La 2e phase du Programme de gouvernance locale redevable (PGLR+) s’est achevée en juin dernier, après cinq années de mise en œuvre. Sa cérémonie de clôture s’est tenue le 23 juillet 2026 à Bamako, pour dresser le bilan et réfléchir à la pérennisation des acquis.
Organisée par l’Organisation néerlandaise de développement, SNV, en partenariat avec le Conseil national de la jeunesse du Mali (CNJ-Mali) et sous la présidence du ministère de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, la rencontre a placé l’après-programme au cœur des échanges.
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Institutions, collectivités et organisations de jeunesse ont notamment discuté des moyens de prolonger les dynamiques engagées.
« Cette deuxième phase a commencé en 2021 dans un contexte un peu particulier, mais a permis de nombreuses avancées en matière d’engagement des jeunes dans les mécanismes de prise de décision », a souligné Freddy Sahinguvu, coordinateur national du PGLR+.
Mis en œuvre d’avril 2021 à juin 2026 grâce à un financement de 21 millions d’euros des Pays-Bas, le programme a couvert 240 communes dans huit régions du centre et du nord du Mali, notamment Ségou, San, Mopti, Bandiagara, Douentza, Tombouctou, Gao et Ménaka, plus trois communes pilotes à Bougouni.
Conduite par un consortium réunissant SNV, Oxfam, la Fondation Voice4Thought (V4T), CORDAID et neuf partenaires locaux, cette phase prolonge un processus engagé en 2014.
Des jeunes davantage présents dans les instances locales
Le bilan fait état de plus de 10 250 jeunes leaders formés et accompagnés, dont 4 983 jeunes femmes. Plus de 3 700 organisations de jeunesse ont aussi été soutenues. Dans le même temps, de jeunes leaders occupent désormais 10 390 postes de responsabilité au sein des structures locales.
Le PGLR+ a soutenu 1 469 cadres de concertation entre citoyens et autorités. Dans 76% des communes partenaires, des débats publics sont désormais organisés autour du budget primitif, offrant aux populations un droit de regard accru sur les choix communaux. S’y ajoutent 7 362 actions citoyennes en faveur des services publics et 2 257 opportunités économiques créées pour les jeunes.
Le taux de confiance entre citoyens et autorités locales a atteint 68,7%, dépassant la cible initiale. La proportion de points d’eau fonctionnels s’est établie à 83,8%, tandis que plus des trois quarts des conflits liés aux ressources naturelles soumis aux mécanismes locaux ont été prévenus ou réglés pacifiquement.
L’autonomisation des femmes constitue un autre acquis majeur. Au total, 583 jeunes femmes ont bénéficié de plus de 27 000 séances de mentorat assurées par 139 mentors. Plus de 72% d’entre elles occupent désormais une responsabilité dans une instance de décision. Parallèlement, 73 associations villageoises d’épargne et de crédit, regroupant près de 1 750 membres, ont été accompagnées : plus de 92% des adhérentes ont accru leurs revenus et plus de 91% ont développé une activité génératrice de revenus.
Le défi de la pérennisation
La clôture a aussi permis de confronter ces résultats aux conclusions de l’évaluation finale et aux expériences des bénéficiaires. Les échanges ont mis en évidence la nécessité de préserver les compétences et les mécanismes locaux construits durant la mise en œuvre.
Pour Sory Ibrahim Cissé, président du CNJ-Mali, cet héritage constitue la principale force du programme. « Si le PGLR+ arrive à son terme, son expertise, ses méthodes et ses compétences continueront de vivre à travers les jeunes, les communautés et les leaders du CNJ. Les financements prennent fin, mais les connaissances et les capacités restent. C’est là le plus grand héritage de ce programme. »
Plusieurs acquis pourraient servir de points d’appui : l’institutionnalisation progressive du Concours de transparence des communes et des organes de gestion des services publics, l’intégration envisagée du mentorat aux politiques publiques et le renforcement de 129 Maisons des jeunes. Le PGLR+ laisse également 58 études réalisées par de jeunes chercheurs sur la gouvernance participative, les conflits, l’inclusion sociale et les normes de genre.
Le ministre Abdoul Kassim Ibrahim Fomba a assuré que l’État entendait prendre le relais. « Nous sommes à une phase de clôture, mais ce n’est pas la fin. Nous allons prendre le relais au niveau de l’État. Nous avons besoin des jeunes formés pour qu’ils continuent à transmettre ce qu’ils ont appris à d’autres jeunes », a-t-il déclaré.
Mohamed Kenouvi




