Traite des personnes : COMPASS célèbre cinq ans d’engagement au Mali

La lutte contre la traite des personnes a été au cœur d’une cérémonie organisée le 20 août 2026 à l’hôtel Maeva Palace, à Bamako, pour marquer le cinquième anniversaire du programme COMPASS au Mali. L’événement était couplé à la clôture des activités nationales organisées dans le prolongement de la Journée mondiale de lutte contre la traite des personnes, célébrée chaque année le 30 juillet.

La rencontre s’est tenue en présence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Bouréma Kansaye, de représentants diplomatiques et de plusieurs acteurs engagés dans la protection des migrants. Le ministre de la Justice, Mamoudou Kassogué, était représenté par le secrétaire général de son département, Dr Boubacar Sidiki Diarrah. Selon le rapport américain de 2025 sur la traite des personnes, couvrant la période d’avril 2024 à mars 2025, les autorités maliennes ont déclaré 68 enquêtes, 300 personnes poursuivies et trois condamnations.

Derrière ces chiffres se trouvent des femmes, des hommes et des enfants confrontés à l’exploitation sexuelle, au travail forcé, à la mendicité contrainte ou à d’autres formes d’asservissement. Durant la même période, les services maliens ont identifié et orienté vers une prise en charge 102 enfants victimes, tandis qu’une organisation internationale a accompagné 285 autres personnes. La prévention doit ainsi empêcher que la précarité, les déplacements ou les promesses frauduleuses d’emploi soient utilisés pour recruter et exploiter les plus vulnérables.

Dans ce cadre, la responsabilité des médias et la mobilisation de la jeunesse occupent une place importante. Une information rigoureuse peut aider à reconnaître les méthodes de recrutement, faire connaître les voies de signalement et protéger l’identité des victimes.

La lutte contre la traite doit s’inscrire dans la durée, a rappelé Sara El-Koundi, chargée de protection à l’Organisation internationale pour les migrations au Mali.

« Les programmes ont une durée. Les projets ont un calendrier. Mais la dignité humaine n’a pas d’expiration », a-t-elle déclaré, présentant la traite comme l’une des formes les plus cruelles d’exploitation.

Elle a appelé à maintenir l’assistance et la protection des personnes vulnérables après la fin des projets. Le dernier rapport disponible recense treize centres de transit au Mali, mais un seul hébergement spécialisé pour les femmes adultes victimes de traite, situé à Bamako. La prise en charge reste plus limitée en dehors de la capitale et les hommes victimes ne disposent pas encore de services spécialisés.

Le représentant de l’ambassade du Royaume des Pays-Bas a, pour sa part, rappelé le rôle de COMPASS dans l’accompagnement des migrants. Il a présenté le programme comme le résultat d’une coopération entre l’OIM, les autorités maliennes, les collectivités, les associations et les partenaires engagés dans la protection des personnes en déplacement.

Au Mali, COMPASS est mis en œuvre par l’OIM avec le financement du Royaume des Pays-Bas. Lancé en 2021, le programme intervient dans la protection des migrants vulnérables, la lutte contre la traite, l’assistance au retour, la réintégration et le renforcement des capacités nationales. L’OIM indique avoir protégé et accompagné 340 victimes de traite dans le pays en 2025. La phase actuelle de COMPASS, commencée en 2024 dans quatorze pays, doit se poursuivre jusqu’à la fin de 2027.

Encourager la sensibilisation

La cérémonie a également été consacrée à la remise des prix du concours de productions journalistiques organisé après l’atelier de formation des 4 et 5 août 2026. Conduite par l’OIM avec le Comité national de coordination de la lutte contre la traite des personnes et les pratiques assimilées et l’École supérieure de journalisme et des sciences de la communication, cette formation avait réuni 30 élèves journalistes et communicateurs.

Les participants avaient été formés au traitement rigoureux et éthique de la traite, avec une attention particulière à la protection des victimes et à l’utilisation des termes appropriés. Le concours leur a ensuite permis de mettre en pratique les connaissances acquises. Mariam Aboubacar a été distinguée dans la catégorie télévision et journalisme mobile, Moussa Cissé en radio et Bagna Maïga pour la presse écrite et les médias en ligne.

Un autre moment de la cérémonie a été la remise du Prix feu Boubacar Touré, créé en hommage au premier président du Comité national de lutte contre la traite des personnes. La distinction a été décernée à l’Association pour la promotion des initiatives de développement, APID, pour sa contribution à la protection des victimes et à la prévention du phénomène.

Au nom du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Dr Boubacar Sidiki Diarrah a félicité les lauréats du concours et les partenaires distingués. Il a salué leur contribution aux actions de prévention, d’identification et d’accompagnement des victimes.

