La réponse sanitaire aux besoins humanitaires reste entravée par l’insécurité et le manque de ressources, selon le bulletin de juillet du Cluster Santé publié le 13 août 2026. Les déplacements de populations, les difficultés d’accès aux soins et la circulation simultanée de plusieurs maladies accentuent la pression sur les services de santé.
Environ 3,7 millions de personnes ont besoin d’une assistance sanitaire, sur une population nationale estimée à 24,5 millions. Le Cluster Santé en cible 1,6 million et fait état de 61 333 personnes atteintes. Ces chiffres figurent dans un document préparé par la Dre Aissata dite Nènè Tjini Koné, épidémiologiste au sein du dispositif d’urgence sanitaire et du Cluster.
Le financement disponible reste très inférieur aux besoins. Le texte du bulletin indique que 36,9 % des ressources avaient été mobilisées à la fin de juillet. Son tableau financier affiche cependant 9,7 millions de dollars reçus sur les 30,5 millions requis, soit 31,9 %. Cet écart n’est pas expliqué, mais les deux évaluations montrent que près des deux tiers des ressources attendues restent à mobiliser.
L’insécurité perturbe particulièrement les soins dans le Nord et le Centre. À Gao, les incidents enregistrés dans la région voisine de Kidal compliquent l’accès aux centres de santé et la continuité des services. Les supervisions, les campagnes de vaccination et l’acheminement des médicaments sont également affectés.
En juillet, 771 ménages représentant 3 781 personnes ont quitté leurs localités. Le mouvement le plus important concerne 2 814 habitants partis de Kouakourou vers Mopti. Quelque 680 personnes ont également rejoint Ménaka depuis Anéfis, tandis que 287 autres ont été déplacées vers Markala et Kirango.
Alertes sanitaires
Ces mouvements surviennent dans un contexte marqué par plusieurs foyers épidémiques. De janvier à la fin de juillet, 413 cas de dengue ont été confirmés, avec un décès. La diphtérie totalise 753 cas suspects depuis juillet 2025, dont 91 confirmés et 37 décès, dans 41 districts sanitaires répartis entre neuf régions.
Le Mpox a réapparu après près de 80 jours sans cas confirmé. Six infections ont été confirmées en juillet, dont quatre à Bamako et deux à Kalabancoro. Depuis le début de l’année, le bilan s’établit à 26 cas confirmés et un décès.
La rougeole poursuit également sa progression. Le pays comptait 248 cas confirmés à la fin de la 31ᵉ semaine, tandis que 19 des 75 districts sanitaires avaient connu au moins un épisode épidémique. Ouélessébougou et la Commune VI de Bamako ont rejoint en juillet la liste des districts concernés.
Trois cas présumés de rage humaine ont été signalés à Kayes et ont tous été suivis de décès. Trois cas de tétanos néonatal ont aussi été enregistrés à Kidal, Séféto et Koutiala, avec deux décès documentés.
À la date du 5 août, la couverture vaccinale atteignait seulement 38,02 % pour la première dose du vaccin antipoliomyélitique oral et 23,79 % pour la deuxième dose contre la rougeole. Ces niveaux restent préoccupants au regard de la multiplication des déplacements et des difficultés rencontrées par les équipes pour atteindre certaines localités.
Malgré ces contraintes, 415 444 consultations curatives ont été enregistrées en juillet dans les régions humanitaires. Les partenaires ont poursuivi les cliniques mobiles, le dépistage nutritionnel, la vaccination et la fourniture de médicaments. Leurs prochaines interventions porteront notamment sur la campagne contre le poliovirus dérivé de type 2, la préparation au risque Ebola et le prépositionnement d’intrants à Gao pour les régions du Nord et du Centre.
La réponse dépendra désormais de la mobilisation rapide des financements et de la sécurisation des voies d’accès. Le maintien officiel d’une structure en activité ne suffit pas lorsque les patients, le personnel et les médicaments rencontrent des difficultés pour y parvenir.

