Bébés siamoises : Après la prouesse, le temps du suivi

La séparation réussie de deux nouvelles-nées constitue une avancée majeure pour la chirurgie pédiatrique malienne. Mais, parce qu’elles partageaient notamment une seule vessie et un seul côlon, l’opération ouvre une période de surveillance déterminante pour leur rétablissement.

Nées le 29 août au CHU Gabriel-Touré, les jumelles conjointes partageaient une partie de leurs systèmes digestif et urinaire. Leur séparation, présentée par les autorités sanitaires comme une première au Mali, a mobilisé des chirurgiens pédiatriques, anesthésistes-réanimateurs, cardiologues, radiologues, pharmaciens, laborantins et personnel du bloc opératoire. Selon le Dr Djiré Mohamed Kassoum, membre de l’équipe médicale, l’intervention a duré environ trois heures. Lors du point de presse du 11 septembre, le Professeur Yakaria Coulibaly, Chef du service de Chirurgie pédiatrique, a expliqué que la vessie commune avait été divisée. Le côlon a été attribué à l’une des enfants, tandis qu’une ouverture temporaire permettant l’évacuation des selles a été aménagée pour l’autre. Les deux bébés restent depuis lors sous surveillance médicale continue.

Un rétablissement sous étroite surveillance

Après la séparation, la première préoccupation consiste à vérifier que chaque enfant produit suffisamment d’urine, que ses reins fonctionnent correctement et qu’aucune fuite ni obstruction n’apparaît. Oumou Touré, pédiatre au Centre de santé de référence de la Commune V, précise qu’il s’agit d’un contrôle essentiel après ce type d’intervention.

Sur le plan digestif, l’équipe suit la reprise du transit et introduit progressivement l’alimentation. Une attention particulière porte sur les sutures et l’ouverture temporaire pratiquée chez l’une des jumelles. Toute anomalie peut provoquer une infection abdominale et réclamer une prise en charge rapide.

L’infection est justement l’une des principales complications redoutées après une opération aussi lourde. Les défenses des nouvelles-nés étant encore fragiles, la température, l’état général, les plaies et les résultats des analyses font l’objet de contrôles réguliers pour détecter rapidement tout signe inquiétant.

La nutrition compte également dans le rétablissement. L’alimentation s’adapte à la tolérance digestive de chaque bébé. La prise de poids, l’hydratation et la croissance renseignent ensuite sur leur évolution.

Les deux enfants peuvent évoluer différemment. Leur suivi est donc individuel et porte notamment sur les fonctions urinaire et digestive, la croissance et la cicatrisation. Les médecins détermineront les soins, le rythme des contrôles et la nécessité d’autres interventions en fonction de l’évolution de chacune. Une vigilance appelée à durer plusieurs années. La séparation constitue une première victoire. Sa réussite durable repose désormais sur la continuité des soins et l’accompagnement des jumelles comme de leur famille.

Joseph Amara Dembélé

Examens nationaux : plus de 333 000 candidats à l’épreuve du DEF

Les épreuves écrites du Diplôme d’études fondamentales ont débuté ce lundi 1er juin 2026 sur toute l’étendue du territoire national. Cette année, 333 444 candidats sont attendus dans 2 231 centres, contre 350 409 candidats répartis dans 1 842 centres lors de la session 2025.

C’est l’un des rendez-vous les plus importants du calendrier scolaire malien. Le Diplôme d’études fondamentales, qui marque la fin du cycle fondamental et ouvre la voie vers le secondaire général, technique ou professionnel, mobilise chaque année des centaines de milliers d’élèves, d’enseignants, de surveillants, de responsables scolaires et de familles.
Les épreuves écrites se déroulent du 1er au 3 juin 2026, après les épreuves d’éducation physique et sportive organisées du 11 au 23 mai. Le ministère de l’Éducation nationale avait déjà assuré, lors d’une rencontre avec la presse le 21 mai au Centre international de conférences de Bamako, que les dispositions nécessaires avaient été prises pour garantir le bon déroulement des examens de fin d’année.
La comparaison avec l’année précédente montre une évolution contrastée. Le nombre de candidats baisse d’environ 16 965 par rapport à 2025, mais le nombre de centres augmente de 389. Ce maillage plus large peut permettre de rapprocher certains candidats de leurs lieux de composition, dans un pays où les distances, les déplacements de populations et les contraintes sécuritaires pèsent encore sur l’organisation scolaire.
L’enjeu est d’autant plus important que cette session intervient dans un environnement scolaire toujours marqué par les défis sécuritaires, notamment dans plusieurs localités du Centre et du Nord. Des candidats déplacés ou vivant dans des zones affectées doivent pouvoir composer dans des conditions adaptées, afin de préserver leur droit à l’examen et la continuité de leur parcours scolaire.
Pour beaucoup de familles, le DEF représente bien plus qu’une simple évaluation. Il constitue un moment de pression, d’espoir et de projection vers l’avenir. Dans les centres d’examen, l’attention porte désormais sur la régularité des épreuves, le respect des consignes, la surveillance et la capacité des acteurs éducatifs à maintenir un climat de sérénité.
Après le DEF, le calendrier national se poursuivra avec les épreuves du Brevet de technicien, prévues du 15 au 19 juin, puis celles du Baccalauréat, programmées du 22 au 25 juin 2026. L’ouverture de cette session lance ainsi une période décisive pour l’école malienne, dans une année placée sous le signe de l’éducation et de la culture.

