Auteur/autrice : massire Diop
Lutte contre la désinformation : la riposte s’organise face à la guerre informationnelle
Réunis le 11 décembre 2025 à Bamako, responsables institutionnels, acteurs des médias publics et privés et experts ont débattu des réponses à apporter aux campagnes de désinformation visant le pays. Organisé par le Centre d’Information Gouvernementale du Mali, la Direction de l’Information et des Relations publiques des Armées et la Maison de la Presse, le panel a mis en avant le rôle stratégique de l’information dans un contexte de guerre asymétrique.
À l’Hôtel de l’Amitié, les échanges se sont ouverts sous la modération de Salif Sanogo, ancien directeur général de l’ORTM, qui a donné le ton en appelant à un dialogue direct et responsable entre institutions, forces de défense et professionnels des médias. Dès les premières interventions, la nécessité d’une réponse collective et structurée face aux narratifs hostiles s’est imposée comme fil conducteur des débats.
Prenant la parole au nom du CIGMA, Ibrahim Traoré a rappelé que la communication institutionnelle ne peut plus se limiter à la valorisation de l’action publique. Dans un environnement marqué par la manipulation de l’information, elle devient un instrument de défense et d’influence, fondé sur la rapidité, la transparence et la crédibilité des sources officielles. Il a souligné les efforts engagés pour renforcer la présence de l’État sur les plateformes numériques, du site gouvernemental aux réseaux sociaux, afin de toucher des publics diversifiés, y compris en langues nationales. Dire la vérité aux populations, même en période de crise, a-t-il insisté, reste une obligation pour préserver la confiance.
Présidant la rencontre, le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, a replacé les échanges dans le cadre plus large de la guerre informationnelle. Il a dénoncé la diffusion massive de rumeurs, de montages et de fausses informations, souvent amplifiées sur les réseaux sociaux, qui cherchent à affaiblir l’opinion publique et à saper la confiance envers les Forces armées maliennes. Pour le ministre, une information rigoureuse et responsable constitue aujourd’hui un rempart stratégique, appelant les médias à mesurer l’impact de chaque contenu diffusé.
La voix des médias publics s’est également fait entendre. M. Traoré, directeur de la Radio rurale et représentant la direction générale de l’ORTM, a insisté sur le rôle de proximité joué par ce réseau à travers le pays. Il a mis en avant l’importance d’une information accessible, contextualisée et diffusée dans les langues nationales pour toucher les populations rurales, souvent exposées à la désinformation. Selon lui, renforcer les médias de proximité participe directement à la résilience informationnelle du pays.
Pour Alassane Souleymane, directeur général de l’Agence Malienne de Presse et de Publicité, la responsabilité des médias publics est d’autant plus grande dans un environnement saturé d’informations non vérifiées. Il a rappelé que le journalisme reste avant tout un travail de terrain, consistant à témoigner de la réalité quotidienne, à couvrir les faits de société et à fournir des éléments de compréhension face aux récits produits depuis l’extérieur par des acteurs éloignés du terrain.
Bandjougou Danté, président de la Maison de la Presse, a plaidé pour une union nationale des acteurs de l’information et de la communication. Revenant sur l’évolution du paysage médiatique et l’essor des réseaux sociaux, il a souligné la nécessité de dépasser les clivages entre médias publics, privés et acteurs numériques. Pour lui, seule une cohésion fondée sur le professionnalisme et la responsabilité permet de déconstruire les narratifs défavorables et de défendre une information ancrée dans les faits.
Intervenant au nom de la presse privée, Alexis Kalambry, directeur de publication du journal Mali Tribune, a insisté sur la place des médias indépendants dans ce combat informationnel. Il a rappelé que la crédibilité de la presse repose sur la vérification, la contextualisation et l’indépendance éditoriale, même dans un contexte de forte pression. Selon lui, la lutte contre la désinformation ne doit pas affaiblir l’exigence professionnelle, mais au contraire la renforcer.
Apportant un éclairage sécuritaire, le colonel-major Souleymane Dembélé, directeur de la DIRPA, a expliqué que dans une guerre asymétrique, l’adversaire mise autant sur l’impact psychologique que sur l’affrontement armé. La communication opérationnelle vise ainsi à accompagner les actions sur le terrain, à informer sans compromettre la sécurité et à contrer les récits hostiles par des faits vérifiés.
