Hivernage : l’anticipation des crues à l’épreuve

Dans son rapport annuel sur le protocole d’action précoce, la Fédération internationale examine le dispositif mis en œuvre par la Croix-Rouge malienne. Le document souligne des acquis logistiques, mais aussi des retards opérationnels et des incohérences financières à clarifier.

En plein hivernage, la prévention des inondations constitue une urgence concrète. Mali-Météo maintient un niveau élevé de vigilance face aux fortes pluies, aux crues, à la foudre et aux autres risques liés à la saison, malgré des cumuls pluviométriques attendus autour des moyennes habituelles, selon des prévisions rapportées par plusieurs sources.

C’est dans ce contexte que doit fonctionner le protocole d’action précoce contre les crues fluviales. Financé par le Fonds d’urgence pour les réponses aux catastrophes de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le dispositif vise jusqu’à 4 000 ménages, soit environ 24 000 personnes, pour un budget pluriannuel de 493 567 francs suisses.

Son déclenchement dépend des prévisions de la Direction nationale de l’hydraulique et des services météorologiques. Lorsque le niveau de l’eau atteint, dans certaines stations de surveillance, le seuil correspondant à une crue susceptible de se produire au moins une fois tous les cinq ans, la Croix-Rouge malienne dispose de quatre à huit jours pour intervenir.

Des acquis logistiques réels

Le protocole prévoit l’activation des comités de crise, l’alerte des populations, l’identification des familles vulnérables et la diffusion de messages par les radios et lors de visites à domicile. Il comprend également la distribution de produits sanitaires, l’installation d’abris et la mise à disposition de sacs destinés à renforcer les digues ou à protéger les habitations.

Cette approche a déjà été éprouvée en septembre 2022 dans le village de Kaka et dans deux quartiers de Sofara, dans la région de Mopti. Selon le rapport d’activation de la Croix-Rouge malienne, les opérations avaient permis d’assister 271 ménages et de mener des actions de protection au bénéfice de 3 045 personnes. Des familles avaient été évacuées, des abris installés et des bâtiments sécurisés.

Le nouveau rapport annuel montre que la préparation matérielle s’est poursuivie. Des stocks ont été répartis entre Kayes, Sikasso, Mopti et Gao afin de réduire les délais d’acheminement. Ils comprennent notamment 80 kits d’abris, 80 kits de cuisine, 1 680 nattes, 840 couvertures, 4 000 moustiquaires ainsi que des produits de traitement de l’eau.

Un exercice de simulation a également été organisé à Loulouni, dans la région de Sikasso. Il a permis de tester la transmission de l’alerte, la coordination entre les acteurs et la mobilisation communautaire.

Ces préparatifs répondent à une menace durable. D’après des chiffres rappelés par le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe, les inondations de 2024 avaient affecté plus de 733 000 personnes et plus de 121 000 ménages. Pour la saison actuelle, AGRHYMET recommande de renforcer les actions anticipatoires, les systèmes d’alerte, les digues de protection et la coordination entre les services météorologiques, hydrologiques et de protection civile.

Une préparation humaine encore incomplète

Derrière les acquis matériels, le rapport fait apparaître plusieurs retards. Des formations destinées aux volontaires et au personnel n’ont pas été réalisées. Certaines activités de sensibilisation, des consultations consacrées à la protection et à l’inclusion ainsi que plusieurs rencontres techniques régulières ont également été reportées.

L’insécurité a notamment perturbé des activités prévues à Ségou et Mopti. Lors de l’exercice de Loulouni, plusieurs représentants institutionnels ont été mobilisés tardivement, faute de lettres d’invitation transmises à temps. La participation de certains jeunes a aussi été limitée par l’attente d’une rémunération ou d’une prise en charge.

Ces difficultés ne sont pas secondaires. Dans un mécanisme qui ne laisse que quatre à huit jours pour agir, les stocks ne suffisent pas si les volontaires ne maîtrisent pas leur rôle, si l’alerte n’est pas comprise par les habitants ou si les responsabilités entre les différents services restent imprécises.

Le système destiné à recevoir les plaintes et les observations des communautés a été simulé, mais le rapport ne présente pas de résultats permettant d’en apprécier l’efficacité. Il explique insuffisamment comment les besoins particuliers des femmes, des enfants, des personnes âgées ou des personnes vivant avec un handicap seront pris en compte dans la sélection des bénéficiaires.

