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Validation des documents PPP: Quels impacts pour les investissements?
La validation des documents standard de Partenariat Public-Privé (PPP) est un nouveau pas dans l’accélération des projets d’infrastructures au Mali. Mais la réussite de cette nouvelle étape dépendra d’un suivi rigoureux de la mise en œuvre des règles convenues.
La validation des documents standard de Partenariat Public-Privé (PPP) a réuni les acteurs, du 13 au 17 avril 2026, autour de l’adoption de textes dont les contrats types, les guide d’évaluation et les procédures d’appel d’offres. L’adoption de ces documents modèles constitue une étape-clé pour booster les investissements mais aussi pour assurer la transparence dans le climat des affaires.
Grâce à des « règles claires et préétablies », ces documents assurent une « sécurité juridique » aux investisseurs privés, explique le Pr Daman-Guilé Diawara, spécialiste en analyse de politique économique. La standardisation permet une accélération de la réalisation en réduisant considérablement les délais, souvent très longs, pour la rédaction de contrats sur mesure pour chaque projet. L’harmonisation avec les outils standard de l’UEMOA est également une garantie de « crédibilité internationale », insiste le Pr Diawara.
Depuis 2017, l’Unité PPP a permis la réalisation de 10 contrats, pour un montant de 641, 178 milliards de francs CFA, dans les domaines de l’énergie et de la sécurité. Les nouveaux documents devraient permettre de booster la réalisation de 12 projets en phase de structuration pour plus de 588 milliards de francs CFA dans les domaines de l’énergie et de l’eau potable, ou encore les équipements marchands.
Éviter le piège économique
Dans un contexte de contraintes budgétaires où les besoins sociaux restent importants, les PPP offrent une possibilité de mobilisation de financements du secteur privé, une expertise et la pérennité dans la gestion des ouvrages, ainsi qu’un allègement du paiement étalé sur la durée du contrat.
Des avantages certains dans le contexte malien, mais qui ne doivent pas occulter les risques pour ces types de projets. En effet les PPP, ne représentant pas immédiatement des « charges » pour le budget, sont souvent perçus comme des infrastructures « gratuites » pouvant transformer ces réalisations en « fardeau » pour le budget. Pour éviter que ces investissements deviennent des pièges pour l’économie nationale, le Pr Diawara préconise quelques leviers de surveillance. D’abord, une évaluation préalable rigoureuse, afin que le coût d’exploitation soit soutenable par le contribuable. Puis le partage équitable des risques entre les parties prenantes et enfin la transparence et le plafonnement, afin que les engagements publics ne soient pas « une bombe à retardement » pour la dette nationale.
Chiffres
Projets signés : 641, 178 milliards de francs CFA
Projets en structuration : Plus de 588 milliards de francs CFA
PME-PMI : financement, risques bancaires et transformation locale au cœur des échanges
L’accès au financement des PME-PMI, la faible transformation locale des ressources et les contraintes de l’inclusion financière ont occupé le centre des échanges lors d’un afterwork organisé à Bamako par l’Institut Africain de Management et le Club Aliber. Les discussions ont réuni experts, acteurs de l’accompagnement et porteurs de projets autour des principaux freins qui pèsent sur le développement des entreprises.
UNICEF alerte : six millions d’enfants menacés de déscolarisation d’ici 2026
Dans un rapport publié le 2 septembre 2025, l’UNICEF tire la sonnette d’alarme sur la baisse drastique des financements mondiaux pour l’éducation. L’organisation prévient que six millions d’enfants supplémentaires pourraient être privés d’école, portant à 278 millions le nombre d’élèves non scolarisés à travers le monde.
Financement du cinéma malien : Le FAIC attend sa dotation initiale
Le Fonds d’Appui à l’Industrie Cinématographique du Mali (FAIC) a organisé une conférence-débat sur le thème de la « Problématique du financement du cinéma malien, rôle et place du FAIC », au Centre International de Conférences de Bamako, le mardi 15 octobre.
Pour remédier au problème de financement du cinéma malien, le gouvernement a décidé de créer en 2017 une structure dont le rôle est de soutenir la production cinématographique en apportant un soutien financier aux œuvres. Cette rencontre, qui a réuni plusieurs réalisateurs, producteurs et acteurs du paysage cinématographique malien, n’a toutefois pas atteint son objectif, selon Bréhima Moussa Koné, Directeur général du FAIC. Lors de son mot introductif, il a déploré le manque d’affluence des cinéastes à la conférence.
De son côté, Mme Diarrah Sanogo, représentante du Secrétaire général par intérim du ministère de la Culture, a salué cette initiative qui, selon elle, permettra de pallier plusieurs difficultés. Elle a cependant souligné la problématique du financement du FAIC. En effet, chaque année, le FAIC est censé percevoir une dotation de 6 milliards de francs CFA pour financer des films. « À ce jour, ce fonds n’a pas été alimenté, alors qu’il est destiné à appuyer les réalisateurs dans leurs projets », a-t-elle regretté.
Malgré les difficultés, M. Koné a précisé que le FAIC a pu financer plusieurs films ces dernières années, grâce à ses fonds propres. Il a ajouté : « nous sommes en train de mettre en place les outils et les mécanismes nécessaires pour être prêts le jour où nous recevrons notre dotation initiale annoncée, d’une valeur de 6 milliards de francs CFA ».
Lors des débats, de nombreux questionnements ont émergé, notamment sur le rôle du cinéma dans la société. Présent à la conférence, M. Alou Konaté, Président de la Fédération Nationale du Cinéma et de l’Audiovisuel du Mali (FENACAM), a affirmé que : « le cinéma représente un enjeu sociétal et culturel majeur et constitue un puissant levier de développement de la vie socioéconomique et culturelle d’un pays ». De son côté, M. Salif Konaté, ancien Président de l’Union Nationale des Cinéastes Maliens, a dénoncé le manque de financement des productions, ce qui, selon lui, risque de condamner certains pays à la dépendance malgré leurs riches potentialités artistiques. Toutefois, il a exhorté les autorités à investir dans le secteur du cinéma, affirmant que « la culture est le socle, le poumon de tout État ».
La conférence s’est achevée sur la projection d’un court-métrage mettant en scène une petite fille dialoguant avec le Président Modibo Kéïta sur la situation actuelle du Mali, une séquence qui a enchanté le public.
Fatouma Cissé