Au terme des échanges, un consensus s’est dégagé autour de la nécessité de faire bloc face à la désinformation. Dans un contexte où chaque mot, chaque image et chaque silence peuvent peser, les participants ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coordination entre institutions et médias afin de défendre une information fondée sur la vérité, la pédagogie et la responsabilité, au service de la cohésion nationale.
Souveraineté sanitaire : les chantiers ouverts après le sommet africain de Dakhla
Organisé fin novembre à Dakhla, le premier sommet africain consacré à la souveraineté sanitaire a ouvert une séquence qui dépasse le cadre de l’événement. Les échanges ont surtout mis en lumière des chantiers structurants appelés à orienter les politiques de santé en Afrique dans les prochaines années.
La réduction de la dépendance extérieure des systèmes de santé figure au premier rang des priorités identifiées. Les débats ont rappelé la vulnérabilité persistante du continent face aux importations de médicaments, de vaccins et d’équipements médicaux, soulignant la nécessité pour les États africains de renforcer leurs capacités de conception, de production et de gouvernance en matière de santé publique.
Ces thématiques ont été portées par plusieurs experts africains impliqués dans les réflexions sur l’autonomie sanitaire. Parmi eux, le Dr Samir Kaddar, médecin et dirigeant dans le secteur de la santé, président fondateur du Réseau international des compétences médicales et scientifiques des Marocains du monde (C3M) et directeur du Centre médical de La Hulpe en Belgique. Actif sur les questions de gouvernance des systèmes de soins, de formation et d’innovation, il a contribué aux échanges portant sur la place du capital humain et du numérique dans la construction de politiques sanitaires durables en Afrique.
Le financement des systèmes de santé constitue un autre chantier central mis en avant. Les discussions ont souligné la nécessité de renforcer les mécanismes nationaux, d’améliorer la gouvernance budgétaire et d’articuler les appuis extérieurs avec des priorités définies localement, afin de garantir la pérennité des politiques publiques de santé.
La formation et la rétention des compétences apparaissent également comme des leviers déterminants. Le déficit de personnels qualifiés reste un obstacle majeur à l’accès équitable aux soins. Les participants ont plaidé pour des investissements accrus dans la formation médicale, la recherche appliquée et la valorisation des compétences africaines, tant sur le continent qu’au sein de la diaspora.
Le développement de la recherche et de l’innovation locales a enfin été identifié comme un axe structurant. Les échanges ont insisté sur la production de données adaptées aux réalités africaines et sur l’intégration des outils numériques pour améliorer la prévention, le diagnostic et la gestion des systèmes de santé.
Au-delà du sommet, l’enjeu réside désormais dans la traduction concrète de ces orientations, avec un horizon de travail fixé à 2030. Les chantiers ouverts à Dakhla posent les bases d’une réflexion de long terme, où experts, institutions et réseaux professionnels sont appelés à jouer un rôle d’appui aux politiques nationales et régionales de santé.
Mali : Saintfiet dévoile une liste de 28 joueurs pour la CAN au Maroc
La liste des Aigles du Mali dévoilée jeudi 11 décembre par le sélectionneur Tom Saintfiet confirme une orientation claire à l’approche de la Coupe d’Afrique des Nations, prévue du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026 au Maroc. Le technicien belge a opté pour un groupe de 28 joueurs mêlant cadres expérimentés, profils en pleine progression et éléments capables d’apporter des solutions spécifiques dans une compétition qui s’annonce exigeante.
Dans les buts, le trio composé de Djigui Diarra, Ismaël Diawara et Mamadou Samassa offre des garanties en matière d’expérience et de connaissance du football africain. Djigui Diarra, longtemps titulaire lors des précédentes campagnes, conserve un statut de référence, tandis que Diawara et Samassa constituent des alternatives habituées aux contextes de pression.
La défense apparaît comme l’un des secteurs les plus fournis de la sélection. Autour du capitaine Hamari Traoré, Tom Saintfiet s’appuie sur des profils polyvalents tels que Sikou Niakaté, Abdoulaye Diaby, Fodé Doucouré ou encore Mamadou Fofana. Cette densité traduit une volonté de solidité et d’adaptabilité, un paramètre clé dans une compétition où la rigueur défensive condition souvent la longévité dans le tournoi.