Le protocole n’a pas été activé pendant la période examinée, les seuils hydrologiques prévus n’ayant pas été atteints. Le rapport aurait toutefois gagné en transparence en présentant les niveaux observés dans les stations surveillées et leur écart par rapport aux seuils de déclenchement.

Des précisions restent également nécessaires sur l’adéquation entre les stocks et la population annoncée. Les 80 kits d’abris et de cuisine ne couvrent qu’une faible partie des 4 000 ménages ciblés. Ils peuvent être réservés aux familles les plus exposées ou devant être évacuées, mais la méthode de sélection n’est pas clairement détaillée.

Des comptes à clarifier

Le volet financier soulève les interrogations les plus sensibles. Deux montants différents apparaissent pour le budget annuel : 183 586 francs suisses dans une partie du rapport et 194 906 francs dans l’annexe financière. Cette différence de 11 320 francs n’est pas explicitement rapprochée.

Les dépenses totales atteignent 180 581 francs suisses. Dans le détail, la rubrique des abris affiche 126 905 francs de dépenses pour une prévision de 73 725 francs, soit un dépassement de 53 180 francs. À l’inverse, le secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène présente une dépense négative de 84 219 francs.

Le rapport attribue ces anomalies à des erreurs de transfert ou d’imputation dans le système financier. Rien dans le document ne permet donc de parler de détournement ou de disparition de ressources. Ces écritures doivent néanmoins être corrigées et expliquées afin de rendre les comptes pleinement lisibles.

Le rapport fait ainsi ressortir une préparation à deux vitesses. Les stocks existent, l’expérience opérationnelle est réelle et la collaboration avec les services techniques constitue un acquis. Mais la formation des équipes, l’implication des communautés, la justification du ciblage et la fiabilité de la présentation financière doivent encore être renforcées.

En plein hivernage, l’enjeu n’est donc plus seulement de savoir combien de kits sont entreposés. Il est de déterminer si l’ensemble du dispositif peut effectivement prévenir les populations, mobiliser les équipes et acheminer l’assistance aux bonnes familles dans le court délai précédant une crue.

 

Vaccination : la Croix-Rouge malienne capitalise les acquis du projet Gavi

Après deux ans de mise en œuvre du Projet de soutien à la vaccination financé par l’Alliance mondiale pour la vaccination (Gavi), la Croix-Rouge malienne a réuni, le 11 juin 2026 à Bamako, les principaux acteurs impliqués dans l’initiative, lors d’un atelier national de capitalisation. Objectif : évaluer les résultats obtenus, identifier les défis rencontrés et dégager des pistes pour les futures interventions.

Entre bilan et projection, les participants ont examiné les enseignements tirés de la mise en œuvre du projet. Les discussions ont porté à la fois sur les résultats enregistrés et sur les obstacles ayant affecté certaines activités, dans la volonté de transformer les expériences accumulées en recommandations concrètes pour les prochaines interventions.

Organisé au siège de la Croix-Rouge malienne, l’atelier a réuni des représentants des services techniques de l’État, du ministère de la Santé, de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), ainsi que des responsables des structures régionales de la Croix-Rouge malienne.

À l’ouverture des travaux, le Directeur général de la Croix-Rouge malienne, Nouhoum Maïga, est revenu sur l’ampleur du programme conduit avec l’appui de la FICR et le financement de Gavi. Selon lui, le projet a été déployé dans six régions du pays, à travers 12 districts sanitaires et 225 aires de santé. Il a indiqué que près de 100 000 bénéficiaires ont été touchés par les activités menées et que près de 40 000 enfants dits « zéro dose » ont pu être vaccinés grâce à l’engagement des différents partenaires.

Le représentant du ministère de la Santé, Dr Allaseini Balam, président de la Cellule de planification et de statistique (CPS), a insisté, pour sa part, sur l’importance de tirer les leçons de cette expérience. Il a invité les participants à mener une analyse objective des acquis et des insuffisances afin d’alimenter la conception des futurs projets.

Des acquis significatifs malgré un contexte difficile

Les échanges ont également permis de revenir sur les défis rencontrés au cours de la mise en œuvre. Insécurité, déplacements de populations, chocs climatiques répétés et contraintes logistiques ont constitué autant d’obstacles auxquels les équipes ont dû faire face sur le terrain.

