Cheptel : un plan de 8 milliards de FCFA

Le plan 2025-2029 finance des ouvrages hydrauliques et des périmètres pastoraux. Selon L’Essor, cinq systèmes hydrauliques ont déjà été réceptionnés à Koulikoro.

Le Comité national de pilotage de la Stratégie nationale de stabilisation et de sécurisation du bétail malien a tenu sa première session le 1er octobre à Bamako. La réunion était présidée par le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, en présence de la Direction nationale des productions et des industries animales, des services techniques et des organisations professionnelles.
La stratégie a été approuvée par le décret du 3 juillet 2025. Son premier plan d’action couvre la période 2025-2029 et représente une programmation financière de 8 milliards de FCFA. Le Journal officiel confirme l’approbation de la stratégie et du plan quinquennal par le décret n°2025-0435/PT-RM.
Un second décret, daté du 5 mai 2026, a organisé son pilotage. Le dispositif comprend un comité national, un comité technique de coordination ainsi que des organes régionaux et locaux. La session du 1er octobre constitue la première réunion du comité national établi dans ce cadre.
Des crédits concentrés sur les trois dernières années
D’après les chiffres présentés pendant la réunion, 600 millions de FCFA sont affectés aux activités de 2025 et 2026. Les 7,4 milliards restants sont programmés entre 2027 et 2029.
Le plan d’action prévoyait initialement 2,7 milliards de FCFA pour 2027. Selon L’Essor, les arbitrages budgétaires ont ramené l’allocation à un milliard de FCFA, soit une différence de 1,7 milliard avec la programmation initiale. Le ministre Youba Ba a demandé une augmentation de la contribution de l’État et la mobilisation de partenaires financiers.
Ces montants correspondent à une programmation pluriannuelle. La somme effectivement engagée apparaît dans les marchés conclus, les paiements exécutés et les ouvrages réceptionnés au cours de chaque exercice.
La stratégie répond, selon le ministère, aux difficultés rencontrées sur les parcours de transhumance, à la réduction des espaces pastoraux, à la pression foncière et aux différends liés à l’accès à l’eau ou aux terres. Les infrastructures prévues comprennent notamment des points d’eau améliorés et des périmètres destinés à l’élevage.
Cinq systèmes hydrauliques réceptionnés
Selon le bilan rapporté par L’Essor, les travaux de quatorze systèmes hydrauliques pastoraux améliorés ont été lancés en 2025 dans les régions de Koulikoro, Bougouni et Kita. Cinq ouvrages ont été réceptionnés à Koulikoro.
Ces systèmes doivent fournir de l’eau au bétail dans les zones aménagées. Leur utilisation concerne également l’organisation des déplacements des troupeaux et la fréquentation des points d’abreuvement par les éleveurs.
Deux périmètres pastoraux figurent dans le programme de 2025. Les publications consultées présentent différemment leur état d’exécution. L’Agence malienne de presse parle de deux périmètres réalisés, dont un à Balanfina, dans le cercle de Yanfolila. L’Essor indique que les travaux ont commencé à Yanfolila et que le projet de Kangaba rencontre une difficulté liée au choix du site.
Le statut administratif et technique de chaque site doit donc être confirmé par un état de réception de la Direction nationale des productions et des industries animales. La réception d’un ouvrage intervient après l’achèvement des travaux et leur contrôle, tandis qu’un chantier lancé reste en cours d’exécution.
Pour 2026, le programme comprend la poursuite des infrastructures déjà engagées et deux nouveaux périmètres pastoraux à Sikasso et Koutiala. L’AMAP attribue cette programmation au ministère de l’Élevage et de la Pêche.
La première session du comité fournit ainsi quatre repères chiffrés. Le plan quinquennal porte sur 8 milliards de FCFA, dont 600 millions pour ses deux premières années. Cinq systèmes hydrauliques sont signalés comme réceptionnés à Koulikoro et un milliard de FCFA est inscrit après arbitrage pour 2027.
Massiré Diop

Koulikoro : le couvre-feu s’installe dans la durée

Le couvre-feu est reconduit du 23 août au 21 septembre dans la région de Koulikoro, avec des horaires différents selon les localités. Cinquième mois de restrictions depuis les attaques du 25 avril, cette prolongation maintient une surveillance renforcée autour de Bamako et sur plusieurs axes stratégiques.

