Financement public : L’option FMI se précise

Après la mission conduite du 5 au 9 octobre, le Mali et le Fonds monétaire international poursuivent leurs échanges en vue d’un programme appuyé par une Facilité élargie de crédit (FEC). Encore à préparer, cet accord pourrait permettre de diversifier les ressources et de réduire la pression du financement intérieur.

La visite du FMI n’a pas débouché sur l’ouverture de négociations. Le ministère de l’Économie et des Finances annonce la transmission d’informations complémentaires et des visioconférences. Aucun montant, calendrier ou engagement définitif n’a encore été arrêté.

Les besoins de financement de l’État restent élevés. Selon la Direction générale de la dette publique, le Trésor a mobilisé 724,23 milliards de francs CFA sur le marché régional de l’UEMOA au premier semestre 2026. Fin juin, la dette intérieure représentait 52,9% de l’encours total, contre 47,1% pour la dette extérieure. Le taux d’endettement s’établissait à 38,3% du PIB.

Le niveau global est inférieur au plafond communautaire de 70%, mais la structure de la dette compte. Dans son dernier rapport sur le Mali, le FMI relevait qu’environ 1 285 milliards de francs CFA d’obligations régionales et de prêts syndiqués arrivaient à échéance en 2026, presque deux fois plus qu’en 2025. Le recours soutenu aux banques et au marché régional alourdit le service de la dette et peut réduire les ressources disponibles pour financer les entreprises.

Un relais concessionnel

Une FEC offrirait des ressources à des conditions plus favorables et sur une durée plus longue que les émissions à court terme. Elle pourrait aussi compléter les financements déjà obtenus auprès de la Banque mondiale, de la BAD et de la BOAD. Selon la même source, sept accords totalisant 190,89 milliards de francs CFA ont été signés au premier semestre, dont 185,88 milliards sous forme de prêts.

Le futur programme prolongerait les réformes engagées dans le cadre du programme de référence achevé en 2026 : mobilisation des recettes intérieures, numérisation fiscale, contrôle des marchés publics, suivi des entreprises publiques et protection des dépenses sociales. Le FMI prévoit une croissance de 5,5% en 2026, contre 6,3% dans les projections officielles.

L’accord reste toutefois à construire. Son intérêt économique tiendra autant aux ressources mobilisées qu’à sa capacité à diminuer le coût du financement, préserver les investissements publics et éviter que les besoins de l’État ne pèsent davantage sur le crédit destiné au secteur privé.