Malgré ce contexte, les résultats présentés témoignent d’avancées notables. Plus de 39 000 enfants zéro dose ont été identifiés, dont plus de 31 000 vaccinés, soit plus de 90 % de l’objectif fixé. Le projet a aussi permis de rattraper plus de 18 000 enfants sous-vaccinés.

Pour les responsables du programme, ces performances reposent notamment sur l’engagement des quelque 400 volontaires mobilisés dans les communautés, mais aussi sur la collaboration étroite entre la Croix-Rouge malienne, le Centre national d’immunisation, les structures sanitaires locales et les partenaires techniques et financiers.

Au-delà des chiffres, les participants ont souligné que cette expérience a contribué à renforcer la confiance des populations envers les services de vaccination et à améliorer l’accès des enfants les plus vulnérables aux soins préventifs.

L’atelier a ainsi débouché sur plusieurs recommandations portant notamment sur le renforcement de l’engagement communautaire, la formation continue des agents, l’amélioration de la chaîne du froid et la poursuite des investissements en faveur de la vaccination dans les zones les plus difficiles d’accès.

Mohamed Kenouvi

Action Anticipatoire : la Croix-Rouge malienne engage le dialogue national  

À l’initiative de la Croix-Rouge malienne, la première édition de la plateforme de dialogue national sur l’Action Anticipatoire (AA) s’est ouverte ce mercredi 23 juillet au Centre international de conférences de Bamako. Placée sous le thème « Institutionnaliser l’action anticipatoire au Mali : vers un cadre national durable et inclusif », cette rencontre de trois jours vise à renforcer la résilience des communautés face aux catastrophes climatiques et humanitaires.

Dans une salle remplie de représentants des services de l’État, d’organisations humanitaires, d’experts techniques et de partenaires financiers, l’heure était à l’unité autour d’une ambition d’agir avant que la crise ne frappe.
Coorganisée avec la Plateforme Nationale de Réduction des Risques de Catastrophes (PNRRC), la rencontre marque un tournant vers l’institutionnalisation des Actions Anticipatoires (AA) dans les politiques nationales.
La représentante de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), Dorien Dolman, a souligné que cette approche « constitue aujourd’hui une réponse concrète et innovante pour réduire les impacts des catastrophes avant même qu’elles ne surviennent, tout en renforçant la résilience des communautés vulnérables ». Selon elle, entre 2022 et 2024, 7,7 millions de personnes ont été protégées dans le monde grâce à un investissement global de 17,8 millions de francs suisses.
« L’organisation de cette plateforme constitue un moment charnière dans l’histoire de l’action humanitaire anticipatoire au Mali », a affirmé le Secrétaire général de la Croix-Rouge malienne, Nouhoum Maïga. Depuis 2016, la Croix-Rouge malienne mène des actions pilotes de « Forecast-based Financing » (FBF) pour anticiper notamment les inondations, à travers l’élaboration de déclencheurs et l’activation de plans d’actions précoces en coordination avec la Direction Nationale de l’Hydraulique.
Institutionnaliser pour mieux protéger
Pour le Colonel Cheick Fatamady Koné, représentant du Directeur Général de la Protection Civile, l’enjeu est clair : « La mise en œuvre des Actions Anticipatoires n’est plus une option, mais une nécessité stratégique. Ces approches permettent d’agir en amont des crises à partir d’indicateurs prévisionnels fiables, afin de réduire les impacts humanitaires, matériels et économiques des catastrophes. » En 2024, a-t-il rappelé, le Mali a enregistré 95 décès et 154 blessés liés aux aléas climatiques, sans compter les lourdes pertes agricoles et infrastructurelles qui freinent le développement.
Durant ces trois jours, du 23 au 25 juillet, participants et experts vont plancher sur l’intégration des AA dans la stratégie nationale de réduction des risques, les systèmes d’alerte précoce, les données et déclencheurs, ainsi que sur des thématiques comme la digitalisation ou le financement anticipatif.
Des sessions parallèles aborderont notamment l’intégration des AA dans les politiques publiques, l’engagement communautaire ou la limite entre prévention et anticipation.
Des acquis divers
Parmi les acquis déjà enregistrés figurent la mise en place d’un Groupe Technique de Travail sur les AA, l’adoption d’une feuille de route nationale, la cartographie des zones de vulnérabilité, la co-création de prototypes de messages d’alerte et l’élaboration d’un premier jet du plan national AA inondations.
« Ces avancées structurantes posent les jalons d’un système anticipatif efficace et intégré », a salué le Colonel Koné, en rappelant l’engagement des plus hautes autorités, notamment du Président de la Transition, le Général Assimi Goïta, à placer la gestion des risques et des catastrophes au cœur des politiques publiques.
La FICR en soutien
La FICR, par la voix de Mme Dolman, a réaffirmé son engagement à soutenir la Croix-Rouge malienne dans l’intégration juridique et stratégique des AA, ainsi que la mobilisation des ressources pour leur mise en œuvre effective. Elle a aussi salué le rôle moteur de la Croix-Rouge malienne, « un exemple particulièrement inspirant dans la région », qui a su activer ses plans anticipatoires là où d’autres pays ont échoué faute de coordination.
En ouvrant les travaux de cette première édition de la plateforme de dialogue national sur l’action anticipatoire, le représentant du Directeur Général de la Protection Civile a appelé à « des échanges ouverts, francs et constructifs » pour transformer l’anticipation en un pilier de la protection civile malienne.
« L’espoir des communautés vulnérables repose sur notre capacité à innover, à coopérer et à agir à temps », a-t-il insisté.
Mohamed Kenouvi