Le gouverneur de la région de Koulikoro, le colonel Lamine Kapory Sanogo, a prorogé d’un mois le couvre-feu instauré le 25 avril dernier. La nouvelle décision, signée le 21 août, couvre la période allant du dimanche 23 août au lundi 21 septembre 2026.
Dans les communes proches de Bamako, la circulation est interdite de minuit à 5 h 30. Sont notamment concernés Kalaban-Coro, Niamana, N’Tabacoro, Kabala, Kanadjiguila, Kabalabougou, Sangarébougou, Moribabougou, N’Gabacoro, Titibougou, Dialakorodji, Dogodouman et Taliko. Le même horaire s’applique à la ville de Koulikoro.
À Kati, Banamba, Kangaba et Kolokani, le couvre-feu reste fixé de 23 heures à 6 heures. Dans toutes les autres localités de la région, les déplacements sont interdits de 21 heures à 6 heures. La décision maintient également l’interdiction temporaire de circulation des camions-bennes, introduite le 15 mai. Les autorités administratives, les collectivités et les forces de défense et de sécurité sont chargées de l’application du dispositif.
Une ceinture sensible
Le couvre-feu avait été instauré le 25 avril, après les attaques coordonnées contre Bamako, Kati et plusieurs villes du pays. À Bamako, la mesure initiale avait été appliquée pendant 72 heures, puis brièvement prolongée. Dans la région de Koulikoro, les autorités avaient choisi dès le départ une durée de 30 jours, avant de procéder à plusieurs reconductions.
Cette différence s’explique par la position particulière de Koulikoro. La région entoure en grande partie le District de Bamako et comprend plusieurs localités désormais intégrées à l’agglomération de la capitale. Elle abrite aussi Kati, importante ville-garnison située sur l’un des principaux accès routiers à Bamako.
L’axe Kolokani-Kati-Bamako constitue notamment le dernier tronçon du corridor venant de Kayes, par lequel transitent une grande partie des marchandises destinées à la capitale. Du 23 au 29 juin, les Forces armées maliennes avaient escorté 940 camions civils sur l’itinéraire Kayes-Sandaré-Diéma-Bamako, en passant par Kolokani et Kati. Compte rendu de l’opération.
La région a également été concernée par l’offensive coordonnée du 4 juillet. Une attaque avait alors visé la prison de Kéniéroba, située à une soixantaine de kilomètres au sud de Bamako, en même temps que des positions à Gao, Anéfis, Aguelhok et Sévaré. Les forces de sécurité avaient repris le contrôle de l’établissement, selon les autorités.
Une mesure désormais durable
Les horaires différenciés montrent une tentative d’adapter les restrictions aux réalités locales. Dans les communes périurbaines, où les déplacements professionnels et commerciaux se prolongent tard dans la soirée, le couvre-feu ne commence qu’à minuit. Il demeure plus long à Kati et dans les zones rurales considérées comme plus difficiles à surveiller.
Mais cette cinquième prolongation marque aussi l’installation dans la durée d’une mesure initialement présentée comme exceptionnelle. Elle traduit la prudence des autorités face aux risques d’infiltration, de déplacement nocturne de groupes armés ou de menaces contre les axes menant à la capitale.
La décision du 21 août ne fait état d’aucun nouvel incident précis. Elle prolonge un dispositif préventif dont l’assouplissement dépendra vraisemblablement de l’évolution de la situation sécuritaire. Après près de cinq mois d’application, l’enjeu sera aussi d’évaluer régulièrement son efficacité et ses conséquences sur les activités économiques et les déplacements des populations.
La reconduction jusqu’au 21 septembre montre ainsi que, malgré l’allègement des horaires dans certaines communes, les autorités régionales ne considèrent pas encore réunies les conditions d’un retour au dispositif antérieur aux attaques d’avril.

