Cocaïne vers l’Europe : Freetown au cœur du couloir ouest-africain

Le rapport The Arconian operation, publié le 8 juin 2026 par la Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC), analyse une saisie record de cocaïne sur l’Atlantique. Il place Freetown, en Sierra Leone, au centre d’un dispositif maritime reliant l’Amérique latine, l’Afrique de l’Ouest et l’Europe.

Le dossier part de l’interception de l’Arconian, le 1er mai 2026, au large du Sahara occidental. À bord de ce vraquier battant pavillon des Comores, les autorités espagnoles ont saisi 30,2 tonnes de cocaïne. Le navire avait quitté Freetown le 22 avril, après quatre jours passés au quai Elizabeth II. Selon le rapport, la cargaison aurait très probablement été chargée dans ce port avant son acheminement vers le nord de l’Atlantique.

L’Arconian transportait 17 membres d’équipage philippins et 6 hommes armés, 5 Néerlandais et un Surinamais. Les enquêteurs ont aussi relevé plus de 42 000 litres d’essence à bord, un volume pouvant servir au ravitaillement de petites embarcations rapides chargées de récupérer la drogue en mer.

La GI-TOC ne présente pas cette affaire comme isolée. Elle affirme avoir identifié au moins huit voyages similaires depuis 2024, à partir de Freetown ou d’eaux proches de l’Afrique de l’Ouest, vers des zones situées au large du Maroc, des Îles Canaries, de l’Espagne ou de la Libye. Trois navires sont étudiés en détail, l’Arconian, le White Eagle et le White Labeille, auxquels s’ajoutent six autres bâtiments repérés dans un même schéma de navigation, de propriété ou de changement de pavillon.

Le rapport mentionne deux transbordements de 10 tonnes chacun au large de la Sierra Leone dans les six mois précédant la saisie, ainsi qu’un transfert de 14 tonnes ayant atteint le Ghana en février 2026. Ces mouvements représenteraient 34 tonnes supplémentaires. Il rappelle aussi une saisie de 9 tonnes liée au White Labeille en 2019 et celle de 8 tonnes annoncée en Allemagne le 3 juin 2026 sur un navire parti de Sierra Leone.

Pour la GI-TOC, ces éléments décrivent une organisation logistique fondée sur des ports secondaires, des cargos anciens, des changements de pavillon et des transferts en mer. Signalons aussi que le Mali, le Burkina Faso et le Niger ne sont pas présentés comme impliqués dans cette opération maritime précise. Le rapport relève enfin la baisse des prix de gros de la cocaïne en Europe, passés de 28 000 euros le kilo en 2021 à 15 000 euros en 2025, un indicateur d’une forte disponibilité du produit sur le marché européen.

Erevan : Le nouveau carrefour de l’Europe politique

Le 8ème sommet de la Communauté politique européenne (CPE) tenu le 4 mai à Erevan, autour de la sécurité, de l’énergie, de la connectivité et de la stabilité du continent. La capitale arménienne a aussi accueilli, les 4 et 5 mai, le premier sommet entre l’Union européenne et l’Arménie.

Créée en 2022, la Communauté politique européenne réunit les États membres de l’Union européenne et des pays non membres autour de sujets communs, sans pouvoir décisionnel contraignant. Pour cette huitième édition, 48 chefs d’État et de gouvernement ont été invités, avec la participation de dirigeants venus de près de 50 pays et organisations partenaires.

Les échanges ont porté sur la résilience démocratique, la connectivité, la sécurité économique et énergétique, ainsi que sur les crises régionales. La guerre en Ukraine a occupé une place importante dans les discussions. Le Président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a participé aux rencontres, tandis que le Secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, était également présent à Erevan.

La participation du Premier ministre canadien Mark Carney a marqué cette édition. Le Canada est devenu le premier pays non européen à prendre part à un sommet de la CPE. En marge de la rencontre, Mark Carney s’est entretenu avec Volodymyr Zelenskyy sur la situation militaire en Ukraine et les efforts diplomatiques autour d’une paix durable.

