Forum Mali – Inde : Dynamiser les échanges d’intérêt commun

Le Mali s’apprête à organiser la première édition du forum économique Mali – Inde, les 18 et 19 juin 2026, afin de promouvoir les opportunités d’affaires entre les deux pays. Ce rendez-vous s’inscrit dans une dynamique de partenariat gagnant et de coopération bilatérale ambitieuse.

Le forum se tiendra à Bamako et réunira des acteurs économiques autour des échanges, des investissements et des possibilités de coopération.

Les exportations maliennes vers l’Inde ont atteint 82,5 millions de dollars en 2024, grâce à un accès au marché indien à travers un régime de droit préférentiel, a révélé le responsable de la Confédération de l’Industrie Indienne (CII) lors du forum d’affaires Inde – Mali, en octobre 2025. À l’issue de cette rencontre, un protocole d’accord créant le Conseil des affaires Inde – Mali a été signé afin de promouvoir les relations économiques, commerciales et d’investissement.

Représentant environ 69% du PIB, le commerce occupe une place centrale dans l’économie malienne. Le pays exporte essentiellement des matières premières, principalement l’or, qui représente jusqu’à 70% des exportations, suivi du coton, des animaux vivants et des produits agricoles. Les principales filières d’exportation sont le coton, le karité, les mangues, l’anacarde et le sésame, mais aussi les produits transformés et artisanaux.

Les importations sont tirées par les combustibles, qui représentent environ 39%, les machines et autres équipements, 11 %, les céréales, 4,8%, et les produits pharmaceutiques, 4,1%.

Selon certaines données commerciales, les principales destinations des exportations maliennes sont les Émirats arabes unis, suivis de la Suisse, de l’Australie, de la Chine et de la Turquie.

Quant aux importations, elles proviennent essentiellement du Sénégal, qui représente 23,8% des importations totales du Mali et demeure son premier fournisseur. Il est suivi de la Côte d’Ivoire, 18,9%, de la Chine, 12,4%, et de l’Inde, 5,5%.

L’Inde comme référence

Avec une croissance dynamique estimée à 6,5%, l’Inde fait partie des premières économies mondiales. Sa démographie jeune, ses infrastructures numériques avancées et sa politique d’industrialisation offrent des perspectives de coopération pour les acteurs de la croissance du Mali.

Les investissements publics pour moderniser le pays et attirer le secteur privé, la digitalisation, qui stimule l’inclusion financière et la création de startups, ainsi que la consommation intérieure, estimée à environ 65% du PIB, figurent parmi les ressorts du modèle indien. Les services et technologies de l’information, l’industrie et l’agriculture sont autant de secteurs dont peuvent s’inspirer les acteurs maliens.

 

Mali – Égypte : Le pari d’un axe économique ambitieux

Le premier Forum économique Mali–Égypte, tenu à Bamako les 24 et 25 juillet 2025, a posé les fondations d’un partenariat sud-sud plus structuré. Si les chiffres restent modestes, les ambitions affichées sont claires et visent à diversifier, investir et bâtir.

Pendant deux jours, les délégations ministérielles et patronales des deux pays ont échangé autour d’une vision commune, à savoir faire de la coopération économique un levier de développement partagé. Un mémorandum d’entente a d’ailleurs été signé, prévoyant des mécanismes de dialogue régulier et d’appui technique. L’Égypte, représentée par une trentaine de dirigeants issus des secteurs industriel, minier, énergétique ou pharmaceutique, a exprimé sa volonté d’approfondir sa présence économique au Mali.

Les échanges commerciaux, pour l’instant déséquilibrés, traduisent un potentiel largement inexploité. En 2024, les exportations égyptiennes vers le Mali ont atteint 22,8 millions de dollars, contre moins de 200 000 dollars d’importations maliennes vers l’Égypte. À titre de comparaison, les échanges du Mali avec la Chine dépassaient les 300 millions de dollars sur la même période, soulignant le retard des flux bilatéraux avec l’Égypte. Aucun investissement structurant n’a encore été enregistré, mais les discussions ouvertes à Bamako visent à changer cette donne.

Le Mali espère ainsi accélérer cette dynamique en s’appuyant sur un cadre juridique rénové, à travers un Code des investissements actualisé et des incitations fiscales ciblées pour les partenaires étrangers. L’Égypte dispose d’atouts économiques majeurs susceptibles d’accompagner les priorités maliennes. Le secteur agroalimentaire, notamment la transformation des mangues, du sésame et du karité, représente aussi un axe stratégique à explorer avec les industriels égyptiens.

Leur expertise en infrastructures et travaux publics pourrait accélérer la modernisation des routes, barrages et zones industrielles. Leur solide industrie pharmaceutique offrirait des perspectives pour la production locale de médicaments génériques. Leur savoir-faire en agriculture irriguée serait particulièrement précieux pour les zones arides du Mali.

De plus, le pays des Pharaons excelle également dans la transformation du coton, un secteur clé pour le Mali, deuxième producteur africain. Son expérience dans les énergies renouvelables, notamment le solaire, est une opportunité pour améliorer l’accès à l’électricité, notamment dans les zones rurales. Enfin, l’économie numérique égyptienne – fintechs, cybersécurité, e-gouvernement – pourrait inspirer la digitalisation des services maliens.

Les deux États misent ainsi sur des complémentarités claires, dans l’objectif de bâtir un corridor économique afro-arabe. Si la volonté politique semble acquise, l’essentiel reste à faire. Il s’agira de mobiliser des capitaux, de sécuriser les projets et de démontrer par des résultats concrets que cette coopération peut devenir un véritable accélérateur de développement.

Massiré Diop