La Croix-Rouge malienne commémore le 8 mai et renforce son engagement

Chaque année le monde entier commémore le 8 mai, journée mondiale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge en hommage à Henry Dunant, fondateur du mouvement. La Croix-Rouge malienne a respecté la tradition cette année en organisant une cérémonie le 8 mai 2025 à son siège à Bamako.

C’est dans une ambiance des grands jours que se sont déroulées les activités de cette commémoration, en présence de plusieurs personnalités du monde humanitaire international présentes au Mali et de nombreux volontaires de la société nationale.

« Du côté de l’humanité », c’est le thème retenu pour l’édition 2025. Un thème qui sonne comme un appel et un engagement, comme l’a rappelé la Présidente de la Croix-Rouge malienne, dans un monde où les conflits, les catastrophes et les fractures sociales menacent chaque jour la dignité humaine.

« Être du coté de l’humanité, c’est choisir d’agir, sans distinction ni condition, là où les besoins sont les plus criants », a insisté Mme Assitan Coulibaly, saluant l’engagement  des millions de volontaires de la Croix-Rouge dans le monde dont plus de 10200 de la Croix-Rouge malienne.

Pour sa part, le Représentant du CICR a rappelé l’importance aujourd’hui plus que jamais du principe d’humanité, le premier des 7 principes du mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

« Ce principe de l’humanité nous interpelle plus que jamais à centrer notre attention sur toutes les personnes vulnérables, en détresse, toutes les personnes en difficulté, quelle que soit leur appartenance », a-t-il indiqué

L’édition 2025 de la commémoration de la journée mondiale de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge au Mali a été marquée par la tenue d’une table ronde autour du thème : « Les défis humanitaires au Mali et les solutions locales ».

Durant près d’une demi-heure, les échanges se sont accentuées sur la question, permettant au Secrétaire général de la Croix-Rouge malienne, M. Nouhoum Maiga, d’apporter des éclaircissements sur les actions de la société nationale et les perspectives à venir.

Par ailleurs, fondée le 20 août 1965, la Croix-Rouge malienne célèbre cette année 60 ans d’existence. A cette occasion, la Présidente, Mme Assitan Coulibaly a souligné le renforcement de l’engagement de la société nationale pour des communautés plus résilientes.

Cette commémoration à venir  sera « une plateforme d’apprentissage, de reconnaissance et d’action collective », a-t-elle annoncé.

Mohamed Kenouvi

 

 

Opérations humanitaires en 2024 : Bilan du Mouvement Croix-Rouge et Croissant-Rouge au Mali  

Le mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge au Mali, qui inclut la Croix-Rouge malienne, le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) et la Fédération Internationale, a présenté le bilan de ses activités de l’année 2024 lors d’un café de presse à Bamako, le 4 mars 2025.

