Abdoulaye Yaro : « Il faut faire confiance aux jeunes »

Expert en management stratégique, en développement organisationnel et en conduite du changement, Abdoulaye Yaro vient de publier son ouvrage « Investir dans la jeunesse ». Il y défend une jeunesse plus engagée et responsabilisée. Dans cet entretien, il revient sur ses motivations, l’importance du leadership et la responsabilité des décideurs. Propos recueillis par Mohamed Kenouvi

Pourquoi avoir consacré un livre à l’investissement dans la jeunesse ?

La jeunesse constitue l’essentiel de notre population. Plus de 74% des Maliens ont moins de 30 ans et l’âge moyen est de 21 ans et demi. Si nous voulons progresser, nous devons renforcer nos efforts en direction des jeunes. Ce livre s’appuie sur près de vingt ans d’engagement, d’abord comme leader d’organisations de jeunes, puis comme porteur d’initiatives destinées à valoriser leur place dans la société. L’objectif est de les encourager à construire le présent et à assumer des responsabilités pour l’avenir.

Vous insistez sur le leadership. Comment les jeunes peuvent-ils le développer ?

Tout commence dans la famille, que je considère comme la première école du leadership. C’est là que l’on découvre l’autorité. Ensuite, les jeunes doivent développer leurs capacités sur le terrain, au sein des organisations de jeunesse et des associations, ainsi qu’à travers leurs initiatives communautaires. Ces expériences renforcent leur sens des responsabilités et leur permettent de participer à l’amélioration des conditions de vie des populations.

Votre livre, édité par Bandama Éditions, a été préfacé par l’ancien Premier ministre Moussa Mara. Comment s’est faite cette collaboration ?

Les questions relatives à la jeunesse intéressent énormément Moussa Mara. Il a donc accepté de préfacer ce livre et de donner son avis sur cette problématique. Sa contribution nourrit la réflexion que nous souhaitons susciter autour de l’investissement dans la jeunesse et de son rôle dans le développement du Mali.

Ce livre constitue un plaidoyer pour la jeunesse. Quel message adressez-vous aux jeunes et aux décideurs ?

Je m’adresse d’abord aux jeunes, car ils sont les premiers acteurs de leur développement. Je les invite à accepter de prendre des responsabilités et à défendre les valeurs évoquées dans l’ouvrage. Mais j’interpelle également les décideurs. Il ne s’agit pas uniquement des autorités publiques, mais de tous ceux qui exercent des responsabilités : directeurs d’école, chefs de famille, chefs d’entreprise, entre autres. Je leur demande de faire confiance aux jeunes et de leur donner la possibilité d’assumer des responsabilités. C’est ainsi qu’ils pourront démontrer leurs capacités. Je reste convaincu qu’ils sont capables de relever les défis auxquels nous sommes confrontés.