Djenné, Tombouctou, Gao : Trois mémoires à préserver

Réuni à Busan du 19 au 29 juillet 2026, le Comité du Patrimoine mondial a inscrit à son ordre du…

Réuni à Busan du 19 au 29 juillet 2026, le Comité du Patrimoine mondial a inscrit à son ordre du jour la situation de Djenné, Tombouctou et du Tombeau des Askia de Gao. Ces trois biens maliens, classés en péril, concentrent une part essentielle de la mémoire culturelle du pays.

À Djenné, l’histoire s’exprime dans les maisons traditionnelles en banco, la Grande Mosquée et le site archéologique de Djenné-Djeno. Ces édifices témoignent de l’ancienneté de la vie urbaine dans le Delta intérieur du Niger et de la maîtrise de techniques adaptées à l’architecture de terre. Sa conservation dépend de l’entretien régulier des façades, de l’accès aux matériaux traditionnels et de la transmission des gestes artisanaux.

Tombouctou conserve les mosquées de Djingareyber, Sankoré et Sidi Yahia, seize mausolées ainsi qu’un patrimoine documentaire lié à une longue tradition savante. La ville rappelle l’époque où circulaient, à travers le Sahara, des érudits, des manuscrits et des connaissances portant sur le droit, l’histoire, la médecine, la théologie ou l’astronomie.

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



Pour Modibo Bagayoko, Coordinateur de projets au Secteur Culture du Bureau de l’UNESCO au Mali, leur portée dépasse l’architecture. « Ces trois sites figurent parmi les symboles les plus prestigieux du patrimoine culturel du Mali », souligne-t-il, en rappelant leur rôle dans les échanges commerciaux, intellectuels, religieux et culturels en Afrique de l’Ouest.

Transmission

À Gao, le Tombeau des Askia, édifié vers 1495, illustre la puissance de l’Empire songhaï et l’originalité de l’architecture soudano-sahélienne. Ses formes, ses espaces de prière et son entretien collectif inscrivent le monument dans une tradition encore vivante. Les travaux de restauration, les plans de gestion et la formation des artisans contribuent à préserver cette continuité culturelle.

Dans les trois villes, les communautés sont les premières gardiennes du patrimoine. Maçons, familles, autorités coutumières, responsables religieux, enseignants et jeunes participent à l’entretien des sites et à la transmission des connaissances qui leur sont associées. Comme le rappelle Modibo Bagayoko, « les communautés locales sont les premières gardiennes du patrimoine » et détiennent les savoir-faire nécessaires à l’entretien des monuments.

La sauvegarde ne concerne pas uniquement des édifices anciens. Elle protège aussi des pratiques, des récits, des formes d’expression et une mémoire partagée, au cœur de la société malienne. Préserver Djenné, Tombouctou et le Tombeau des Askia, c’est maintenir vivant un héritage qui relie les générations maliennes et rappelle la contribution du Mali à l’histoire culturelle de l’Afrique et de l’Humanité.

Salimata Wagué

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP