Diaspora malienne : Passer des transferts monétaires aux projets

Les Diaspora Impact Days se tiendront les 11 et 12 juin 2026 au CICB de Bamako. L’objectif est de convertir une partie de l’apport des Maliens de l’extérieur en projets économiques suivis, au-delà des transferts familiaux.

Cette rencontre, placée sous la présidence du ministre Mossa Ag Attaher, s’inscrit dans la continuité du premier Forum international de la diaspora. Elle prépare aussi la deuxième édition du FID, prévue du 16 au 18 juillet 2026 à Bamako, sous le thème « Diaspora malienne et investissements productifs : bâtir un Mali économiquement fort et durable ». Ce calendrier traduit une volonté de passer d’une mobilisation générale à des mécanismes plus opérationnels.

L’enjeu est considérable. Selon les données de la Banque mondiale, les transferts personnels reçus par le Mali ont atteint environ 1,09 milliard de dollars en 2024, soit un peu plus de 4% du PIB. Ces fonds soutiennent les familles, financent la santé, l’éducation, le logement et les dépenses quotidiennes. Leur orientation vers l’entreprise, l’agriculture moderne, l’industrie locale, le numérique, l’énergie ou les services est toutefois limitée.

Les Diaspora Impact Days veulent répondre à cette difficulté par des outils pratiques. Les panels doivent aider à identifier les secteurs porteurs. Les ateliers et masterclasses peuvent renforcer la préparation des porteurs de projets. Les rencontres B2B doivent rapprocher entrepreneurs, investisseurs, institutions financières et partenaires d’accompagnement. Les sessions de pitch permettront de présenter des initiatives innovantes, tandis que le Club des 100 est annoncé comme un réseau de mobilisation dont les contours devront être précisés.

La rencontre de juin prendra tout son sens si elle débouche sur des dossiers solides, des contacts suivis et des engagements vérifiables. L’édition de juillet du FID prévoit des échanges sur le financement, l’environnement des affaires, le transfert de compétences, la mise en relation, la structuration des projets et un guichet unique d’accompagnement pour les investisseurs de la diaspora. C’est sur ces outils que reposera sa crédibilité.

Signalons que la contribution de 200 millions de francs CFA remise fin 2025 au Fonds de résilience a montré une capacité de mobilisation collective. Pour aller plus loin, il faudra des garanties, des procédures simples, une information fiable et un suivi des retombées. La diaspora peut devenir un levier économique puissant si l’investissement au pays devient plus sûr, plus lisible et mieux accompagné. Autrement, les annonces risquent de s’éteindre sans effet durable sur les entreprises, les jeunes et les territoires.

Comptes extérieurs : La BCEAO dresse le bilan 2024 du Mali

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a organisé ce 18 décembre 2025 la journée annuelle de diffusion des comptes extérieurs du Mali. La rencontre a  présenté les résultats de l’année 2024 ainsi que les perspectives pour 2025 et 2026, à partir du rapport annuel de l’institution.

Cette diffusion annuelle porte sur les échanges de biens et services, les revenus et les flux financiers entre le Mali et le reste du monde. Selon les données communiquées, l’activité économique au Mali a progressé en 2024, dans le sillage des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Le taux de croissance du PIB est ressorti à 5,0%, contre 4,7% en 2023, une évolution principalement portée par la performance du secteur agricole. Sur les prix, le taux d’inflation a atteint 3,2% en 2024, contre 2,1% un an plus tôt, dépassant légèrement la norme communautaire de 3,0%.

Sur le plan des finances publiques, le déficit global s’est amélioré à 2,6% du PIB, contre 3,9% en 2023. Le déficit global renvoie à la position budgétaire de l’État rapportée au PIB. Les recettes budgétaires sont annoncées à 3 055,9 milliards de francs CFA, soit une hausse de 364,9 milliards et de 13,6% par rapport à 2023. Les recettes fiscales ont de leur côté atteint 2 185,4 milliards de francs CFA, contre 1 901,7 milliards en 2023, correspondant à une augmentation de 14,9%.

Les transactions économiques et financières entre le Mali et le reste du monde ont, en 2024, enregistré un solde excédentaire de 347,5 milliards de francs CFA. Cette évolution est attribuée à une diminution des importations, combinée à une augmentation des investissements directs étrangers, des emprunts et des crédits commerciaux, après un déficit de 555,3 milliards de francs CFA enregistré l’année précédente.

