Société




Décharge de Badalabougou : Une menace sanitaire à ciel ouvert

Au flanc de la colline de Badalabougou, le dépôt de transit des déchets ménagers de la Commune V empoisonne le…

Au flanc de la colline de Badalabougou, le dépôt de transit des déchets ménagers de la Commune V empoisonne le quotidien des universitaires et des récupérateurs. Fumées, odeurs et interruptions d’activités nourrissent une inquiétude ancienne, sans solution visible pour le moment.

« Beaucoup d’étudiants souffrent déjà d’asthme ou de sinusite. Certains font des crises lorsque la fumée envahit les salles », témoigne Amadou Koïta, auditeur en Master à la Faculté de Droit privé et Président du Club universitaire des droits humains.

Le pneumologue Boubacar Diarra explique qu’une exposition répétée peut irriter les yeux, la gorge et la peau, provoquer des céphalées, favoriser bronchites et infections, puis aggraver l’asthme et la sinusite.

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L’Organisation Mondiale de la Santé souligne que le brûlage à ciel ouvert libère des particules et des composés toxiques associés, à terme, aux maladies respiratoires et cardiovasculaires. Le lien clinique peut être évoqué lorsque les symptômes augmentent sur place et diminuent à distance, précise-t-il, mais des analyses de l’air restent nécessaires pour attribuer juridiquement ces troubles au site.

Les ordures arrivent sans interruption par charrettes avant de s’entasser sur la pente. Le mercredi 29 juillet, les fumées ont perturbé pendant environ trente minutes une évaluation dans une seule classe de deuxième année de licence, selon Moussa Cissé, responsable de la scolarité de la Faculté des Sciences économiques et de gestion. Quelques étudiants se sont ensuite éclipsés. Il confirme le caractère récurrent du phénomène et le signalement de plusieurs malaises. Pour limiter l’exposition, le Docteur Diarra conseille de fermer les ouvertures pendant les pics, d’éviter l’effort à proximité et de consulter en cas d’essoufflement ou de toux persistante.

M. Sawadogo, charretier, attribue les fumées au brûlage de câbles par certains récupérateurs recherchant du cuivre. Sitan Danioko, récupératrice de plastique, défend une autre explication. Selon elle, l’accumulation et la chaleur provoquent les incendies. Faute d’expertise, ces versions restent impossibles à départager. Les consultations du Projet de résilience urbaine de Bamako avaient recensé 164 trieurs sur le site en 2024, rappelant que la décharge représente aussi un moyen de subsistance.

Amadou Koïta affirme que plusieurs démarches ont été entreprises auprès des responsables universitaires. Moussa Cissé indique que le dossier a été transmis au ministère de l’Environnement en septembre 2025 et discuté avec une mission technique de la Banque mondiale. Les résultats tardent à se matérialiser. Le CUDH annonce de nouveaux plaidoyers pour obtenir l’évacuation des déchets, sécuriser le site et protéger les activités universitaires.

Joseph Amara Dembélé

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