Le milieu de terrain s’impose comme le véritable socle du groupe. Amadou Haidara, Lassana Coulibaly, Mohamed Camara, Aliou Dieng et Mahamadou Doumbia apportent impact, volume de jeu et discipline tactique. La présence d’Yves Bissouma, malgré une période récente marquée par une indisponibilité en club, illustre le poids accordé à l’expérience internationale et à la capacité à gérer les temps forts d’un match. Ce secteur constitue l’un des atouts majeurs du Mali dans la perspective de la CAN.
En attaque, la sélection privilégie la complémentarité plutôt que l’éclat individuel. El Bilal Touré demeure l’une des principales références offensives, tandis que Néné Dorgeles, Kamory Doumbia, Gaoussou Diakité ou Lassine Sinayoko apportent mobilité, pressing et variété dans les options. Ces profils offrent au sélectionneur plusieurs schémas possibles selon les adversaires.
Placés dans un groupe comprenant la Zambie, le Maroc, pays hôte, et les Comores, les Aigles entreront en lice le 22 décembre. Cette phase de groupes exigera une montée en régime rapide, notamment face au Maroc, dans un contexte marqué par la pression du public et l’enjeu symbolique du statut de favori à domicile.
Sur le plan des chances, le Mali aborde la CAN 2025 avec une ambition particulière. Malgré plusieurs campagnes solides et des parcours réguliers dans le dernier carré continental, la sélection nationale court toujours après un premier sacre en Coupe d’Afrique des Nations. Cette quête constitue un fil conducteur pour cette génération, qui dispose aujourd’hui d’un effectif équilibré, expérimenté et plus profond que lors de certaines éditions précédentes.
La capacité du groupe à transformer cette stabilité en efficacité offensive, à gérer les moments clés des rencontres et à maintenir une concentration défensive constante sera déterminante. Sans statut officiel de favori, le Mali se présente comme un candidat crédible, décidé à jouer pleinement sa chance dans un tournoi où l’objectif reste clair : enfin inscrire son nom au palmarès continental.
Mauritanie : l’Espagne accorde deux millions d’euros pour soutenir les réfugiés à M’Berra
Le Conseil des ministres espagnol a approuvé, mardi 9 décembre 2025, une contribution de deux millions d’euros au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), destinée à soutenir les réfugiés dans le camp de M’Berra, situé dans la région du Hodh Ech Chargui, en Mauritanie.
Cette enveloppe doit financer les programmes du HCR en matière de protection, de services essentiels et de développement local au profit des populations réfugiées et des communautés hôtes, selon le communiqué publié à l’issue de la réunion gouvernementale.
Le Conseil a souligné que la stabilité de la Mauritanie, voisine directe de l’Espagne et de l’Union européenne, est désormais menacée par la détérioration de la situation politique et sécuritaire au Sahel. Il a indiqué que la position géographique du pays en a fait un pays de transit, et de plus en plus un pays de destination, ce qui a provoqué un afflux important de réfugiés vers le Hodh Ech Chargui.
Selon les données du HCR, la Mauritanie accueille des centaines de milliers de réfugiés et demandeurs d’asile, majoritairement originaires du Mali. À la mi-2025, environ 309 000 réfugiés et demandeurs d’asile étaient présents sur le territoire mauritanien, dont près de 177 000 enregistrés par l’agence onusienne, la grande majorité en provenance du Mali.
Dans la région du Hodh Ech Chargui, d’importantes populations réfugiées sont installées dans et autour du camp de M’Berra, dont plus de 110 000 personnes dans le camp même selon les estimations disponibles, tandis que d’autres vivent dans des localités voisines sous diverses formes d’hébergement.
Ce contexte humanitaire est le résultat de plusieurs années d’instabilité au Sahel, qui ont conduit à des déplacements massifs de populations fuyant les conflits armés, l’insécurité et les violences prolongées. Le HCR signalait déjà, en septembre 2024, que la région du Hodh Ech Chargui hébergeait plus de 242 000 réfugiés maliens, dont une grande part autour de M’Berra.
La situation a généré une pression considérable sur les ressources locales, aggravée par les conditions climatiques difficiles et l’insuffisance des infrastructures de base. Dans ce contexte, de nombreux réfugiés vivent dans des conditions précaires, tandis que les populations hôtes font face à une demande accrue de services essentiels.
La contribution espagnole s’inscrit dans une logique de soutien renforcé à la réponse humanitaire dans la région, en s’ajoutant aux efforts d’autres partenaires internationaux engagés auprès du HCR et des autorités mauritaniennes. Elle intervient alors que les besoins en financement restent élevés pour garantir l’accès à l’eau, à l’alimentation, à la santé et à l’éducation pour les populations réfugiées et leurs communautés d’accueil.
