Mali-Inde : Bamako accueille un premier forum pour renforcer les exportations

Le premier Forum Inde-Mali pour la promotion des exportations se tient les 18 et 19 juin 2026 au Radisson Collection Hotel de Bamako. L’événement vise à structurer les échanges commerciaux entre les deux pays, dans une dynamique bilatérale portée par plus de 326 millions de dollars d’échanges sur l’exercice 2025-2026.

L’ambassadeur de l’Inde au Mali, Dr N. Nandakumar, et le chef de chancellerie, Dr Praveen Kumar, ont présenté, mercredi 17 juin, les grandes lignes du premier Forum Inde-Mali pour la promotion des exportations. La conférence de presse, organisée dans les locaux de la chancellerie indienne à Badalabougou Est, a également porté sur la 12e Journée internationale du yoga et sur les résultats de l’Enquête nationale sur la santé familiale du gouvernement indien.

Le forum, placé sous le haut patronage du président de la Transition, Assimi Goïta, et sous la direction du Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, est organisé par le ministère malien de l’Industrie et du Commerce, en collaboration avec l’ambassade de l’Inde. L’Agence malienne de promotion des exportations, APEX-Mali, assure la coordination du côté malien.

Forum

New Delhi sera représentée par une délégation gouvernementale conduite par Sunil Kumar, secrétaire conjoint chargé du commerce de l’Inde avec l’Afrique, dont le Mali. Une trentaine d’opérateurs économiques indiens sont également attendus dans une dizaine de secteurs, notamment l’agriculture, l’agro-industrie, l’énergie, les énergies renouvelables, le textile, l’industrie manufacturière, l’automobile, la construction, la pharmacie, la santé, le tourisme, les mines, les minéraux, le commerce et la distribution.

La rencontre prévoit une cérémonie d’ouverture officielle, des présentations sur les politiques commerciales et les cadres réglementaires des deux pays, des rencontres B2B, B2G et G2G, ainsi que des échanges entre la délégation indienne et les autorités maliennes. L’objectif est de favoriser des partenariats concrets, d’encourager le transfert de technologies et de compétences, mais aussi d’aborder la maîtrise des flux financiers liés aux exportations.

Échanges

Les chiffres présentés traduisent une progression des échanges. Entre avril 2025 et mars 2026, le commerce bilatéral a dépassé 326 millions de dollars. Les exportations maliennes vers l’Inde ont atteint 198 millions de dollars, un niveau supérieur aux exportations indiennes vers le Mali. En septembre 2025, elles se sont élevées à 16,5 millions de dollars, contre 7,47 millions de dollars un an plus tôt, soit une hausse de 121 %.

Cette dynamique s’explique notamment par l’accès en franchise de droits accordé par l’Inde à certains produits maliens dans le cadre de son schéma de préférences tarifaires. Les exportations maliennes vers le marché indien portent principalement sur le coton, la gomme arabique, la noix de cajou, le sésame et le plomb. Les ventes indiennes vers le Mali concernent surtout les produits pharmaceutiques, les machines, les équipements, le riz, ainsi que des produits industriels et technologiques.

Débouchés

Côté malien, l’enjeu est de diversifier les débouchés, de mieux valoriser les produits exportables et d’attirer des investissements dans des secteurs productifs. Du côté indien, le forum traduit une volonté d’approfondir la présence économique au Mali, à un moment où les partenariats Sud-Sud prennent davantage de poids dans les choix commerciaux et diplomatiques des États sahéliens.

Les organisateurs attendent de cette première édition la signature de contrats commerciaux ou de protocoles d’accord, la mise en place d’un comité conjoint Mali-Inde de suivi des partenariats commerciaux, ainsi que l’implication de banques maliennes et indiennes dans le financement de projets d’exportation. Le forum doit aussi permettre d’identifier des mécanismes pour mieux contrôler les flux financiers liés aux transactions commerciales.

Yoga

La conférence de presse a aussi permis d’annoncer la célébration de la 12e Journée internationale du yoga, prévue le 21 juin 2026 au Palais des Sports de Bamako, à partir de 8 heures, en partenariat avec le ministère malien de la Jeunesse et des Sports. Le thème retenu cette année est « Le yoga pour un vieillissement actif et en bonne santé ». Des activités préparatoires ont déjà eu lieu à la Tour de l’Afrique, à la chancellerie et à la résidence de l’ambassade.