Administration pénitentiaire : une conférence sous forte pression sécuritaire à Koulikoro

Réunis du 27 au 29 novembre à Koulikoro, les responsables de l’administration pénitentiaire ont passé en revue le fonctionnement des établissements et les enjeux liés à la gestion des personnes détenues. Cette rencontre intervient dans un contexte où les prisons doivent s’adapter au défi posé par le radicalisme violent et à la montée des risques de sécurité.

La 9ᵉ Conférence annuelle de l’Administration pénitentiaire et de l’Éducation surveillée a rassemblé cadres centraux, régies pénitentiaires, responsables régionaux et acteurs judiciaires pour dresser le bilan 2025 et définir les priorités de 2026. Dans un environnement marqué par les violences armées et l’augmentation du nombre de détenus liés au terrorisme, les autorités ont rappelé la nécessité de renforcer les méthodes de travail, la coordination entre services et la capacité de réponse interne face aux situations sensibles.
Le thème choisi – « L’administration pénitentiaire à l’épreuve du terrorisme, du radicalisme et de l’extrémisme violent » – reflète les pressions auxquelles sont confrontés les établissements carcéraux. Plusieurs prisons du pays accueillent désormais un nombre important de détenus pour faits de terrorisme, ce qui modifie les équilibres internes, accroît les risques de tension et impose une vigilance renforcée des équipes.
Des orientations pour 2026
Les participants ont examiné les conditions de détention, l’organisation du travail pénitentiaire, la gestion des incidents, la formation des agents et la coordination avec la justice. Ils ont également partagé les expériences de terrain liées à la surveillance, au suivi des profils sensibles et à la prévention de l’influence idéologique entre détenus.
Les travaux ont insisté sur la nécessité d’améliorer les capacités opérationnelles du personnel, de renforcer les équipements de sécurité, de moderniser les procédures internes et de mieux protéger les agents exposés. La question du renseignement pénitentiaire, devenue indispensable dans la gestion des détenus radicalisés, a été abordée comme un axe de consolidation institutionnelle.
Des défis structurels qui persistent
Si la conférence a permis d’identifier des pistes d’amélioration, elle a aussi dévoilé les défis profonds du secteur : effectifs insuffisants, infrastructures vieillissantes, surcharge dans certains établissements, besoins importants en formation spécialisée et forte pression liée aux profils dangereux. Dans un contexte institutionnel sensible, où les priorités sécuritaires occupent une place importante dans l’action publique, la question de l’articulation entre sécurité, garanties fondamentales et transparence du secteur pénitentiaire appelle une approche mesurée et rigoureuse.
Les conclusions des travaux alimenteront les orientations pour 2026, avec l’objectif de rendre l’appareil pénitentiaire plus robuste, mieux préparé et davantage capable de répondre aux nouvelles formes de criminalité et de radicalisation.

Sécurité : quatre morts dans plusieurs attaques près de Bamako

Selon plusieurs informations, des assaillants non identifiés ont mené une double attaque hier lundi dans la soirée dans la région de Koulikoro. Le poste de péage de Kassela à l’entrée de Bamako et la caserne des sapeurs pompiers à Markakoungo à 80 km de la capitale ont été pris pour cible. Le bilan provisoire est de quatre morts dont deux membres de la protection civile et deux civils ainsi que des dégâts matériels importants. Plusieurs véhicules ont été incendiés. Le chanteur M’Bouillé Koité a également annoncé hier sur ses pages l’attaque du bus transportant son staff vers Kati. Des assaillants ont ouvert le feu sur le véhicule blessant le chauffeur. Les passagers ont été dépouillés de leurs biens assure l’artiste.