Société




Journée panafricaine des Femmes : L’eau et l’assainissement au cœur des préoccupations

Le Mali célèbre le 31 juillet 2026 à Koulikoro la Journée panafricaine des Femmes, commémoration née de la rencontre de…

Le Mali célèbre le 31 juillet 2026 à Koulikoro la Journée panafricaine des Femmes, commémoration née de la rencontre de Dar es-Salaam en 1962 et consacrée aux droits des Africaines. Le thème national, « L’accès universel à l’eau et à l’assainissement pour chaque femme, une priorité pour la Vision 2063 du Mali », place les services essentiels au centre des enjeux d’égalité.

À cette occasion, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement s’impose comme un défi majeur pour les femmes. Dans de nombreux ménages maliens, elles assurent, avec les filles, l’approvisionnement familial, une responsabilité qui réduit parfois le temps consacré à l’école, au travail, au repos et à la vie sociale.

Selon le ministre de l’Énergie et de l’Eau, le taux national d’accès au service de l’eau potable a atteint 75,4% en 2026. Cette moyenne masque de fortes disparités. À Banconi Farada et Dialakorodji, des habitantes ont rapporté en mars des attentes de plusieurs heures, tandis qu’à Mopti et Nioro du Sahel, des populations dénonçaient des coupures prolongées et une qualité jugée insuffisante.

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Cette situation touche particulièrement les femmes et les filles, qui peuvent consacrer une part importante de leur journée à la recherche de l’eau. L’insuffisance des points d’eau et des installations sanitaires adaptées accroît les risques de maladies hydriques, d’insécurité et de perte d’intimité. Dans les écoles et les centres de santé, elle peut affecter l’assiduité, l’hygiène menstruelle et la qualité des soins.

Vulnérabilités

À ces difficultés s’ajoutent l’insécurité et les déplacements de population. Pour Fatoumata Keita, écrivaine, socio-anthropologue et promotrice de Figuira Éditions, les femmes et les enfants figurent parmi les personnes les plus éprouvées lorsque l’accès à l’eau et à l’assainissement se dégrade dans les zones de crise ou d’accueil.

Face à ces enjeux, les pouvoirs publics et leurs partenaires ont engagé des réponses. Financé par la Banque mondiale à hauteur de 100 millions de dollars, le Projet d’appui à la sécurité de l’eau au Mali devrait bénéficier à 500 000 personnes, dont la moitié de femmes, à Bamako et dans plusieurs villes secondaires. D’autres programmes soutiennent l’approvisionnement, l’assainissement et la résilience des services. L’amélioration durable suppose aussi d’associer les femmes aux décisions locales, de sécuriser les points d’eau et de prendre en compte les besoins dans les écoles, les centres de santé et les sites de déplacés. La célébration de Koulikoro doit enfin rendre hommage aux pionnières et valoriser les initiatives locales portées par les femmes.

Joseph Amara Dembélé

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