CEDEAO : des mesures adoptées pour réduire le coût des billets d’avion à partir de 2026
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a arrêté une réforme destinée à alléger le coût du transport aérien dans l’espace communautaire. Adoptée par les chefs d’État et de gouvernement lors du sommet tenu à Abuja en décembre 2024, la décision entrera en application à compter du 1er janvier 2026.
La réforme prévoit l’abolition des taxes appliquées au transport aérien ainsi qu’une réduction de 25 % des redevances passagers et de sécurité. Ces dispositions sont encadrées par un Acte additionnel relatif aux redevances, taxes et frais aéronautiques, adopté au niveau communautaire. À l’approche de l’entrée en vigueur des mesures, la CEDEAO a procédé, en décembre 2025, à des communications et rappels institutionnels portant sur les modalités de mise en œuvre de la réforme.
Les charges concernées relèvent du cadre fiscal et parafiscal appliqué aux billets d’avion et aux services aéroportuaires. Elles se distinguent des tarifs commerciaux fixés par les compagnies aériennes, qui demeurent de leur ressort. La réforme vise à agir sur les composantes réglementaires du prix du billet, identifiées par les institutions communautaires comme un facteur de renchérissement des déplacements aériens dans la région.
La décision concerne les États membres de la CEDEAO au moment de l’entrée en vigueur de la réforme. Les pays ayant formellement quitté l’organisation, dont le Mali, le Burkina Faso et le Niger, ne sont pas concernés par l’application de ces mesures.
La Commission de la CEDEAO est chargée du suivi de la mise en œuvre à travers un mécanisme régional de surveillance économique du transport aérien. Ce dispositif a pour mission de vérifier l’application effective des mesures par les États concernés et d’en évaluer les effets sur le secteur aérien régional.
Les autorités communautaires indiquent que l’allègement des taxes et redevances devrait contribuer à une baisse des tarifs aériens, à une augmentation du trafic passagers et à un renforcement des compagnies opérant dans l’espace communautaire. La réforme s’inscrit dans les objectifs de facilitation de la mobilité et des échanges entre les États membres.
Ces mesures sont l’aboutissement de plusieurs années de travaux menés au sein des institutions de la CEDEAO, notamment au niveau des commissions techniques et du Parlement communautaire, qui avaient relevé le poids des charges fiscales dans le coût des billets d’avion. Leur entrée en vigueur en 2026 constituera une étape importante dans l’évolution du cadre réglementaire du transport aérien ouest-africain.
Mali/Niger : le Premier ministre nigérien à Bamako pour les préparatifs du sommet de l’AES
Le Premier ministre du Niger s’est rendu à Bamako le 11 décembre dans le cadre des préparatifs du deuxième sommet de l’Alliance des États du Sahel. La visite a porté sur les dossiers institutionnels de la Confédération, dont l’état d’avancement de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement.
Reçu à l’aéroport Modibo Keïta-Sénou par le général Abdoulaye Maïga, le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine a rejoint Bamako.
Il a pris part à des échanges de travail avec les responsables économiques de l’Alliance des États du Sahel..
Ce déplacement ne constitue pas une première pour le chef du gouvernement nigérien à Bamako. Depuis la création de l’Alliance, Ali Mahaman Lamine Zeine a déjà effectué plusieurs visites de travail dans la capitale malienne. La séquence d’hier intervient toutefois à un moment particulier, à l’approche du deuxième sommet des chefs d’État de l’AES prévu les 22 et 23 décembre, et s’inscrit dans une phase de consolidation des dossiers appelés à être examinés à ce niveau.
Les discussions ont principalement porté sur la Banque confédérale pour l’investissement et le développement, conçue comme l’instrument financier commun de la Confédération. Selon les informations communiquées à l’issue des échanges, les statuts de la banque ont été validés et signés, ouvrant la voie à la mise en place des organes de gouvernance et à la désignation des responsables chargés de conduire l’institution. Ces avancées s’inscrivent dans la continuité des travaux menés ces derniers mois par les ministres des Finances de l’AES.
