Koko Fashion Show : les traditions maliennes sur le podium

Prévue ce samedi 24 octobre au Centre international de conférences de Bamako (CICB), la 6e édition de Koko Fashion Show mettra en lumière le patrimoine vestimentaire malien sous le thème « Préserver les traditions ». Défilé de mode, valorisation des savoir-faire locaux et ouverture sur la sous-région et la diaspora seront au menu de la rencontre.

La mode malienne sera à l’honneur samedi 24 octobre à partir de 16 heures au Centre international de conférences de Bamako (CICB). Pour sa sixième édition, Koko Fashion Show entend faire des traditions vestimentaires un levier de promotion de l’identité culturelle et du savoir-faire des créateurs maliens.
Lors d’une conférence de presse organisée mardi 20 octobre 2026, en prélude à l’événement, l’équipe de coordination a dévoilé les grandes lignes de cette édition placée sous le thème « Préserver les traditions ». Organisé par la maison de haute couture KOKO Fashion, l’événement vise à mettre en lumière la richesse culturelle du Mali à travers ses vêtements, ses tissus et ses techniques artisanales, tout en montrant leur place dans la mode contemporaine.
« Nous voulons aller plus en profondeur dans les racines de notre culturalité et magnifier la tradition malienne dans toute sa splendeur », a expliqué Fatoumata Sanogo, coordinatrice générale de Koko Fashion Show.
Le bogolan, le bazin et les autres tissus traditionnels occuperont une place importante dans cette édition. Au-delà de leur dimension culturelle, les organisateurs veulent rappeler leur potentiel commercial et leur capacité à conquérir de nouveaux marchés.
Pour Hamadoun Bocoum, créateur de mode et promoteur de KOKO Fashion, le défilé constitue un moyen de faire connaître les créations maliennes à un public plus large, notamment à l’international. La visibilité acquise lors de ces événements peut contribuer à développer les ventes et à ouvrir des débouchés aux artisans, teinturières et créateurs. La valorisation du patrimoine passe également par sa transmission aux jeunes générations. Pour l’équipe organisatrice, connaître ses origines permet de construire son avenir sans renoncer à son identité. Les vêtements traditionnels, soulignent les responsables, peuvent aussi bien se porter au travail que lors des grandes cérémonies et des événements mondains. L’édition 2026 prévoit ainsi d’associer tradition et modernité, sans enfermer la culture malienne dans le passé.
Une ouverture internationale
Koko Fashion Show prévoit également un tapis rouge inspiré du Met Gala, destiné à mettre en valeur l’élégance et la créativité maliennes. Les invités sont encouragés à porter des tenues qui reflètent les traditions et les savoir-faire locaux. Le tapis rouge débutera à 16 heures, avant le lancement de la retransmission télévisée annoncé à partir de 17 h 30.
Pour la première fois, l’événement sera diffusé en direct sur TM1, selon les organisateurs. Cette couverture doit permettre au public de suivre le rendez-vous au-delà de Bamako, notamment grâce aux réseaux sociaux. Plusieurs délégations étrangères sont annoncées, notamment de Guinée, de Côte d’Ivoire, de Mauritanie et du Gabon, ainsi que des participants venus des États-Unis et de France. L’équipe souhaite renforcer cette ouverture dans les prochaines années en invitant davantage de créateurs de la sous-région et de la diaspora.
Les organisateurs ont également mis en avant le rôle des jeunes dans cette dynamique. Selon eux, environ 700 personnes ont participé au casting des mannequins, une démarche qui vise à offrir des opportunités au-delà des seuls professionnels du secteur. Le Roi 12 12 est le parrain de cette édition, en reconnaissance de son engagement en faveur de l’entrepreneuriat et de la jeunesse.
Joseph Amara Dembélé

Culture : Baco-djicoroni célèbre le patrimoine textile

Bogolan, indigo et coton seront au centre du Village créatif Bogolan Indigo et Musée du coton, prévu du 7 au 10 mai 2026 à Baco-djicoroni, à Bamako. Organisé dans le cadre du Festival panafricain de la cotonnade, FEPAC, l’événement met en avant les savoir-faire textiles maliens et africains.

Le rendez-vous arrive à un moment important pour le bogolan. Le 16 avril 2026, le Mali a obtenu auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle le certificat d’enregistrement en Indication géographique protégée du bogolan. Ce tissu devient ainsi le deuxième produit malien protégé par ce mécanisme, après l’échalote de Bandiagara, avec l’objectif de préserver son origine, son authenticité et sa réputation. Le Mali a également porté en 2026 la candidature des pratiques liées au Bôgôlan au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Cette démarche renforce la reconnaissance d’un savoir-faire transmis par les artisans et les communautés.

Le bogolan, ou bògòlanfini, est l’un des marqueurs les plus connus de l’identité textile malienne. Il est fabriqué à partir d’une toile de coton travaillée avec des teintures végétales et de la boue fermentée. Ses motifs, souvent géométriques, portent des significations sociales, esthétiques et symboliques. Longtemps associé aux usages communautaires, aux cérémonies et à la transmission, il occupe aujourd’hui une place importante dans la mode, la décoration et les arts visuels.

Transmission

L’indigo renvoie, lui aussi, à une mémoire ancienne du textile ouest-africain. Les bains répétés, les nuances profondes de bleu et les gestes des teinturiers rappellent un savoir-faire où la main, la matière et le temps restent essentiels. Associé au coton, il permet de raconter toute une chaîne culturelle, du champ au fil, du fil au tissu, puis du tissu à la création contemporaine. Le coton rappelle aussi l’ancrage agricole de ce patrimoine.

À Baco-djicoroni, le Village créatif entend faire dialoguer artisans, créateurs, visiteurs et passionnés du patrimoine. Les activités annoncées autour du Musée vivant du coton et du Village créatif Bogolan & Indigo doivent permettre de montrer les techniques, les matières, les gestes et les usages actuels de ces textiles.

À travers cette rencontre, le textile malien apparaît comme une culture vivante. Le bogolan, l’indigo et le coton ne sont pas seulement des matières ou des tissus : ils portent une mémoire, un savoir-faire et une capacité de création qui continuent d’inspirer les artisans, les stylistes et les nouvelles générations.