Parmi les activités de la 13e édition nationale de la Journée mondiale figuraient des séances de mobilisation dans les écoles et les universités. Elles visaient à informer les jeunes sur les méthodes utilisées par les trafiquants, notamment les fausses offres d’emploi, les promesses de voyage et les recrutements liés aux escroqueries en ligne.

La rencontre a enfin rappelé que la réponse ne dépend pas seulement des institutions judiciaires et des organisations internationales. Elle repose aussi sur la vigilance des familles, le travail des médias, l’engagement des associations et la capacité des services compétents à identifier rapidement les victimes. La poursuite de COMPASS jusqu’en 2027 devra notamment contribuer à renforcer les mécanismes de signalement, d’orientation et de prise en charge dans les régions situées hors de Bamako.

Salimata Wagué

Ségou : Commémoration de la Journée internationale des migrants 2024

La salle de conférence de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Ségou a accueilli, le jeudi 19 décembre, le lancement officiel de la Journée Internationale des Migrants, édition 2024.

Pour la circonstance, le présidium était occupé par le Premier Ministre le Général de Division Abdoulaye Maïga, le ministre des Maliens établis à l’Exterieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher.
L’événement a réuni les autorités administratives et communales de Ségou, des représentants des partenaires techniques et financiers, des services techniques, des organisations de la société civile, des notables et d’autres personnalités de la région.
Le thème retenu pour cette édition est : « Migrations, Genre et Changements climatiques : quelle protection pour les personnes en mobilité ? ». Ce thème met l’accent sur la protection des migrants, particulièrement les populations vulnérables, dans un contexte mondial marqué par les changements climatiques.
D’après l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), plus de 30 000 migrants ont perdu la vie ou disparu au cours des dix dernières années en tentant de rejoindre l’Europe, avec 8 606 décès enregistrés en 2023 et 6 997 en 2024.
Le Ministère des Maliens Établis à l’Extérieur, en collaboration avec l’OIM, a mis en œuvre des mesures pour réduire les impacts de la migration irrégulière. Ces efforts ont permis le retour volontaire et digne de plus de 44 000 Maliens au cours des dernières années, dont 9 000 en 2024, ainsi que la réinsertion socio-économique de 33 000 personnes.

Tunisie : après les propos polémiques du Président, les autorités ne comptent pas s’excuser

Après les propos polémiques du Président tunisien sur l’immigration, son ministre des Affaires étrangères Nabil Ammar a affirmé que la Tunisie prônait l’apaisement mais a exclu de présenter des excuses.

Le Président tunisien Kaïs Saïed a dénoncé le 21 février dernier un « complot» visant à « changer la démographie du pays » lors d’une réunion du Conseil de sécurité nationale sur l’immigration clandestine en Tunisie. Le chef de l’État tunisien a affirmé que cette immigration était source de « violences et de crimes ». Ces propos polémiques suscitent un tollé depuis mais les autorités ne comptent pour autant pas s’excuser. Le ministre des Affaires étrangères Nabil Ammar l’a assuré au cours d’un entretien accordé à l’AFP le lundi 27 février. « Non, il n’est pas question d’excuses du tout, nous n’avons porté atteinte à personne ». En outre, le chef de la diplomatie tunisienne a expliqué que les propos du Président Kaïs Saïed en rapport avec la modification de la démographie de la Tunisie ne pourraient être considérés comme une incitation à la haine. Il a ajouté que les accusations de xénophobie et d’incitation à la haine sont fallacieuses et sans fondement. Pourtant, plusieurs témoignages font état de violences et d’expulsions visant des Subsahariens en Tunisie, y compris des étudiants. Ce que M. Ammar qualifie d’actes individuels à ne pas confondre avec les actes posées par les autorités. Ce mardi, lors d’une conférence de presse, le leader du Front de salut, un parti d’opposition, Ahmed Nejib Chebbi, s’est insurgé contre ce qu’il a appelé « une incitation à la haine et à la violence contre ces individus. Le régime en place a rendu la relation de la Tunisie tendue avec toutes les parties étrangères et notamment africaines».

Rapatriement

Face à cette situation, les ambassades de plusieurs pays ont fait des communiqués demandant à leurs ressortissants qui le souhaitent de s’inscrire pour un retour volontaire au pays. Le Burkina Faso, le Cameroun, le Mali ou encore la Côte d’Ivoire ont lancé cette démarche. Le Mali même qualifié mardi « d’inacceptables les scènes de violence physique, d’expulsion de bâtiments ou d’expropriation de biens » dont sont victimes les migrants maliens en Tunisie, lors d’une audience à Bamako entre le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères Seydou Coulibaly et le chargé d’affaires de l’ambassade de Tunisie. Selon des chiffres officiels du Forum tunisien pour les droits économiques, le pays compte 21 000 étrangers subsahariens.