Le premier vote exploratoire pour la succession d’António Guterres place Macky Sall en cinquième position. L’ancien président sénégalais reste en lice, mais sept avis défavorables compliquent déjà sa campagne.
À New York, les bulletins ont parlé sans tout dire. Réunis à huis clos le 30 juillet, les quinze membres du Conseil de sécurité pouvaient « encourager », « décourager » ou ne pas se prononcer sur chaque candidature. Selon les résultats confiés à Reuters par des diplomates, Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica et dirigeante de la CNUCED, est arrivée en tête avec dix encouragements, un avis défavorable et quatre sans opinion. Carolyn Rodrigues-Birkett, du Guyana, en a obtenu neuf. Elle devance l’Argentin Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, crédité de sept.
Macky Sall a recueilli six encouragements, sept avis défavorables et deux « sans opinion ». Il compte autant d’encouragements que l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, mais celle-ci ne totalise que cinq avis défavorables. Le Sénégalais se retrouve donc au cinquième rang. María Fernanda Espinosa, ancienne présidente de l’Assemblée générale, et le diplomate ougandais Olara Otunnu ferment la marche.
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Verrous
Ce vote consultatif n’élimine personne. Ses résultats ne sont pas officiels. Le Conseil protège leur confidentialité et informe les pays ayant présenté les candidats. Les bulletins ne permettent pas encore de savoir si un avis défavorable vient de la Chine, des États-Unis, de la France, du Royaume-Uni ou de la Russie. Chacun de ces cinq États peut bloquer une candidature.
Lors du vote décisif, le futur secrétaire général devra réunir au moins neuf voix au Conseil sans subir de veto. L’Assemblée générale procédera ensuite à sa nomination. Un deuxième vote exploratoire est envisagé le 21 août. D’autres pourraient suivre jusqu’en septembre ou octobre. D’autres candidats peuvent encore entrer.
Proposé par le Burundi le 2 mars, Macky Sall a reçu le 20 juillet le soutien du président Bassirou Diomaye Faye. Il ne devient pas pour autant le candidat officiel de toute l’Afrique. Sa campagne doit composer avec la préférence diplomatique accordée à l’Amérique latine et avec l’attente de voir enfin une femme diriger l’ONU.
António Guterres quittera ses fonctions le 31 décembre, après deux mandats. Son successeur prendra la tête de l’organisation en janvier 2027. Il devra tenter de restaurer la crédibilité d’une ONU fragilisée par les guerres, les rivalités entre grandes puissances et une profonde crise de confiance.