La question du capital de la banque demeure toutefois peu détaillée dans les communications officielles. Lors de l’annonce de sa création, un capital initial de 500 milliards de francs CFA avait été évoqué, ce qui a parfois nourri des interprétations divergentes. À ce stade, les autorités indiquent qu’un capital est validé et partiellement libéré, sans précision publique sur les montants effectivement mobilisés ni sur le calendrier exact de démarrage des activités opérationnelles.
La visite s’inscrit enfin dans un agenda institutionnel plus large, marqué par une série de réunions techniques et ministérielles organisées en amont du sommet. Ces rencontres visent à examiner les textes confédéraux, les mécanismes de coordination et les projets communs appelés à être consolidés avant leur présentation aux chefs d’État.
Ali Mahaman Lamine Zeine a quitté Bamako à l’issue de cette mission de travail. Cette étape s’ajoute aux consultations engagées par les États membres de l’Alliance dans la phase préparatoire du sommet, appelé à marquer une nouvelle étape dans la structuration institutionnelle et économique de la Confédération des États du Sahel.
Élan de solidarité : Corsair offre 600 kits aux centres de dialyse de Bamako
La compagnie aérienne française Corsair, en collaboration avec le ministère de la Santé et du Développement social, a remis, le 9 décembre 2025, un lot de 600 kits de dialyse destinés aux centres de dialyse de Bamako.
Réconciliation nationale : deux membres du CNT suspendus
Le ministère de la Réconciliation a annoncé, ce 10 décembre, la suspension de sa collaboration avec deux membres du CNT après des échanges jugés contraires à la Charte nationale pour la paix. Cette décision intervient alors que la Transition met officiellement en avant le rôle des chefferies et légitimités traditionnelles dans la mise en œuvre de cette Charte.
Ségou : couvre-feu reconduit sur fond d’insécurité persistante
Décidée le 8 décembre 2025, l’autorité régionale de Ségou a prorogé pour trente jours le couvre-feu instauré en juin dernier. La mesure s’applique chaque nuit de 23 h à 5 h du matin sur l’ensemble de la région.
Par la décision n° 2025-505/GRS-CAB en date du 8 décembre 2025, le gouverneur de la région de Ségou a prorogé le couvre-feu institué par la décision n° 2025-233/GRS-CAB du 4 juin 2025. Le texte prévoit une nouvelle période de trente jours, reconductible, allant du lundi 8 décembre 2025 au mardi 6 janvier 2026, de 23 h à 5 h, sur tout le territoire régional.
La décision rappelle que, pendant la durée du couvre-feu, la liberté de circulation des personnes et de tous les engins de transport est restreinte. Seuls les véhicules et autres engins des forces de défense et de sécurité, ainsi que les ambulances bénéficiant d’un ordre de mission, ne sont pas concernés par la mesure. Le document précise que le couvre-feu prend effet à compter de sa date de signature et qu’il doit être publié et communiqué partout où le besoin se fait sentir.
L’acte énumère les autorités chargées de l’application de la mesure : le commandant de la zone de Défense n° 2, le commandant de la région de Gendarmerie n° 5, le commandant de la quatrième région de la Garde nationale, ainsi que les directeurs régionaux de la Police nationale et de la Protection civile. Chacun est mandaté, dans son domaine de compétence, pour veiller à l’exécution du couvre-feu. La décision est signée au nom du gouverneur par le directeur de cabinet, membre du corps préfectoral.
Cette prorogation intervient après plusieurs mois de restrictions nocturnes. Une première décision de couvre-feu avait été prise début juin 2025, pour une durée initiale de trente jours, renouvelable, avec des limitations de circulation visant les personnes, les motos et les véhicules sur l’ensemble de la région. Les reconductions successives traduisent la volonté des autorités d’encadrer les déplacements nocturnes dans un contexte que les services de sécurité décrivent comme marqué par la multiplication d’incidents dans plusieurs zones de la région.
Les données collectées sur le premier semestre 2025 illustrent ce climat sous tension. Une note du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) consacrée aux restrictions sécuritaires et de mouvement au Mali, arrêtée au 30 juin 2025, indique que la région de Ségou a enregistré 323 incidents sécuritaires et 736 victimes civiles entre le 1ᵉʳ janvier et le 30 juin 2025. Le même document précise qu’un couvre-feu y a été instauré à partir du 4 juin 2025, avec des restrictions de circulation pour les personnes, les motos et les véhicules, assorties d’exceptions pour les forces de défense et de sécurité et les ambulances, et la possibilité d’autorisations spéciales.
En reconduisant le couvre-feu jusqu’au début du mois de janvier 2026, les autorités régionales de Ségou maintiennent ainsi un dispositif qui combine limitation des mouvements nocturnes et mobilisation des forces de défense et de sécurité, dans une région où les indicateurs de sécurité du premier semestre ont mis en évidence un nombre élevé d’incidents et de victimes civiles.
Visite du Premier ministre en Guinée : économie, rail et transhumance au menu des échanges
En visite d’amitié et de travail à Conakry le 9 décembre 2025, le Premier ministre Abdoulaye Maïga a rencontré son homologue guinéen Amadou Oury Bah. Les discussions ont porté sur l’interconnexion ferroviaire, les corridors de transit et la transhumance entre les deux pays.
Arrivé dans la matinée à Conakry à la tête d’une délégation gouvernementale, le Premier ministre, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le général de division Abdoulaye Maïga, a pris part à une séance de travail avec le chef du gouvernement guinéen, Amadou Oury Bah. La délégation malienne comprend notamment le ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le ministre de l’Économie et des Finances, la ministre des Transports et des Infrastructures et le ministre de l’Élevage et de la Pêche.
Au cours de la réunion, les deux parties ont examiné plusieurs dossiers jugés prioritaires pour la coopération bilatérale. Les échanges ont porté sur le projet d’interconnexion ferroviaire entre les deux pays, destiné à faciliter l’acheminement des marchandises vers l’hinterland malien, sur l’opérationnalisation de nouveaux corridors de transit et sur la gestion de la transhumance du bétail à la frontière. À l’issue de la séance de travail, le gouvernement guinéen a réaffirmé sa disponibilité à accompagner le gouvernement malien sur ces différents volets et un point de presse conjoint a été animé par les deux Premiers ministres.
Le volet des corridors s’inscrit dans la continuité des efforts engagés autour de l’axe Conakry–Bamako. Ces dernières années, les administrations douanières des deux pays ont renforcé leur coopération pour améliorer la fluidité du transit et sécuriser les recettes, notamment à travers l’installation d’une représentation permanente des Douanes maliennes dans les entrepôts maliens au port autonome de Conakry. Ce dispositif vise à consolider le rôle du port guinéen comme point de passage majeur pour les marchandises à destination du Mali.
Le dossier de la transhumance constitue un autre aspect structurant des discussions. En 2025, des décisions prises au niveau local en Guinée avaient entraîné le départ de troupeaux maliens de la région de Kankan et limité l’accès des éleveurs aux pâturages guinéens, avant la conclusion d’un accord bilatéral encadrant la circulation du bétail et la gestion des flux pastoraux le long de la frontière. La présence du ministre de l’Élevage et de la Pêche au sein de la délégation malienne s’inscrit dans ce contexte de recherche de mécanismes stabilisés pour la transhumance.
La visite du Premier ministre en Guinée et la séance de travail tenue à Conakry s’insèrent ainsi dans une série d’initiatives destinées à renforcer la coopération économique et commerciale entre les deux pays. Les autorités des deux côtés mettent en avant la volonté d’accélérer les projets d’infrastructures, de consolider les corridors de transit et de sécuriser la gestion de la transhumance, sur la base des accords déjà conclus et des engagements pris au niveau bilatéral.
Afrique de l’Ouest : les femmes de plus en plus visibles sur les routes migratoires
Publié début décembre 2025 par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), un nouveau rapport intitulé « Women on the move » analyse les déplacements de 15 360 voyageuses en Afrique de l’Ouest et du Centre en 2024.
Cette étude, fondée sur le dispositif de Flow Monitoring de l’OIM, documente les profils, les itinéraires et les risques auxquels sont exposées les femmes, notamment au Mali et au Niger.
Stabilité financière : premier rapport commun des banques centrales africaines
À Yaoundé, la 47ᵉ Assemblée des Gouverneurs de l’Association des banques centrales africaines (AACB) a été marquée par la présentation du premier Rapport africain sur la stabilité financière, élaboré à l’échelle du continent.
Bénin : tentative de coup d’État déjouée
Une tentative de coup d’État menée par un groupe de militaires a été déjouée dimanche au Bénin. Si le président Patrice Talon reste en place, l’épisode révèle la fragilité du climat politique à l’approche de la fin de son mandat.
