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Traite des personnes : les futurs journalistes face aux nouveaux pièges

Les 4 et 5 août, l’Hôtel Azalaï de Bamako a accueilli une session de renforcement des capacités de futurs journalistes…

Les 4 et 5 août, l’Hôtel Azalaï de Bamako a accueilli une session de renforcement des capacités de futurs journalistes sur la lutte contre la traite des personnes. Organisée autour du thème « Piégés derrière l’arnaque », la formation a permis aux participants de mieux comprendre le phénomène, le cadre juridique qui l’encadre et les précautions à prendre dans son traitement journalistique.

Pendant deux jours, des étudiants de l’École supérieure de journalisme et des sciences de la communication ont été sensibilisés aux différentes formes de traite des personnes, notamment l’exploitation sexuelle, la mendicité forcée, le travail forcé et la traite aux fins de prélèvement d’organes.

À l’ouverture des travaux, le directeur des Études de l’ESJSC, Mohamed Diarra, a insisté sur la responsabilité des journalistes dans l’information du public face à un phénomène souvent alimenté par de fausses promesses d’emploi et de migration.

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La présidente du Comité national de lutte contre la traite des personnes et les pratiques assimilées, la magistrate Oumou Elkhaïrou Niaré, est revenue sur les efforts entrepris par le Mali depuis 2010. Elle a notamment présenté les missions du comité, créé en 2011, ainsi que l’installation de structures régionales à Kayes, Koulikoro, Ségou, Bougouni et Sikasso. Parmi les perspectives évoquées figurent l’application effective des textes spécifiques et la transformation du comité en une agence dédiée à la lutte contre la traite.

Sara El-Koundi, représentante de l’Organisation internationale pour les migrations, a pour sa part, insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective face au phénomène et sur la protection des migrants exposés aux réseaux de traite.

Les participants ont également été formés aux notions fondamentales de la traite des personnes. Les intervenants ont rappelé la différence entre la traite et le trafic illicite de migrants, présenté les principaux indicateurs permettant d’identifier des victimes et expliqué le cadre juridique international, notamment la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée, dite Convention de Palerme.

Une large place a été accordée au rôle des médias. Les formateurs ont insisté sur la protection de l’identité des victimes, la vérification des informations et la nécessité d’éviter le sensationnalisme. Les réseaux sociaux, les nouvelles technologies et les fausses offres d’emploi ont également été présentés comme des moyens utilisés par les trafiquants pour attirer leurs victimes.

La formation s’est achevée par le lancement d’un concours de production journalistique destiné aux étudiants participants. Les meilleures productions seront récompensées dans trois catégories, télévision, radio et presse écrite.

Le concours permettra surtout de mesurer la manière dont les participants traduiront ces enseignements dans leurs futurs reportages, avec une difficulté centrale, raconter les parcours des victimes sans les exposer davantage.

Salimata Wagué

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