Le Directeur général des Douanes, l’Inspecteur général Cheickna Amala Diallo, a réuni son personnel le 20 août 2026 pour dresser le bilan des sept premiers mois de l’année. Avec 632,314 milliards de FCFA mobilisés à fin juillet, l’administration a atteint 64,85 % de son objectif annuel.
Selon le cap fixé par le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, trois orientations doivent guider les actions. Elles portent sur l’accroissement des recettes, le renforcement de la lutte contre la fraude et les trafics illicites, ainsi que la poursuite des réformes structurantes. Le Directeur général a demandé que ces priorités se traduisent dans le travail quotidien de chaque service et de chaque agent.
Concernant les recettes, les Douanes déclarent avoir mobilisé 533,743 milliards de FCFA entre janvier et juin, contre une prévision de 482,823 milliards. Le bilan présenté fait état d’un excédent de 50,918 milliards de FCFA et d’un taux de réalisation de 110,55 %. En juillet, 98,547 milliards ont été recouvrés et la Direction générale situe les réalisations cumulées à 632,314 milliards, soit 64,85 % de l’objectif annuel de 975 milliards. Ce dernier dépasse de 59,412 milliards les 915,588 milliards provisoirement mobilisés en 2025.
Ces résultats maintiennent les Douanes au-dessus de la trajectoire théorique nécessaire pour atteindre leur objectif annuel. Il reste toutefois 342,686 milliards de FCFA à recouvrer entre août et décembre, soit une moyenne mensuelle d’environ 68,54 milliards. Le Directeur général a donc invité les services à maintenir le rythme jusqu’à la clôture de l’exercice.
Les difficultés sécuritaires et logistiques qui affectent les corridors, notamment l’axe Kidira-Diboli-Kayes reliant le Mali au Sénégal, compliquent la circulation des marchandises et leur prise en charge douanière. Cette situation exige davantage de vigilance, de réactivité et de coordination pour sécuriser les flux sans aggraver les délais supportés par les transporteurs et les opérateurs économiques.
Fraude et modernisation
Quant à la lutte contre la fraude, elle ne consiste pas seulement à préserver les recettes de l’État. Elle doit également protéger le commerce légal, les opérateurs économiques de bonne foi, les consommateurs et la sécurité publique face à la circulation de produits interdits ou dangereux.
Le Directeur général a ainsi demandé de renforcer le renseignement, le ciblage, l’analyse des risques et la coopération entre les services, tout en évitant que les contrôles ne deviennent un frein au commerce régulier. Parmi les opérations documentées au premier semestre, la Brigade mobile d’intervention a saisi, le 17 avril près de Bamako, 23 bonbonnes de mercure, 1 650 bâtons d’explosifs, deux rouleaux de cordon détonant, 25 détonateurs et 17 briques de chanvre indien. Les services ont aussi intercepté cinq tonnes de cyanure dissimulées dans un chargement à Ségou en juin, en plus de saisies d’armes, de munitions, de médicaments illicites et de produits impropres à la consommation.
Le troisième axe concerne la modernisation de l’administration. Les Douanes disposent d’un portefeuille de 38 réformes comprenant le renforcement du contrôle documentaire, le développement du SIGECOD, le Système interconnecté de gestion du contrôle documentaire, et l’interconnexion des systèmes informatiques douaniers. Cette dernière doit faciliter l’échange de données sur les marchandises en transit, sécuriser les recettes et réduire les délais aux frontières, notamment dans le cadre de la coopération entre les pays de l’AES et le Togo.
Pour le Directeur général, une réforme doit produire des résultats mesurables dans les bureaux, les brigades et les postes frontaliers. Il a demandé aux responsables de traduire les projets de modernisation en pratiques concrètes, d’évaluer leurs effets sur les recettes et les délais, puis de faire remonter les difficultés rencontrées par les agents et les usagers.
« Les Douanes maliennes, c’est vous », a lancé Cheickna Amala Diallo à son personnel. Du cadre supérieur à l’agent de surveillance, du service spécialisé au poste frontalier, chaque fonction participe à la mobilisation des recettes, à la sécurisation des corridors et à la protection de l’économie.
Tout en reconnaissant les sacrifices imposés par le contexte sécuritaire et les contraintes logistiques, le responsable a appelé à consolider les résultats obtenus. La rencontre a ainsi associé un bilan financier favorable à une obligation de continuité, les cinq derniers mois de l’année devant déterminer si l’objectif inédit de 975 milliards de FCFA sera effectivement atteint.

