Société




Abdoulaye Salam Maïga : « Adama Fomba était l’épine dorsale du combat pour l’article 39 »

Figure du syndicalisme enseignant malien et membre du Conseil national de Transition, Adama Fomba laisse le souvenir de l’un des…

Figure du syndicalisme enseignant malien et membre du Conseil national de Transition, Adama Fomba laisse le souvenir de l’un des principaux visages de la lutte pour l’application de l’article 39. Abdoulaye Salam Maïga, porte-parole de la Synergie locale des enseignants de la région de Kidal, revient sur les années de mobilisation qu’ils ont partagées et rend hommage à son ancien compagnon de lutte.

JDM : Vous avez mené côte à côte le combat pour l’application de l’article 39 en 2020. Quel rôle Adama Fomba a-t-il joué à la tête de la Synergie et quelle était sa force face aux autorités lors des négociations ?

Abdoulaye Salam Maïga : D’abord, il est très difficile de parler d’Adama Fomba. Nous allons tout de même essayer d’évoquer l’homme au regard de ce qu’il a accompli, notamment durant les moments difficiles du combat pour l’article 39.

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Aujourd’hui, Adama Fomba est une référence du monde syndical. Il est devenu une véritable école syndicale, il faut avoir le courage de le dire. C’était le leader charismatique de l’époque. Il possédait une stratégie et une manière de convaincre qui touchaient pratiquement tous les enseignants. Quand il parlait, les enseignants comprenaient, et il en allait de même face aux autorités.

Adama était vraiment un syndicaliste constructif et engagé, qui a toujours su rechercher le compromis dans l’intérêt des enseignants. Il est difficile de résumer son parcours en quelques mots, mais il était un véritable leader, au sens plein du terme.

JDM : La lutte a connu des moments de doute et de forte tension. Quelle image gardez-vous de sa détermination lorsque le mouvement semblait dans l’impasse ?

Abdoulaye Salam Maïga : Oui, à un moment donné, le suspense existait réellement dans le combat. La situation a même failli provoquer une dislocation au sein du monde enseignant. Mais Adama Fomba a toujours encouragé les collègues. Il leur demandait de rester unis, de faire bloc et d’avancer comme un seul homme.

À travers ce combat, je garde de lui l’image d’un homme qui acceptait le compromis lorsqu’il servait les enseignants, mais qui rejetait la compromission. C’était un homme de foi et de conviction, attaché à l’honnêteté et à certaines valeurs morales. Dans les moments difficiles, il est resté lui-même et a continué à défendre les enseignants avec constance.

JDM : Au-delà du syndicaliste, quel souvenir personnel garderez-vous d’Adama Fomba ?**

Abdoulaye Salam Maïga : Nous sommes profondément affectés par le décès de ce grand syndicaliste que nous considérions comme une véritable école. Adama Fomba était intrépide, courageux et toujours disponible pour la cause des enseignants.

Dans le combat pour l’article 39, je peux dire qu’il constituait l’élément central, sinon l’épine dorsale de la lutte, par la qualité de sa prise de parole et le charisme qu’il incarnait. Il a toujours été un rassembleur pour les enseignants du Mali, un homme de paix et de conviction.

À un moment donné, la bataille autour de l’article 39 est devenue particulièrement difficile pour les enseignants. Mais aujourd’hui, il faut reconnaître que son leadership a fortement contribué aux acquis obtenus au terme de cette lutte et à l’amélioration de la situation financière de nombreux enseignants.

Le nom d’Adama Fomba restera gravé dans la mémoire des enseignants et dans celle de l’éducation malienne. Il aura marqué son époque par son engagement et sa détermination.

Adama Fomba, mon secrétaire général, dors en paix. Tu n’as pas vécu inutilement.

Aly SANKARE

 

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