Ouganda : Aider aussi ceux qui accueillent

En Ouganda, le programme DRDIP a financé des écoles, des centres de santé et des activités économiques pour les réfugiés et leurs communautés d’accueil. Une seconde phase, annoncée pour octobre 2026, doit prolonger ces investissements.

Dans le district de Moyo, Leya, réfugiée sud-soudanaise et mère de cinq enfants, a développé une activité de couture grâce à une formation et à une subvention de 6 000 dollars. Ses revenus lui ont ensuite permis d’acheter une terre agricole pour contribuer à nourrir sa famille, rapporte la Banque mondiale.

Son parcours s’inscrit dans le programme DRDIP, lancé en 2017 par le gouvernement avec l’appui de l’institution. Déployé dans quinze districts accueillant des réfugiés, le dispositif associe les réfugiés et les communautés locales au choix des investissements et au suivi des réalisations.

Les activités soutenues comprennent l’agriculture, l’élevage, la formation professionnelle et les petites entreprises. Des groupes d’épargne et des fonds villageois facilitent également l’accès aux ressources. Selon le bilan publié le 19 mars 2026, les ménages participants ont enregistré des revenus annuels supérieurs de plus de 17% à ceux des non-participants.

Services sociaux de base

Les investissements concernent aussi les équipements utilisés quotidiennement. Entre 2017 et 2024, 290 écoles ont été construites ou améliorées, au bénéfice de plus de 490 000 élèves. La construction ou la réhabilitation de 130 centres de santé a également renforcé l’offre de soins.

La Banque mondiale rapporte une progression de 47% des inscriptions dans le primaire dans les zones ciblées et une diminution de 36% des dépenses annuelles de santé des bénéficiaires. Les infrastructures servent aux réfugiés comme aux populations locales.

D’autres financements ont accompagné l’intégration des services dans les dispositifs publics. Un programme de transferts budgétaires aux collectivités a notamment permis de rattacher 51 écoles primaires et 15 centres de santé, auparavant gérés par des partenaires humanitaires, aux systèmes nationaux. Les populations réfugiées ont été intégrées à la formule de financement local de ces services.

Un mécanisme suit aussi les nouveaux afflux de réfugiés pour financer les écoles, les centres de santé et les points d’eau les plus sollicités.

Des chantiers restent toutefois inachevés, ont souligné des parlementaires le 15 septembre. Le pays subit également les coupes de l’aide alimentaire rappelées par le Programme alimentaire mondial le 2 octobre.

Prévue sur cinq ans, la deuxième phase du DRDIP dispose d’une enveloppe annoncée de 328 millions de dollars. Elle cible trois millions de réfugiés et de membres des communautés d’accueil dans quatorze districts, avec des investissements dans les services publics, les activités économiques et l’environnement.