Examens nationaux : plus de 333 000 candidats à l’épreuve du DEF

Les épreuves écrites du Diplôme d’études fondamentales ont débuté ce lundi 1er juin 2026 sur toute l’étendue du territoire national. Cette année, 333 444 candidats sont attendus dans 2 231 centres, contre 350 409 candidats répartis dans 1 842 centres lors de la session 2025.

C’est l’un des rendez-vous les plus importants du calendrier scolaire malien. Le Diplôme d’études fondamentales, qui marque la fin du cycle fondamental et ouvre la voie vers le secondaire général, technique ou professionnel, mobilise chaque année des centaines de milliers d’élèves, d’enseignants, de surveillants, de responsables scolaires et de familles.
Les épreuves écrites se déroulent du 1er au 3 juin 2026, après les épreuves d’éducation physique et sportive organisées du 11 au 23 mai. Le ministère de l’Éducation nationale avait déjà assuré, lors d’une rencontre avec la presse le 21 mai au Centre international de conférences de Bamako, que les dispositions nécessaires avaient été prises pour garantir le bon déroulement des examens de fin d’année.
La comparaison avec l’année précédente montre une évolution contrastée. Le nombre de candidats baisse d’environ 16 965 par rapport à 2025, mais le nombre de centres augmente de 389. Ce maillage plus large peut permettre de rapprocher certains candidats de leurs lieux de composition, dans un pays où les distances, les déplacements de populations et les contraintes sécuritaires pèsent encore sur l’organisation scolaire.
L’enjeu est d’autant plus important que cette session intervient dans un environnement scolaire toujours marqué par les défis sécuritaires, notamment dans plusieurs localités du Centre et du Nord. Des candidats déplacés ou vivant dans des zones affectées doivent pouvoir composer dans des conditions adaptées, afin de préserver leur droit à l’examen et la continuité de leur parcours scolaire.
Pour beaucoup de familles, le DEF représente bien plus qu’une simple évaluation. Il constitue un moment de pression, d’espoir et de projection vers l’avenir. Dans les centres d’examen, l’attention porte désormais sur la régularité des épreuves, le respect des consignes, la surveillance et la capacité des acteurs éducatifs à maintenir un climat de sérénité.
Après le DEF, le calendrier national se poursuivra avec les épreuves du Brevet de technicien, prévues du 15 au 19 juin, puis celles du Baccalauréat, programmées du 22 au 25 juin 2026. L’ouverture de cette session lance ainsi une période décisive pour l’école malienne, dans une année placée sous le signe de l’éducation et de la culture.

DEF 2023 : pas d’orientations pour près de 1 700 établissements secondaires privés

Après six longs mois d’attente, les orientations du DEF session de mai 2023 sont disponibles depuis le 28 octobre 2023. Si elles mettent fin à une certaine angoisse chez les élèves, elles l’ont créée chez certains promoteurs de lycées privés, qui n’ont pas eu d’élèves orientés et qui craignent aujourd’hui de mettre la clé sous la porte. 

Si pour certains observateurs et parents d’élèves les orientations du DEF session 2023 ont beaucoup tardé, car ils s’inquiètent de voir comment les établissements pourront terminer les différents programmes en six mois, sans compter d’éventuelles grèves, plusieurs établissements secondaires privés n’ont pas obtenu d’élèves cette année. Sur 72 688 élèves réguliers orientés dans les établissements secondaires, 29 900 l’ont été vers des établissements publics, au nombre de 111, soit un total de 42%, contre 41 000 élèves, soit 58%, dans 869 établissements privés sur 2 539 sur l’ensemble du territoire national. Selon un promoteur de lycée qui a requis l’anonymat, lors des orientations de la session du DEF 2021-2022, son établissement n’avait pas reçu d’élèves de la part du gouvernement, ce qui a fait que l’année dernière il n’avait pas de classe de 10ème. Cette année, le même scénario se dessine pour le jeune promoteur, qui craint d’ailleurs la fermeture de son école si la situation perdure encore l’année prochaine. M. Kaba Diok, PDG du groupe scolaire et universitaire Toubakôrô Alassane Doucouré, assure que chaque année les écoles publiques envoient des quotas au niveau de la Cellule de planification statistique (CPS) et qu’après la proclamation des résultats l’État priorise ces établissements. Ce n’est qu’ensuite qu’il partage le reste des effectifs entre les lycées et les centres de formation professionnelle. La grogne naissante des promoteurs enfle alors que depuis plusieurs jours un rapport du Vérificateur général sur la période 2017-2022 révèle 19 milliards de francs CFA de fraudes et de mauvaise gestion dans le cadre des subventions de l’État accordées aux établissements privés. Selon ce rapport, « des subventions ont été versées sur la base d’attributions irrégulières d’élèves aux établissements privés alors qu’ils étaient initialement orientés vers les établissements publics ». Un rapport similaire de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI) a fuité sur les réseaux sociaux en août dernier. L’OCLEI a par la suite rédigé un communiqué pour se désengager du contenu publié, qui n’était pas encore définitif selon la structure.