Axe Bougouni–Bamako : tirs contre un convoi de citernes escorté par les FAMa
Un convoi de camions-citernes escorté par les Forces armées maliennes a été visé ce samedi sur l’axe Bougouni-Bamako.
Projet de loi de finances 2026 : un budget de 3 578 milliards adopté à l’unanimité
Le Conseil national de Transition a adopté ce 4 décembre la première partie du projet de loi de finances 2026, qui porte les dépenses de l’État à 3 578 milliards de FCFA.
Journalistes enlevés : une inquiétude renouvelée après la preuve de vie de deux agents de l’ORTM
Une vidéo récente attribuée au JNIM a ravivé les inquiétudes autour des journalistes disparus. La situation des professionnels capturés ces dernières années demeure entourée d’incertitudes.
La diffusion d’un enregistrement montrant Daouda Koné, directeur régional de l’ORTM à Douentza, a rappelé la persistance des risques auxquels sont exposés les acteurs des médias dans les zones d’insécurité. Lui et son caméraman Salif Sangaré ont été enlevés le 14 octobre 2025 sur l’axe Sévaré–Konna alors qu’ils rentraient d’une mission. Dans la vidéo, Daouda Koné confirme leur capture et évoque leurs conditions de détention, sans donner d’indication sur l’état de santé de son collègue. Depuis la publication de cette séquence, aucune information officielle n’a été communiquée, laissant leur sort en suspens et maintenant l’incertitude pour leurs familles comme pour leur rédaction.
Ce nouvel épisode survient dans un contexte marqué par plusieurs disparitions non résolues. Hamadoun Nialibouly, journaliste de la radio Dandé à Douentza, est porté disparu depuis le 27 septembre 2020, date à laquelle il avait été enlevé lors d’un déplacement sur l’axe Douentza–Boni. Les recherches menées au fil des années n’ont permis d’établir ni les conditions de sa détention ni l’identité de ses ravisseurs, et aucune revendication n’a été confirmée. Malgré les appels répétés des associations professionnelles, aucune évolution publique n’a été signalée.
Le cas de Moussa M’Bana Dicko, disparu également dans la région de Boni, illustre les mêmes incertitudes. Les informations disponibles sur les circonstances de son enlèvement demeurent limitées et aucune trace de vie n’a été rendue publique depuis sa disparition. Son nom figure régulièrement dans les mobilisations en faveur des journalistes introuvables, mais aucun élément récent n’a permis de relancer les recherches.
La diffusion de cette vidéo a mis en évidence la fragilité persistante des journalistes travaillant dans les régions du centre, où les déplacements restent risqués et les informations difficiles à vérifier. Elle intervient alors que plusieurs d’entre eux manquent toujours à l’appel, sans indication fiable sur leur situation. Les rédactions et les proches poursuivent leurs démarches pour obtenir des nouvelles, mais l’absence de communication officielle et l’accès limité aux zones concernées compliquent toute tentative d’éclaircissement.
Douane malienne : une transition sous pression
Le gouvernement a nommé un nouveau directeur général des Douanes lors du conseil des ministres du 3 décembre, à un moment où l’institution se trouve au centre d’enjeux économiques majeurs.
Cette transition intervient alors que les débats sur la gestion des flux d’hydrocarbures, les projections de recettes et les perspectives de réforme se multiplient.
La nomination marque la fin officielle des fonctions d’Amadou Konaté, appelée à intervenir quelques semaines avant la date à laquelle il devait atteindre la limite d’âge dans la fonction publique. Au-delà de l’aspect administratif, ce départ s’inscrit dans une période où la Douane occupe une place sensible dans la dynamique économique nationale. Les derniers mois ont été marqués par une série d’opérations de saisies mises en avant comme significatives, par des communications régulières soulignant des prévisions de recettes dépassées et par une forte visibilité de l’institution dans la lutte contre la fraude et la régulation des flux commerciaux. Ces éléments avaient contribué à renforcer l’image d’une administration en activité constante, dans un contexte où la performance douanière demeure directement liée à la capacité de l’État à sécuriser ses ressources intérieures.
