Timor oriental : Le poids du multilatéralisme

Le cas du Timor oriental, devenu Timor-Leste le 20 mai 2002, est l’un des précédents les plus souvent cités dans les différends territoriaux traités sous l’égide des Nations unies. Il illustre la manière dont un contentieux de souveraineté longtemps enlisé finit par trouver une issue à travers un cadre multilatéral et un processus de consultation populaire reconnu.

Ancienne colonie portugaise, le territoire connut un tournant majeur en 1975, lorsque le Portugal s’en retira dans un contexte d’instabilité. La même année, l’Indonésie intervint militairement et intégra le Timor oriental à son territoire. Le dossier demeura ensuite inscrit à l’ordre du jour des Nations unies comme une question relevant du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Le territoire figurait déjà depuis 1960 sur la liste onusienne des territoires non autonomes, ce qui renforça le cadre juridique du règlement.

Durant cette période, le Portugal joua un rôle constant en maintenant la question dans le cadre onusien. Au lieu de choisir un camp, risquant ainsi d’envenimer la situation, Lisbonne a privilégié la voie diplomatique et la recherche d’un règlement négocié. Cette démarche aboutit le 5 mai 1999 à la signature d’un accord entre le Portugal, l’Indonésie et les Nations unies.

Pour organiser la consultation populaire, le Conseil de sécurité autorisa le 11 juin 1999 la Mission des Nations unies au Timor oriental (UNAMET), chargée de superviser le vote. Le 30 août 1999, les populations concernées furent appelées à se prononcer sur l’acceptation ou le rejet d’une autonomie spéciale au sein de l’Indonésie. Le rejet massif de cette option a ouvert la voie à l’indépendance. Les résultats annoncés par l’ONU firent état d’un rejet de l’autonomie par près de 78,5% des votants.

Les violences qui ont suivi le scrutin ont conduit au déploiement, en septembre 1999, de la force internationale INTERFET pour rétablir la sécurité avant la mise en place d’une administration transitoire des Nations unies. Celle-ci assura la transition institutionnelle et politique jusqu’à la proclamation officielle de l’indépendance, le 20 mai 2002. La période post-référendaire fut marquée par d’importants déplacements de populations et de graves violences.

Le Timor oriental est devenu une référence dans les études diplomatiques et juridiques consacrées aux différends territoriaux. Il a mis en évidence le rôle que peuvent jouer les mécanismes multilatéraux, la médiation internationale et la consultation populaire dans la recherche d’une issue reconnue par les parties et par la communauté internationale.

Euro : L’Allemagne accueille l’Europe

C’est ce vendredi que l’Allemagne ouvre le bal de son « Euro » face à l’Écosse. À l’Allianz Arena de Munich, la Nationalmannschaft va lancer une compétition  de football très attendue.

La sélection nationale allemande ambitionne de faire mieux que les clubs de Bundesliga qui ont disputé et perdu des finales européennes cette saison (Dortmund, Bayer Leverkusen). Mais les Allemands ne préparent de la meilleure des manières ce championnat d’Europe. Après un nul contre l’Ukraine (0-0 le 3 juin), puis une victoire étriquée contre la Grèce (2-1 le 7 juin), une altercation a éclaté entre deux de ses joueurs le 10 juin, Antonio Rüdiger et Niclas Füllkrug. Ce dernier n’a pas apprécié un tacle trop appuyé de son coéquipier, adversaire en finale de Ligue des Champions. Proches d’en venir aux mains, ils ont été séparés par le staff technique. L’Allemagne n’a plus remporté l’Euro depuis 1996 et reste sur des derniers tournois très décevants. La France, l’une des favorites, s’avance avec un peu plus de certitude. Finalistes de l’Euro en 2016, Champions du monde en 2018, finalistes du Mondial 2022, Didier Deschamps et ses joueurs sont habitués à performer lors des grandes compétitions. L’équipe, qui sera emmenée par Kylian Mbappé, le néo-madrilène, est logée dans le groupe D avec la Pologne, l’Autriche et les Pays-Bas. La Fédération française de football a fixé comme objectif à l’équipe d’atteindre au minimum les demi-finales. Selon l’observatoire du football CIES, qui a procédé à une analyse de la compétitivité des équipes engagées, la France, l’Angleterre, l’Espagne et l’Allemagne sont les mieux placées pour atteindre le dernier carré de la compétition. Si les Three Lions anglais sont parmi les grands favoris, leur sélectionneur Gareth Southgate s’est montré lucide sur son avenir après la compétition. « Si nous ne gagnons pas, je ne serais probablement plus là. C’est peut-être ma dernière chance », a-t-il assuré. Après avoir manqué le titre de peu à domicile il y a trois ans, tout autre résultat qu’une victoire finale serait considéré comme un échec pour les Anglais. L’étude du CIES exclut l’Italie, Championne d’Europe en titre, et également le Portugal. La Seleçao de Cristiano Ronaldo, qui va disputer son sixième Euro, un record, dispose pourtant d’une très bonne équipe sur le papier. Les Lusitaniens ont remporté l’intégralité de leurs rencontres de qualification en étant la meilleure attaque (36 buts inscrits) et la meilleure défense (2 buts encaissés).