Solaire : Prudence sur les toits

Les délestages ont poussé de nombreux Bamakois à chercher leur propre lumière. Dans les familles, les ateliers, les commerces et les immeubles, les panneaux solaires se multiplient, souvent comme une réponse de survie à une fourniture électrique devenue irrégulière. Ce choix est légitime. Quand le courant manque pendant de longues heures, il faut préserver la nourriture, travailler, étudier, communiquer et même tout simplement vivre.

Mais l’hivernage impose une autre urgence. Les vents violents accompagnant les orages peuvent arracher des tôles, déraciner des arbres et projeter des objets lourds à plusieurs mètres. Un panneau solaire mal fixé, installé sur une toiture fragile ou posé sans résistance, est un danger pour les habitants, les voisins et les passants.

Le solaire ne peut pas être seulement une affaire de vente rapide et de pose approximative. Il doit être mieux encadré, avec des installateurs identifiés, des règles minimales d’ancrage, des contrôles avant l’hivernage et une information claire des propriétaires. La solidité des bâtiments varie, les toitures n’ont pas toutes la même capacité de résistance et aucune installation ne devrait être posée sans vérification sérieuse.

L’État, les mairies, les services techniques et les professionnels ont ici une responsabilité partagée. Il ne s’agit pas de freiner le recours au solaire, mais de le sécuriser. À Bamako, cette énergie est devenue une nécessité. Elle peut alléger la souffrance des ménages et soutenir les petites activités.

Encore faut-il qu’elle ne crée pas d’autres risques. Sortir de l’obscurité ne doit pas signifier installer au-dessus de nos têtes des équipements capables de blesser ou de tuer au premier grand vent. Le solaire protège lorsqu’il est maîtrisé, mais il expose lorsqu’il est improvisé.