Sur TikTok, Facebook ou WhatsApp, commander un vêtement ou un repas ne prend que quelques clics, mais l’achat peut mal tourner. Articles non conformes, acomptes détournés et vendeurs introuvables placent la confiance au cœur de ces échanges.
Étudiante, Mariam Diallo commande depuis son téléphone pour éviter les déplacements. Habits ou nourriture, elle achète « en étant assise ». Cette facilité comporte toutefois des risques. Elle a déjà reçu un article différent de celui commandé. Plus récemment, une recherche sur TikTok l’a menée vers un vendeur réclamant un acompte. Elle refuse de payer avant la livraison, malgré les preuves qu’il multiplie pour la rassurer. Quelques heures plus tard, une cliente dont le paiement figurait sur son statut WhatsApp confirme l’arnaque : elle n’avait rien reçu.
Pourtant, le clic n’est pas synonyme de danger pour tous. Yacouba Dembélé, étudiant à l’IPR de Katibougou, y trouve des prix attractifs et la possibilité d’avoir « ses boutiques dans son téléphone ». Avant d’acheter, il consulte commentaires et évaluations. Jusqu’ici, aucune mauvaise expérience.
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Vendeurs connectés
Derrière ces commandes se trouvent aussi des vendeurs pour lesquels Internet est devenu un espace professionnel. Soumaïla Diarra développe LYON SERVICE depuis trois ans. Son catalogue, de la mode aux smartphones, de l’électroménager aux véhicules et aux biens immobiliers, circule sur TikTok, Facebook et WhatsApp. Cette activité, née de son expérience familiale au Grand Marché, lui permet de poursuivre ses études tout en développant son commerce. Livraison, annulations, paiements et concurrence compliquent néanmoins son quotidien.
Aïssata Maïga vend en ligne depuis cinq ans. Habits, accessoires féminins et désormais gâteaux « boules de neige », son activité s’est diversifiée. Sans boutique ni loyer, elle touche des clients d’autres quartiers et voit sa clientèle grandir. Elle se heurte pourtant à la méfiance et aux annulations. La loi malienne impose aux vendeurs en ligne de rendre accessibles leur identité et leurs coordonnées, une obligation difficile à faire respecter dans les échanges informels sur les réseaux sociaux.
Au fond, vendeurs comme acheteurs réclament davantage de sécurité. TikTok, Facebook et WhatsApp rapprochent des personnes qui ne se connaissent pas forcément. Ils facilitent la vente, mais exposent aussi des informations que les fraudeurs peuvent exploiter. La vente peut commencer sur un écran et se conclure devant une porte. Entre les deux demeure une question essentielle, celle de savoir à qui faire confiance.
Salimata Wagué