L’ambassade de l’Inde a enfin présenté des résultats de la sixième Enquête nationale sur la santé familiale. Les données évoquent notamment 90,6 % d’accouchements en milieu hospitalier, 91,3 % de naissances assistées par du personnel qualifié, 87,1 % d’enfants de 12 à 23 mois entièrement vaccinés, une couverture électrique de 98,3 % et un accès à l’eau potable de 96,5 %.

À Bamako, New Delhi cherche ainsi à articuler diplomatie économique, coopération culturelle et partage d’expérience sociale. Le forum des 18 et 19 juin dira si cette dynamique peut déboucher sur des contrats, des partenariats durables et des circuits d’exportation plus solides entre le Mali et l’Inde.

 

Forum Inde-Afrique : New Delhi relance le partenariat avec le continent

Le 4e Sommet du Forum Inde-Afrique se tiendra à New Delhi du 28 au 31 mai 2026, après près de dix ans d’interruption. À Bamako, l’ambassadeur de l’Inde au Mali, Dr N. Nandakumar, a présenté les enjeux de ce rendez-vous appelé à ouvrir une nouvelle étape des relations entre l’Inde, l’Afrique et le Mali.

L’Ambassade de l’Inde à Bamako a organisé, mercredi 20 mai 2026, une conférence de presse consacrée au prochain Sommet du Forum Inde-Afrique. Animée par l’ambassadeur Dr N. Nandakumar, la rencontre a permis de revenir sur les ambitions de cette quatrième édition, prévue à New Delhi du 28 au 31 mai 2026, dans un contexte international profondément transformé depuis la dernière édition tenue en 2015.
New Delhi présente ce sommet comme un moment important dans la relance du dialogue politique, économique et stratégique avec le continent africain. L’événement se tient autour du thème : « ESPRIT IA – Partenariat stratégique Inde-Afrique pour l’innovation, la résilience et la transformation inclusive ». Cette orientation traduit la volonté indienne de bâtir une coopération plus tournée vers les besoins concrets des pays africains, notamment dans les domaines de l’innovation, de l’agriculture, de la santé, de l’énergie, de la formation, de la transformation numérique, de la sécurité et du commerce.
Un sommet après dix ans d’attente
L’Inde a adressé des invitations aux 54 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, membres de l’Alliance des États du Sahel, figurent parmi les pays conviés. Le Premier ministre indien, Narendra Modi, a invité le Général d’armée Assimi Goïta à prendre part au sommet, tandis que le ministre indien des Affaires étrangères, S. Jaishankar, a adressé une invitation à son homologue malien, Abdoulaye Diop, pour la réunion ministérielle et les travaux du sommet.
Le programme prévoit une réunion des hauts fonctionnaires le 28 mai, une réunion des ministres des Affaires étrangères le 29 mai, puis la rencontre des dirigeants le 31 mai. Les travaux devraient aboutir à l’adoption d’une Déclaration de New Delhi, appelée à fixer les grandes orientations de la nouvelle phase du partenariat Inde-Afrique.
Ce sommet ne se limite pas aux échanges entre États. La Commission de l’Union africaine, les communautés économiques régionales, la ZLECAf, l’AUDA-NEPAD, Afreximbank et plusieurs institutions africaines sont attendues. Le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a également été invité. Cette participation élargie doit permettre d’ancrer le dialogue dans les grands défis du continent : paix, gouvernance, industrialisation, connectivité, financement du développement et place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale.
Une relation ancienne, des ambitions nouvelles
Devant la presse malienne, l’ambassadeur a rappelé que les relations entre l’Inde et l’Afrique reposent sur des liens anciens, nourris par les échanges commerciaux, les contacts humains, la lutte contre le colonialisme et le combat contre l’apartheid. Ces relations ont progressivement évolué vers un partenariat multidimensionnel couvrant la diplomatie, le commerce, les investissements, le développement, la défense, la santé, l’éducation, la culture et le numérique.