Plan de réponse humanitaire 2026 : les autorités maliennes et les partenaires humanitaires fixent le cadre

Le Plan de réponse humanitaire 2026 a été présenté le 5 février 2026 à Bamako. Il encadre l’assistance humanitaire pour l’année en cours dans un contexte marqué par des besoins élevés et des contraintes de financement persistantes.

La ministre de la Santé et du Développement social, le colonel-major Assa Badiallo Touré, a pris la parole lors de la cérémonie de présentation du Plan de réponse humanitaire 2026 tenue à Bamako. Elle a rappelé l’engagement des autorités à soutenir les populations les plus vulnérables, notamment les personnes déplacées internes, les réfugiés, les retournés et les rapatriés maliens. La ministre a indiqué que des mesures sont engagées pour restaurer la paix et faciliter le retour des personnes déplacées dans leurs localités d’origine. Elle a également souligné que la prise en compte des effets du changement climatique figure parmi les priorités nationales, avec des actions orientées vers la mitigation et le renforcement de la résilience.
La présentation du plan s’est déroulée sous la coordination du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies au Mali, OCHA, en présence de représentants du gouvernement, des agences des Nations unies, des partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations humanitaires nationales et internationales.
Selon le document publié sur ReliefWeb, 5,1 millions de personnes sont identifiées comme ayant besoin d’une assistance humanitaire au Mali en 2026. La communauté humanitaire prévoit d’orienter ses interventions vers 3,8 millions de personnes. Le financement requis pour la mise en œuvre du plan est estimé à 577,9 millions de dollars. Le contexte humanitaire demeure marqué par l’insécurité persistante, les déplacements de populations, les vulnérabilités socio-économiques structurelles, les chocs climatiques et des épisodes épidémiques, en particulier dans les régions du nord et du centre du pays.
Le dispositif prévoit une priorisation géographique des interventions dans 97 des 159 cercles administratifs du Mali. Parmi ces zones, 45 cercles présentent des poches de sévérité aiguë intégrées au ciblage, y compris lorsque le niveau global de sévérité du cercle n’atteint pas le seuil critique selon l’échelle multisectorielle utilisée par les acteurs humanitaires.
Les données rappellent que la réduction de plus de 20 % du nombre de personnes ciblées, du financement requis et du nombre de personnes identifiées comme étant dans le besoin par rapport à 2025 ne traduit pas une amélioration de la situation humanitaire. Selon le Financial Tracking Service des Nations unies, le Plan de réponse humanitaire 2025 pour le Mali avait requis 771,3 millions de dollars. Au 6 février 2026, le financement total rapporté s’élevait à 225 millions de dollars, dont 179,7 millions de dollars mobilisés à travers les plans coordonnés, soit un taux de couverture de 23,3 %.
Présentant le cadre opérationnel de la réponse humanitaire, la coordonnatrice résidente des Nations unies au Mali et coordonnatrice humanitaire, Hanaa Singer-Hamdy, a indiqué que l’action humanitaire avait permis d’assister 1,8 million de personnes en 2025 malgré des contraintes d’accès et de financement. Elle a précisé que le dispositif 2026 vise à fournir une assistance vitale tout en renforçant les liens entre aide humanitaire, relèvement et développement, conformément aux orientations des Nations unies.
Pour l’année 2026, le plan met en évidence des besoins humanitaires encore importants, notamment en matière d’abris, d’accès à l’eau potable et à l’assainissement, d’éducation, de nutrition, de protection et de sécurité alimentaire, tels que documentés dans le résumé exécutif publié par OCHA.
En 2026, la situation humanitaire au Mali reste marquée par des besoins élevés, dans un contexte de contraintes persistantes sur les financements.