Conformément à son mandat, le CICR a continué en 2024 sa mission humanitaire dédiée à la protection et à l’assistance des victimes de conflits armés.
Dans le domaine de la santé, il a permis la prise en charge de 31 214 patients, y compris 12 397 blessés, grâce à ses équipes médicales et chirurgicales, ainsi qu’à la fourniture d’équipements, de médicaments, de primes et de consommables.
Par ailleurs, 996 personnes, dont 88 femmes et 610 porteurs d’armes, ont été formées aux premiers secours par le CICR.
En 2024, le soutien du CICR au Centre national d’appareillage orthopédique du Mali (CNAOM) et à ses trois antennes régionales de Mopti, Tombouctou et Gao a permis l’appareillage orthopédique de 1 246 patients, dont 1 079 entièrement pris en charge par le CICR, pour un total de 15 224 consultations.
Des milliers de bénéficiaires
Sur le volet d’appui à la production agricole et à l’élevage, la résilience et l’auto-suffisance, 81 666 ménages, soit 489 996 personnes, ont été assistés par les programmes du CICR en 2024.
L’organisation humanitaire a également favorisé l’accès à l’eau pour 225 000 personnes à travers la réhabilitation de systèmes d’approvisionnement en eau dans les localités rurales ou urbaines.
En ce qui concerne les personnes privées de liberté, le CICR a effectué en 2024, 110 visites dans 16 lieux de détention à travers le pays. En plus de s’assurer que les conditions de détention et le traitement des détenus soient conformes aux lois maliennes et aux standards internationaux, l’organisation offre également, lors de ces visites, la possibilité aux détenus de contacter leurs familles à travers son programme de rétablissement des liens familiaux.
Ainsi, l’année écoulée, en partenariat avec la Croix-Rouge malienne, le CICR a facilité 18 849 appels téléphoniques, l’échange de 431 messages Croix-Rouge, la réunification de 12 familles et a ouvert 336 nouvelles demandes de recherche, dont 205 ont été résolues.
En outre, concernant la promotion du droit des conflits et des principes humanitaires, le CICR a organisé en 2024, 141 séances de sensibilisation qui ont touché près de 16 095 personnes, dont environ 13 095 porteurs d’armes.
Engagement continu malgré les défis
Selon Emmanuel Lippolis, Chef des programmes du CICR au Mali, les objectifs fixés en 2024 ont été atteints et même dépassés. Toutefois, le CICR fait face à des défis d’accès aux communautés en raison de la situation sécuritaire.
« Aujourd’hui, nous sommes dans une situation où il est malheureusement difficile pour nos équipes de se rendre sur tous les théâtres de combat pour porter assistance aux victimes des conflits armés. Avec les drones en action et les terrains minés, le dialogue avec certains groupes est réduit », confie-t-il.
Pour autant, le CICR entend continuer ses activités en 2025, même s’il pourrait être confronté à un manque de financement en raison de la suspension de l’aide américaine décidée récemment.
« Nous allons continuer dans l’engagement. Nos zones d’intervention peuvent changer en fonction des analyses et nous allons aussi beaucoup travailler sur le renforcement de nos partenariats », a indiqué M. Lippolis.
À l’instar du CICR, la Croix-Rouge malienne a également présenté le bilan de ses activités en 2024 à travers le pays. Ces interventions se sont diversifiées dans plusieurs domaines tels que la santé et le bien-être, la protection, la sécurité alimentaire, l’environnement et le cadre de vie.
Bien qu’ayant touché des millions de personnes dans le besoin, la Croix-Rouge malienne fait face à plusieurs défis, notamment l’instabilité sécuritaire, la limitation des financements et le manque de personnel.
« Aujourd’hui, il n’y a pas une région qui n’est pas affectée par l’insécurité. Quand vous voyez des attaques sur l’axe Kati-Kita, Bamako-Sikasso, vous réalisez que la situation n’est pas en train de s’améliorer », a déploré Nouhoum Maiga, Secrétaire général de la Croix-Rouge malienne.
Cependant, tout comme le CICR, la Croix-Rouge malienne entend poursuivre en 2025 ses activités sur toute l’étendue du territoire national. Lancé en décembre dernier, son plan de réponse humanitaire 2025 a déjà récolté en quatre mois plus de 2 milliards FCFA, soit 40 % du financement total requis.
Mohamed Kenouvi