Pour 2025, les prévisions de croissance font état d’un taux attendu de 5,0%, selon les perspectives révisées du FMI en juillet, contre une estimation initiale de 4,7%. La projection est notamment liée à la détente des cours mondiaux des produits pétroliers et à la hausse du cours de l’or, principal produit d’exportation, présenté comme représentant environ 79% des exportations. Afin de renforcer la viabilité extérieure, le rapport évoque la nécessité de maintenir et d’intensifier des mesures de politique économique visant à contenir le déficit budgétaire, tout en citant la diversification des sources d’énergie, l’accélération de la transformation locale des ressources et la promotion de la paix sociale parmi les axes avancés pour consolider les acquis.

Émissions de titres publics : Le Mali prévoit de lever 1 443 milliards FCFA

La direction nationale du trésor et de la comptabilité publique a procédé ce 19 février 2024 au lancement du calendrier des émissions publiques au titre de cette année. Au total le trésor sollicite un montant de 1443 milliards FCFA pour faire face au déficit budgétaire et au paiement des dettes.

En 2023, le calendrier initial des émissions du Mali se chiffrait à 1 389 milliards FCFA. Finalement, il a mobilisé 1 012 milliards lors de 26 émissions dont 24 par adjudication et 2 emprunts obligataires par appel public à l’épargne.  Si les résultats sont en deçà des attentes, ils sont tout de même satisfaisants, au regard du contexte particulier, a rappelé le Directeur national du Trésor et de la comptabilité publique Monsieur Siaka Samaké. Certains facteurs comme l’essoufflement des acteurs majeurs que sont les banques, les tensions de liquidité et le faible taux de couverture ou même des annulations expliquent ces résultats. A cela, s’ajoute le renchérissement des coûts de financement dû à la hausse des taux directeurs de la BECEAO. Le Trésor public déplore aussi la participation timide de certaines banques locales.

Le montant à mobiliser pour 2024, s’élève à 1 443 milliards FCFA pour assurer le financement du déficit et le paiement de la dette, expliquent les responsables du Trésor. Le déficit budgétaire estimé à 4,4% du PIB, reste à un niveau « appréciable », au regard des nombreux défis que traversent le pays, relèvent les autorités. Avec un ratio de l’encours de la dette à 51,6%, contre 70%, la norme communautaire, cet endettement préserve la viabilité de la dette publique du Mali.

Le taux de croissance est maintenu à 5% en 2023, grâce au dynamisme du secteur minier et la bonne tenue du secteur agricole ». L’inflation contenue à 2,5%, juste en dessous de la norme communautaire à 3%. Elle reste marquée par la crise Russo ukrainienne et le renchérissement des prix des produits alimentaires et énergétiques. Ces « performances », découlent d’une gestion prudente et d’une bonne politique de mobilisation des recettes, soutiennent les responsables. La pression fiscale à 14,6% et la maîtrise des dépenses publiques avec un ratio 22,7% PIB.

Réformes

Les réformes prévues visent un réaménagement institutionnel, la transformation numérique, l’introduction de la facture normalisée, le nouveau code minier ou encore l’imposition du commerce électronique. Les réformes ont déjà permis « une certaine performance », des services de recouvrement dont les impôts  avec  1170,45 milliards FCFA en 2023, contre une  réalisation  de 996,9 milliards en 2022.

Les services des Domaines ont enregistré 176,9 milliards FCFA en 2023 contre 162,3 milliards, les services des Douanes 758,29 milliards FCFA contre 611,3 milliards FCFA en 2022.

Les perspectives sont aussi positives avec une croissance de  5,1% en 2024, 5,5% 2025 et 5% en 2026. Un solde budgétaire à 4,4% en 2024, 3,6% en 2025 et 3% en 2026. L’inflation, malgré le contexte, est maintenue à 2,5% sur la période projetée. Le taux de pression fiscale à 14,8% en 2024, 15,4% en 2025 et 16,1% en 2026. L’encours de la dette passe de 51,6% en 2024, à 51,7% en 2025 avant de retomber à 51,6% en 2026.

En 2023, le remboursement du capital s’est élevé à 613,11 milliards FCFA. La stratégie d’endettement entend désormais privilégier les emprunts de plus longue maturité, afin que l’Etat puisse s’endetter à moindre coût. Le remboursement en capital pour 2024 est de 626 milliards FCFA.