Doremi Mali : La vitrine numérique qui veut révolutionner la musique malienne

À l’heure où l’industrie musicale africaine accélère sa transition numérique, le Mali tente lui aussi de prendre le virage des plateformes de diffusion en ligne. Dans cette dynamique, Doremi Mali s’impose progressivement comme une initiative locale ambitieuse, destinée à valoriser et promouvoir les artistes maliens au même titre que d’autres plateformes connues du grand public, comme Empire.

Lancée comme une plateforme de streaming musical, Doremi Mali permet aux utilisateurs de découvrir, d’écouter et de partager des œuvres musicales produites au Mali. Son objectif est de rapprocher les mélomanes des talents nationaux tout en offrant aux artistes un espace numérique capable de mettre en lumière leurs créations.

Dans un environnement largement dominé par les géants internationaux du streaming, l’émergence d’une solution conçue pour répondre aux réalités du marché malien constitue un enjeu majeur. Doremi Mali se positionne ainsi comme un outil de visibilité pour les musiciens, les producteurs et les labels qui peinent parfois à trouver leur place sur les plateformes mondiales.

En plus de la simple écoute musicale, la plateforme continue d’évoluer. Les récentes mises à jour ont notamment introduit la vente de billets de concerts, une fonctionnalité qui témoigne de la volonté de ses concepteurs de bâtir un véritable écosystème autour de la musique et des événements culturels.

Cette évolution intervient dans un contexte où la consommation numérique des contenus culturels connaît une croissance constante sur le continent africain. Pour les artistes maliens, l’enjeu ne se limite plus seulement à produire de la musique, mais aussi à maîtriser les nouveaux canaux de diffusion et de monétisation.

Si le chemin est encore long pour rivaliser avec les grandes plateformes internationales, Doremi Mali incarne néanmoins une réponse locale à un défi mondial. En misant sur la promotion des talents nationaux et sur l’accessibilité des œuvres, l’application participe à la structuration d’une industrie culturelle malienne plus moderne et davantage tournée vers le numérique.

À travers cette initiative, c’est toute une vision de la souveraineté culturelle qui se dessine : celle d’un Mali capable de diffuser sa musique, de raconter ses histoires et de valoriser ses artistes sur ses propres plateformes.

Ibrahim Baby

Kaladioula band : le groupe musical malien 100% féminin

Créé en 2012 par l’artiste auteure compositrice Nainy Diabaté, le groupe Kaladioula band œuvre pour la promotion du talent des jeunes artistes maliennes.

Au Mali, la musique prend différents visages avec Kaladioula band, de la traditionnelle à la moderne, son style relevant plutôt de la « World Music ».  Premier groupe musical 100% féminin créé dans le pays, il est composé de 7 permanentes, dont une décédée récemment.

Chanter pour dénoncer, sensibiliser, éduquer, conseiller et distraire, c’est l’engagement de ces 6 braves dames au quotidien. Après un premier lancement au Centre Culturel Français, le groupe a pu se faire remarquer à travers le monde avec l’obtention de plusieurs contrats en Europe et une première tournée en 2013. Kounani, Moussoya sont entre autres quelques titres du groupe composés par Nainy Diabaté, connue dès l’âge de 13 ans sur la scène musicale, avec ses collaboratrices Oumou Koita, Lala Diallo, Bintou Koita, Therèse Kouyaté et Awa Diallo.

Selon sa fondatrice, le groupe est plus connu à l’extérieur qu’à l’intérieur du pays, d’où son combat nuit et jour avec son équipe pour faire valoir son image sur la scène nationale.

En quête de public local

« Des artistes viennent pour faire partie de mon groupe. Nous les acceptons parmi nous mais très généralement elles ne sont pas motivées. Certaines viennent pour trouver des opportunités avant de disparaître et d’autres ne font que des va-et-vient. Malgré tout, j’assume. Je reste déterminée car c’est une conviction pour moi et la réalisation d’un de mes plus grands rêves », explique Nainy Diabaté, la cinquantaine.

Pour le groupe, c’est le Mali qui compte : « nous représentons le Mali partout où nous allons et nous en sommes fières. Lors de nos tournées, même à Londres, quand on est en spectacle, on dit que c’est le Mali qui joue et non Nainy Diabaté ou d’autres ».

Malgré son aura, le groupe n’a néanmoins toujours pas eu de partenaires financiers au Mali depuis sa création en 2012. Et, lors des répétitions et évènements, « c’est moi qui paye toujours tout avec mes fonds personnels. Mais ça ne me dérange pas tant que cet engagement permet de promouvoir les talents féminins », explique la chanteuse.

Les principaux instruments traditionnels utilisés par les femmes artistes sont essentiellement la kora, le n’goni, le balafon, le tambour, le bôlon, le bondjalan, la calebasse, etc. Des instruments avec lesquels le groupe donne son maximum pour faire plaisir à la société en produisant une bonne musique dont il détient seul le secret.