À Bamako, une sirène d’ambulance ne devrait jamais être une simple nuisance sonore dans les embouteillages. Elle devrait être comprise pour ce qu’elle est : le signal d’une urgence, parfois d’une vie suspendue à quelques minutes. Pourtant, trop d’usagers refusent encore de céder le passage, doutent de la présence d’un malade à bord ou collent au véhicule de secours pour profiter de l’ouverture créée dans la circulation.
Cette pratique est plus qu’une mauvaise habitude. Elle révèle une faiblesse grave de civisme routier dans une ville déjà éprouvée par les accidents, la congestion et les difficultés d’accès rapide aux soins. Les statistiques routières récentes rappellent l’ampleur du risque. En 2025, le Mali a enregistré 648 morts et 8 863 blessés sur les routes. Dans une telle réalité, chaque minute perdue entre le lieu de l’accident et l’hôpital peut peser lourd. Le passage d’une ambulance devrait donc être considéré comme une priorité absolue, non comme une occasion de gagner quelques mètres dans la circulation.
Une ambulance ne transporte pas toujours un patient visible. Elle peut aller chercher un blessé, une femme en détresse, un enfant en danger, une personne en arrêt respiratoire ou un malade dont l’état se dégrade. Contester son urgence depuis son guidon ou son volant, c’est prendre une responsabilité que personne ne devrait s’autoriser.
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Le respect du passage des ambulances doit devenir un réflexe collectif. Il faut sensibiliser, sanctionner si nécessaire et rappeler que la route n’est pas seulement un espace de circulation, mais aussi un lieu où se mesure notre rapport à la vie des autres.