Les documents partagés à la presse montrent l’ampleur prise par cette coopération. L’Inde dispose aujourd’hui de missions diplomatiques dans 46 pays africains, tandis que 46 pays africains ont des représentations résidentes en Inde. Depuis 2018, New Delhi a ouvert 17 nouvelles missions en Afrique et les échanges de haut niveau se sont multipliés, avec plus de 150 visites bilatérales au cours de la dernière décennie.
Sur le plan économique, l’Inde est présentée comme le quatrième partenaire commercial de l’Afrique et l’un de ses cinq premiers investisseurs. Les échanges entre les deux parties se sont élevés à 81,99 milliards de dollars pour l’exercice 2024-2025, tandis que les investissements indiens cumulés sur le continent sont estimés à environ 80 milliards de dollars entre 1996 et 2025. Les exportations indiennes concernent notamment les produits pétroliers, pharmaceutiques, automobiles, biens d’équipement, céréales, produits chimiques et textiles. L’Afrique fournit de son côté du pétrole brut, du gaz naturel, du charbon, des engrais, des légumineuses et des pierres précieuses.
Le Mali dans la dynamique Sud-Sud
La coopération au développement reste l’un des piliers de cette relation. L’Inde a accordé plus de 190 lignes de crédit, d’un montant supérieur à 10 milliards de dollars, à 41 pays africains. Ces financements ont soutenu des projets dans l’énergie, l’eau, l’agriculture, les transports, l’électrification rurale et la connectivité numérique. Environ 220 projets, d’une valeur de 4,5 milliards de dollars, ont déjà été réalisés. Depuis 2015, plus de 70 000 bourses et places de formation ont été offertes à des Africains, confirmant l’importance accordée au renforcement des capacités humaines.
Pour le Mali, cette dynamique revêt un intérêt particulier. L’Inde se présente comme un partenaire de développement dans l’esprit de la coopération Sud-Sud, avec des appuis sous forme de lignes de crédit, de dons, de formation et de renforcement des capacités. Les secteurs de l’énergie, de l’agriculture et de la formation des cadres maliens font partie des domaines cités dans cette coopération. Bamako a également participé aux trois précédentes éditions du Forum Inde-Afrique et entend continuer à faire entendre sa voix dans ce cadre.
En marge du sommet politique, New Delhi organisera un Dialogue d’affaires et une Exposition commerciale Inde-Afrique.
L’objectif est de transformer les orientations diplomatiques en partenariats économiques concrets entre gouvernements, entreprises, investisseurs, startups et PME. Les secteurs ciblés sont l’agriculture, l’agroalimentaire, les infrastructures, l’énergie, les transports, la logistique, le numérique, l’intelligence artificielle, la fintech, l’industrie, la santé, les produits pharmaceutiques, la défense, la sécurité maritime et les minéraux critiques. Plus de 500 participants africains sont attendus à cet événement.
Culture, environnement et coopération élargie
La dimension culturelle occupe aussi une place dans cette édition. Des artistes africains sont invités à participer au programme « L’Inde vue par l’Afrique », qui leur permettra d’exprimer leur perception de l’Inde à travers l’art. Le Mali sera représenté par l’artiste Soulaymane Ouologuem. Des danseurs et musiciens africains doivent également prendre part à un festival de danse et de musique Inde-Afrique.
L’Inde accueillera par ailleurs, les 1er et 2 juin 2026, le premier Sommet de l’Alliance internationale pour les grands félins. Cette initiative porte sur la conservation du tigre, du lion, du léopard, du puma, du jaguar, du guépard et de la panthère des neiges. Le Mali, qui abrite certaines espèces concernées, est attendu aux sessions techniques.
Cette conférence de presse a permis à l’ambassade indienne de replacer le sommet dans une dynamique de relance et de résultats concrets. New Delhi entend donner une portée plus opérationnelle à son partenariat avec le continent africain. Côté malien, ce rendez-vous apparaît comme une opportunité de consolider des liens anciens avec un partenaire présent dans la formation, l’agriculture, l’énergie, le numérique, la santé, les infrastructures et la coopération Sud-Sud