des instruments de prévention.
Des résultats encore limités
Leur efficacité suppose toutefois une justice capable d’instruire les dossiers et de juger les infractions sans ingérence politique. Le contrôle citoyen, porté notamment par les médias et les organisations de la société civile, contribue aussi à signaler les abus et à demander des comptes. La protection des personnes qui dénoncent ces pratiques est également nécessaire pour prévenir les représailles et encourager les signalements.
L’ampleur des pertes est préoccupante. Dans son rapport de 2020, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement estimait à 88,6 milliards de dollars par an les sorties illicites de capitaux d’Afrique, soit 3,7% du PIB continental. Cette estimation couvre des pratiques plus larges que la seule corruption.
Selon Transparency International, l’Afrique subsaharienne obtient un score moyen de 32 sur 100 dans l’Indice de perception de la corruption 2025, contre 42 au niveau mondial. Elle est la région la moins bien classée. Plus le score est faible, plus la corruption du secteur public est perçue comme élevée.
Les obstacles demeurent nombreux. Le manque d’indépendance judiciaire réduit la portée des poursuites, tandis que l’insuffisance des moyens et de l’expertise affaiblit les institutions de contrôle. Les engagements politiques produisent peu d’effets lorsqu’ils restent sans application. Les conflits et l’instabilité compliquent également la continuité des réformes et le fonctionnement des administrations.




