Bamako Fashion Week : la mode au service de l’économie

Le Mémorial Modibo Keïta a accueilli, le 8 octobre, l’ouverture de la troisième Bamako Fashion Week. Pendant trois jours, l’événement…

Le Mémorial Modibo Keïta a accueilli, le 8 octobre, l’ouverture de la troisième Bamako Fashion Week. Pendant trois jours, l’événement met en avant la création, l’entrepreneuriat culturel et la valorisation des produits locaux.

La cérémonie d’ouverture a été marquée par plusieurs séquences consacrées au patrimoine et à l’identité culturelle, notamment le Défilé du Sahel, mettant en lumière la créativité régionale. Placée sous le thème « La mode, levier de développement économique, social, culturel et environnemental », cette troisième édition entend contribuer à la professionnalisation du secteur. L’ouverture du marché des créateurs a également donné lieu à une visite officielle des stands d’exposition. La journée s’est achevée par un cocktail réunissant professionnels de la mode, médias, artisans et public.
Les officiels et organisateurs se sont accordés sur la nécessité de transformer les talents en opportunités économiques concrètes. « Notre objectif n’est pas seulement de célébrer la beauté des créations, mais de contribuer à construire un secteur plus fort, dynamique et professionnel, capable de créer de la valeur, des emplois et des perspectives pour notre jeunesse », a déclaré Mariam Bocoum, fondatrice de l’événement. Elle a également plaidé pour une démarche de mode écoresponsable profitant davantage aux communautés locales.
Un avis partagé par Mahamadou Diarra dit Koumbouna, secrétaire général du ministère chargé de la Culture. « Le talent à lui seul ne suffit pas toujours. Il doit être accompagné par la formation, la discipline, la professionnalisation et l’innovation », a-t-il insisté. Il a également appelé à renforcer les synergies entre créateurs, investisseurs, institutions et médias.
De son côté, le représentant de l’Union européenne au Mali a rappelé que « la mode n’est pas un simple spectacle, elle est également l’affirmation d’une identité au service de l’économie nationale ». Il a aussi mis en avant la place des femmes et des jeunes dans le développement et la professionnalisation du secteur.
« La mode raconte qui nous sommes, notre patrimoine, nos influences et notre capacité à réinventer nos traditions pour les inscrire dans la modernité », a, pour sa part, souligné le représentant de Canal+.

Le Mali figure parmi les principaux pays producteurs de coton en Afrique et dispose d’une riche tradition textile, notamment autour du bogolan, de l’indigo et du tissage. Mais la transformation locale reste limitée. Selon Mariam Bocoum, « moins de 1 % du coton est actuellement transformé localement », une situation qui, estime-t-elle, ne reflète pas le potentiel de la production nationale.

L’un des défis mis en avant au cours de cette édition est donc de mobiliser davantage la jeunesse et les acteurs du secteur afin d’accroître la transformation locale et de mieux valoriser l’ensemble de la chaîne, du producteur de coton au couturier.
Historique et perspectives
Née en 2011 sous le nom de « Chris Seydou Fashion Week », l’initiative a depuis évolué pour devenir la Bamako Fashion Week. Cette troisième édition entend renforcer son ouverture africaine et internationale et offrir une vitrine aux créateurs, artisans et autres professionnels de la mode malienne.
Ali Sankaré

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