Cette transition s’opère également dans un climat particulier, marqué par la pénurie de carburant qui a touché le pays depuis mi-septembre 2025. Les autorités avaient assuré que le nombre de camions-citernes entrant sur le territoire, après les mesures de déblocage, était supérieur aux volumes observés avant la crise. Cette affirmation avait déclenché de nombreuses interrogations sur la chaîne d’approvisionnement, la fluidité des contrôles et la capacité des administrations concernées à garantir une distribution régulière. Plusieurs acteurs économiques avaient relevé que, malgré l’augmentation des volumes déclarés, la disponibilité du carburant demeurait inégale selon les zones, révélant des décalages entre les flux enregistrés et l’impact réel sur le marché intérieur. Dans ces discussions, la Douane apparaissait comme l’un des maillons essentiels dont l’action conditionnait l’issue d’une crise devenue un test de coordination et de gouvernance.
Succession
Le départ d’Amadou Konaté intervient donc au moment où la Douane cristallise de fortes attentes. Les discussions autour de son avenir professionnel, sa présence dans les instances régionales des administrations douanières et la perspective de sa retraite avaient alimenté des interrogations sur la continuité de la direction. Sa participation active à des structures internationales avait été perçue comme le signe d’une installation durable dans le paysage institutionnel, tandis que la succession restait largement ouverte jusqu’à la décision gouvernementale.
La désignation de Cheickna Amala Diallo replace désormais l’attention sur les orientations à venir. Inspecteur des Douanes, il connaît les services et les contraintes techniques qui structurent l’institution, ainsi que les exigences opérationnelles liées à la surveillance des corridors et à la collecte des ressources. Sa prise de fonction survient dans un contexte où la Douane demeure un pilier de l’équilibre budgétaire, dans un pays où les recettes intérieures constituent un levier essentiel face au recul des appuis extérieurs et à la pression des dépenses sécuritaires. La capacité de l’administration à maintenir un niveau de mobilisation des ressources conforme aux projections sera suivie de près, tout comme son rôle dans la sécurisation des flux commerciaux, la transparence des procédures et l’accompagnement des mesures destinées à stabiliser les approvisionnements stratégiques, notamment en hydrocarbures.
Au-delà du changement à la tête de l’institution, les prochains mois montreront si cette transition ouvre une nouvelle phase de modernisation ou s’inscrit dans la continuité des pratiques engagées. Dans un environnement où les crises successives rappellent l’importance de chaque maillon de la chaîne économique, la direction des Douanes se retrouve une nouvelle fois face à la nécessité d’assurer la régularité des flux, de renforcer la confiance des opérateurs et de soutenir la prévisibilité de l’activité économique. L’évolution des décisions, des résultats et du rythme des réformes permettra de mesurer la manière dont l’institution répondra aux défis immédiats tout en se projetant dans une dynamique durable.
Stabilité et développement économique : un appui de 2,4 milliards CFA lancé
Le Japon a lancé à Bamako deux projets destinés à soutenir les populations déplacées et à renforcer la filière textile. Annoncées le 1ᵉʳ décembre 2025, ces initiatives marquent une nouvelle étape dans la coopération engagée avec les autorités nationales et les partenaires du développement.
L’ambassadeur du Japon, Murata Yukuo, a présidé la cérémonie en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Le premier projet vise une réponse multisectorielle en faveur des femmes et des jeunes déplacés internes dans les régions du centre. Le second s’attache à renforcer la durabilité et la compétitivité du secteur textile, à travers une collaboration plus étroite avec les acteurs privés d’une filière essentielle pour l’économie locale.
Le programme consacré aux déplacés met l’accent sur la stabilisation, l’accès aux services essentiels et la relance des moyens de subsistance dans les zones les plus touchées, notamment à Bandiagara. Celui dédié au textile entend moderniser une filière porteuse mais vulnérable, en soutenant l’innovation, la formation et une meilleure structuration des unités de production.
Dans son allocution, Murata Yukuo a rappelé que ces initiatives concrétisent les engagements pris par le Japon lors de la TICAD9, où Tokyo avait réaffirmé sa volonté de promouvoir la coexistence pacifique entre communautés, de renforcer l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité » et d’appuyer le développement du secteur privé africain. Les communications en bamanankan et en japonais présentées lors de la cérémonie ont également souligné l’importance du double appui pour renforcer la résilience sociale et stimuler le développement économique.
Avec ce financement de 2,4 milliards de francs CFA, le Japon confirme son rôle de partenaire engagé dans les efforts de stabilisation et d’accompagnement économique. Les deux projets, désormais entrés en phase de mise en œuvre, sont attendus pour leurs contributions concrètes à la cohésion sociale et à la dynamisation d’un secteur productif clé.