Le choix d’Erevan a donné une portée particulière au rendez-vous. L’Arménie cherche à renforcer ses liens avec l’Union européenne, dans une région marquée par les suites du conflit avec l’Azerbaïdjan et par l’évolution de ses rapports avec la Russie. Le sommet UE–Arménie, organisé les 4 et 5 mai, a réuni António Costa, Ursula von der Leyen et le Premier ministre Nikol Pashinyan.

Cette rencontre bilatérale a porté sur la connectivité, l’énergie, les transports, le numérique, la paix et la coopération dans le Caucase du Sud. Elle s’inscrit dans le cadre du rapprochement entre Bruxelles et Erevan, déjà structuré par l’accord de partenariat global et renforcé UE–Arménie.

La présence d’Emmanuel Macron s’est également inscrite dans ce moment diplomatique. Le Président français, à l’origine de la CPE, a effectué une visite d’État en Arménie et participé au sommet d’Erevan.

À travers ces rendez-vous, la capitale arménienne a concentré plusieurs dossiers européens dont l’Ukraine, l’’énergie, la sécurité régionale et la coopération avec le Caucase du Sud, sans produire de décision commune, mais en multipliant les échanges directs entre dirigeants et partenaires.

Euro : L’Allemagne accueille l’Europe

C’est ce vendredi que l’Allemagne ouvre le bal de son « Euro » face à l’Écosse. À l’Allianz Arena de Munich, la Nationalmannschaft va lancer une compétition  de football très attendue.

La sélection nationale allemande ambitionne de faire mieux que les clubs de Bundesliga qui ont disputé et perdu des finales européennes cette saison (Dortmund, Bayer Leverkusen). Mais les Allemands ne préparent de la meilleure des manières ce championnat d’Europe. Après un nul contre l’Ukraine (0-0 le 3 juin), puis une victoire étriquée contre la Grèce (2-1 le 7 juin), une altercation a éclaté entre deux de ses joueurs le 10 juin, Antonio Rüdiger et Niclas Füllkrug. Ce dernier n’a pas apprécié un tacle trop appuyé de son coéquipier, adversaire en finale de Ligue des Champions. Proches d’en venir aux mains, ils ont été séparés par le staff technique. L’Allemagne n’a plus remporté l’Euro depuis 1996 et reste sur des derniers tournois très décevants. La France, l’une des favorites, s’avance avec un peu plus de certitude. Finalistes de l’Euro en 2016, Champions du monde en 2018, finalistes du Mondial 2022, Didier Deschamps et ses joueurs sont habitués à performer lors des grandes compétitions. L’équipe, qui sera emmenée par Kylian Mbappé, le néo-madrilène, est logée dans le groupe D avec la Pologne, l’Autriche et les Pays-Bas. La Fédération française de football a fixé comme objectif à l’équipe d’atteindre au minimum les demi-finales. Selon l’observatoire du football CIES, qui a procédé à une analyse de la compétitivité des équipes engagées, la France, l’Angleterre, l’Espagne et l’Allemagne sont les mieux placées pour atteindre le dernier carré de la compétition. Si les Three Lions anglais sont parmi les grands favoris, leur sélectionneur Gareth Southgate s’est montré lucide sur son avenir après la compétition. « Si nous ne gagnons pas, je ne serais probablement plus là. C’est peut-être ma dernière chance », a-t-il assuré. Après avoir manqué le titre de peu à domicile il y a trois ans, tout autre résultat qu’une victoire finale serait considéré comme un échec pour les Anglais. L’étude du CIES exclut l’Italie, Championne d’Europe en titre, et également le Portugal. La Seleçao de Cristiano Ronaldo, qui va disputer son sixième Euro, un record, dispose pourtant d’une très bonne équipe sur le papier. Les Lusitaniens ont remporté l’intégralité de leurs rencontres de qualification en étant la meilleure attaque (36 buts inscrits) et la meilleure défense (2 buts encaissés).