Du 24 au 27 septembre, la berge du Palais de la Culture Amadou Hampâté Ba a accueilli la première édition de la Foire aux Disques. Portée par l’Union des Associations des Artistes, Producteurs et Éditeurs du Mali (UAAPREM), la manifestation a consacré quatre jours à l’histoire de la musique malienne, à ses supports et à leur transmission.
Placée sous le thème « La musique : hier, aujourd’hui et demain », la foire a réuni artistes, producteurs, éditeurs, collectionneurs et passionnés. Disques vinyles, CD, photographies, affiches, phonographes et autres objets liés à la musique ont retracé plusieurs périodes de la création malienne. L’exposition a rappelé l’évolution des modes d’écoute, de conservation et de diffusion des œuvres. Le public a retrouvé des supports devenus rares.
Pour le Directeur du Palais de la Culture, Souleymane Bathiono, l’initiative a constitué « un espace de découverte, de dialogue et de rencontre autour de la musique malienne ». Elle a mis en relation artistes, producteurs, distributeurs, éditeurs et collectionneurs, et donné une place aux œuvres et aux parcours qui ont marqué différentes générations.
Mémoire
La programmation ne s’est pas limitée aux objets exposés. Conférences, débats, projections, concerts intergénérationnels, showcases et distinctions honorifiques ont rythmé les quatre journées. Les échanges ont porté sur les changements liés au streaming et à la dématérialisation. Souleymane Bathiono a présenté la foire comme une occasion de « préserver la mémoire musicale du Mali tout en ouvrant des perspectives nouvelles pour les générations futures ». Les concerts ont réuni des artistes de différentes générations et proposé des répertoires variés.
Les discussions ont porté sur la production musicale, les droits d’auteur, la distribution et les mutations de l’industrie musicale. Ces échanges ont permis aux différents acteurs de confronter leurs expériences et de revenir sur les difficultés de conservation, de diffusion et de transmission. Les projections et les rencontres ont aussi rappelé la nécessité de mieux documenter les parcours, les œuvres et les supports qui ont façonné la musique malienne.
Pour Mbaye Boubacar Diarra, Président de l’UAAPREM, cette première édition devait mettre en valeur le chemin parcouru et ouvrir la réflexion sur la suite. Des hommages ont été rendus aux anciennes gloires, aux producteurs et à d’autres acteurs culturels. La foire a cherché à rapprocher les jeunes générations de cet héritage. À l’issue des quatre jours, les organisateurs souhaitent inscrire ce rendez-vous dans la durée et poursuivre le travail de transmission de la mémoire musicale malienne.
Joseph Amara Dembélé

